Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s’échappe de justesse et s’enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d’une salle de cinéma.

Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. « Les bâtards », nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l’actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark pour tenter d’éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l’entrée du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle…

Note de l’Auteur

[rating:7/10]


Date de sortie : 19 août 2009
Réalisé par Quentin Tarantino
Film allemand, américain.
Avec , , , , ,
Durée : 2h 33min
Bande-Annonce :


Inglourious Basterds : Bande-annonce (VOSTFR)
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A chaque fois, la sortie d’un nouveau film de Tarantino fait toujours son petit effet : mélange d’impatience infantile et de profondes interrogations quant au spectacle qui va se disputer devant nos yeux.

Et autant le dire de suite, savoir que le monsieur a prit la seconde guerre mondiale comme modèle et qu’il l’a bidouillé à sa façon a un petit côté fantasmagorique important qui laisse présager un divertissement 100% « Tarantinesque ». Du grand spectacle en perspective que ne viendra pas remettre en question une bande-annonce des plus jouissives où l’on entre-aperçoit notre bande d’ « » dézinguer du nazi à toutes les sauces : mitrailleuse lourde, batte de baseball, couteau de chasse… rien n’est laissé au garage pour s’adonner à un massacre digne de ce nom.

Malheureusement tous ces éléments présents dans la bande-annonce sont bizarrement bien cachés dans le film de 2h30min.

Car une fois la lumière éteinte et l’écran allumé, c’est à un tout autre spectacle que nous assistons : histoire brouillonne, décousu, maladroite, lenteur soporifique avec des plans interminables que l’on souhaite de tout notre cœur voir se terminer, action trop peu présente mais surtout, clou du spectacle, notre bande d’exterminateur de nazi, qui donne son nom au film et qui est la partie centrale de celui-ci, est absente pendant les ¾ de la projection.

Le spectateur se retrouve très vite devant un constat, longuement mûrit ou non : on l’a prit pour un c** en lui proposant un film d’action qui n’en est pas un. Cela pourra en énerver plus d’un qui, s’attendant à un déluge de chair et de sang, ont payé leur place pour voir Quentin Tarantino diriger un film de bourrin dopé aux dialogues incisifs et autres scènes d’anthologies qui sont sa marque de fabrique.

Très vite on s’aperçoit que l’on se trouve à des années lumières des mythiques et qui était parfaits en tout point : engrenage scénaristique pointilleux, dialogues succulents, acteurs grandioses… une belle époque que l’on regrette amèrement. Même que je n’ai pas tant apprécié parce qu’il retranscrivait un univers dans lequel j’ai bien du mal à adhérer mais dont je salut haut et fort le travail accomplit dépassait Inglourious Basterds et de loin ! Ce dernier rejoint plutôt la lignée de Jackie Brown et dernièrement Boulevard De La Mort qui, à défaut d’être complètement ratés, ne sont pas à la hauteur de ce que l’on est en droit d’attendre de Tarantino : disons qu’ils sont de bons films, de bons divertissements mais à des années lumières de ce que Tarantino est capable de faire.

Inglourious Basterds bénéficie de ce même constat : un très bon film beaucoup trop inégal dans sa réalisation pour pouvoir prétendre être un véritable Tarantino.

Car le film est bon, très bon même.

Certains plans séquences sont jouissifs de part leur perfection à l’image de la scène d’ouverture qui dure pas moins de 15 minutes mais dans lequel les éléments clés qui font des films de Tarantino des « must-see » indémodables, intemporels, foisonnent pour nous scotcher à notre fauteuil et dans lequel on découvre un acteur assommant de talent : Christoph Waltz. D’habitude cantonné à de petits rôles dans des séries telles que Derrick ou dans des films allemands inédits dans nos salles, l’acteur relève ici un défi herculéen en interprétant son premier « vrai » rôle international et qui plus est dans un film de Tarantino. Très gros défi donc que l’acteur réussit magistralement grâce à une interprétation parfaite en tous points qui témoigne d’un véritable talent de caméléon : ce rôle d’allemand chasseur de nazi à la fois attachant et écœurant, attendrissant et repoussant n’a qu’un seul résultat, nous séduire, nous captiver grâce à un acteur magnétique, électrisant qui une fois que l’on a posé nos yeux sur lui, on ne peut plus les détacher. L’acteur nous prouve que dans la cour des grands, il a parfaitement sa place et ce n’est certainement pas son prix d’interprétation masculine qu’il reçut au Festival De Cannes cette année qui viendra dire le contraire.

Les autres acteurs ne sont pas laissés de côté non plus avec des rôles grandiloquents et complètement déjantés comme seul Tarantino a le secret pour nous en dresser. Ainsi, c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve Brad Pitt, Eli Roth et Michael Fassbender dans des rôles succulents de toutes pièces.

A cela s’ajoute une B.O. soignée qui est la marque de fabrique de tous ses films, une très belle photographie, certains plans dynamiques jouissifs, de longs dialogues d’une puissance colossale et des clins d’œil à la pelle du cinéma d’aujourd’hui et d’antan dont une fusillade qui n’est pas sans rappeler les bons vieux westerns spaghetti.

C’est également un pur plaisir de voir monsieur Tarantino changer le cours de l’histoire en (attention spoiler !) tuant dans un final qui restera sans doute dans les annales du genre.

En conclusion, à défaut d’être le chef-d’œuvre attendu, Inglourious Basterds est avant tout un pur exercice de style dans lequel Quentin Tarantino s’amuse à bastonner le spectateur à coups de plans fantasmagoriques et de dialogues ultra référentiels dynamités par une caméra coup de poing, de la brutalité sèche et des éclairs de violence.

Inglourious Basterds est un passionnant laboratoire du cinéma contemporain de tous horizons, un champ de forces où les articulations du récit et de la technique, de l’écriture et de l’image, s’exposent et explosent en pleine intelligence.