Sorti en décembre 1982, E.T. l’extraterrestre reste l’un des films les plus personnels de Steven Spielberg – et sans doute le plus universel. Un enfant seul, une créature perdue, une amitié improbable construite dans le secret d’une chambre de banlieue. Quarante ans après, le film n’a rien perdu de son pouvoir d’émouvoir. Reste à savoir si sa douce naïveté passe encore.
Auréolé de ses premiers succès avec Les Dents de la Mer et Rencontres du 3ème Type et tout juste après la sortie de Les Aventuriers de l’Arche Perdue en 1981, Steven Spielberg réalise pour Noël 1982 ce qui sera sans doute le meilleur film familial de sa carrière : E.T. L’extraterrestre. Je n’ai pas tellement de nostalgie par rapport au film étant donné que je ne l’ai vu qu’une seule fois sur une vieille VHS gamin, mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’il reste un long-métrage hors du temps qui fonctionne encore très bien et reste essentiel dans l’histoire du cinéma.
Déjà, il pose (ou réemploie) de nombreux éléments assez récurrents du cinéma de Spielberg : les familles destructurées, les enfants (A.I., Hook…), les extraterrestres (La Guerre des Mondes, Rencontres du 3ème Type…), l’amitié entre un enfant et une autre espèce (Cheval de Guerre), etc… De même, le film est depuis longtemps rentré dans l’imaginaire collectif avec des scènes comme celle du jeune Eliott et de la créature sur un vélo volant devant la Lune ou avec des répliques cultes comme “E.T. téléphone maison”. Et je ne parle même pas du thème musical du compositeur John Williams, fidèle parmi les fidèles de Spielberg, essentiel à la cohérence du long-métrage en mon sens.
Pourquoi un tel succès d’ailleurs ? Il n’y a pas une seule et unique explication mais c’est probablement la spontanéité des jeunes acteurs principaux avec notamment un Henry Thomas prodigieux et une Drew Barrymore mignonne et attachante qui saute tout d’abord aux yeux. Mais très vite on se rend compte que les thèmes universels décrits dans le film comme l’enfance, la différence, l’amitié, etc nous bercent très rapidement. Par ailleurs, les partis-pris du réalisateur qui efface la présence des adultes pendant une grosse moitié du film en ne les filmant qu’en silhouettes ou sans montrer leurs visages, qui fait de ses personnages des canevas universels sans nom de famille de cité, sont également des pistes de réflexion sur la qualité de ce film.
Enfin, ce qui surprend également, c’est déjà à l’époque (il y a 30 ans tout de même) le côté ultra-référencé du film qui se rapporte assez souvent à l’univers cinématographique du réalisateur : les enfants qui sifflent le générique de The Twilight Zone (La Quatrième Dimension, qui sera adapté plus tard au cinéma par… Spielberg), la mère racontant Peter Pan à sa fille (préfigurant ainsi Hook), les lumières de lampes-torche similaires à celles de Rencontres du 3ème Type, la réplique d’Eliott au sujet du requin (on pense ici aux Dents de la Mer) et évidemment les clins d’oeil à George Lucas avec un Yoda ressemblant étrangement à l’extraterrestre…
E.T. L’extraterrestre est un chef d’oeuvre, ni plus ni moins, même s’il faudra adhérer à la naïveté de l’ensemble. On comprendra l’hommage de J.J. Abrams que représente le récent Super 8 (produit par… Spielberg) quand on se plonge dans ce film faussement enfantin. Bien sûr, certains effets ont vieilli mais la version d’origine de 1982 (reprise sur le récent Blu-Ray sorti pour les 30 ans du film) est sans doute plus poétique malgré certains câbles apparents et autres faux-raccords que la seule trouvable jusqu’alors en DVD, sortie en 2002 pour les 20 ans, qui avait subi un traitement numérique à la manière de George Lucas sur ses Star Wars et ajouté quelques scènes peu pertinentes.
— Éric
Ne pas fermer les yeux – Tribune
La communauté ciné/séries francophone prend la parole sur ce que le Rassemblement National représente pour le cinéma français, le CNC et la liberté de création.
Lire la tribune et cosigner →


