Photo du film ON VOUS CROIT
Crédits : Jour2Fête

On vous croit, trois mots face à l’indicible

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4.5

Lila est une adolescente. Étienne, son petit frère. Deux enfants confrontés trop tôt à une peur qui ne les quitte plus, une peur sourde, permanente, qui s’infiltre partout. Aujourd’hui, ils doivent lui faire face. Main dans la main, serrés l’un contre l’autre, accompagnés de leur mère, Alice, ils avancent vers le tribunal. Chaque pas est lourd, chaque respiration pesante. Le père est là. De dos, silencieux, mais écrasant par sa seule présence. Quand Alice s’absente quelques minutes, le temps d’aller aux toilettes, ses enfants disparaissent.

Un huis clos étouffant

L’espace se resserre. L’air semble manquer. Le cadre est oppressant, les regards condamnés à se croiser. La caméra n’a d’autre choix que de s’accrocher aux visages, et surtout à celui d’Alice, traversé par un flot d’émotions contradictoires : nervosité, colère, honte, tendresse, révolte. Tout affleure, tout déborde. On lui donne une heure. Une seule. Soixante minutes pour dire l’indicible, faire entendre sa vérité, tenter de protéger ses enfants. Le temps est compté, mais chaque seconde s’étire à l’infini, tandis que chacun défend sa version des faits.

La justice face à ses propres limites

Alice sait qu’elle doit rester calme, mesurée, irréprochable. Un mot de trop pourrait tout faire basculer. Elle joue plus que sa crédibilité : elle risque de perdre ce qu’elle a de plus précieux. Le père nie. Il ment. Tout le monde le sait. La juge le sait aussi, mais ne peut rien dire. La neutralité est une obligation, le silence des émotions une règle. Pourtant, lorsque la porte se referme, l’humanité reprend ses droits. Seule face à la ville de Bruxelles, la juge s’effondre, prisonnière elle aussi d’un système qui la dépasse.

Une violence sans images

On vous croit n’est ni un film d’action ni un film d’horreur, et pourtant la tension y est suffocante. La violence n’est jamais montrée frontalement, mais elle imprègne chaque plan, chaque silence. La torture est invisible, constante, insupportable. Le film fait entendre un cri : celui de l’urgence de croire, d’écouter, de protéger la parole des enfants. Car parler ne suffit pas si personne n’écoute vraiment. Et parfois, ces trois mots – « On vous croit » – peuvent réparer, voire sauver une vie.

— Les Mots de Camille

Cet article a été publié suite à une contribution d’un·e rédacteur·rice invité·e.
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