Photo (2) du film SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI

SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI – Critique

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En 1951, André Franquin créa dans la bande dessinée Spirou et les Héritiers un étrange mammifère originaire de Palombie à la queue interminable et doté d’un pelage jaune tacheté du plus bel effet. 60 ans plus tard et après de nombreuses apparitions dans des albums de BD de Spirou et Fantasio ainsi que dans sa propre série éponyme, cet animal particulier nommé Marsupilami prend vie dans les salles obscures, sous la direction d’un Alain Chabat qui nous avait offert le meilleur en adaptation de bande dessinée (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre) comme le pire cinématographiquement parlant (RRRrrrr !!!).

La première remarque que l’on peut faire sur ce film, c’est que le rendu du Marsupilami est excellent. L’animation du personnage est fluide et l’animal imaginaire est à la fois réaliste dans ses mimiques (respectueuses de celles que Franquin lui a attribué dans la BD) et plaira sans aucun doute aux enfants par son côté extrêmement mignon. Sur ce point là, Alain Chabat a fait un sans faute. En revanche, pour le reste, c’est un peu plus mitigé…

On passera sur le scénario qui n’est évidemment pas un modèle d’intelligence vu la légèreté du film mais on appréciera la reprise discrète du message écologique de la bande dessinée d’origine dans cette comédie, même si c’est parfois par l’absurde (l’application pour smartphone de “compteur” d’espèces en voie de disparition, par exemple). En revanche, plus dommageable est la lenteur qu’a le film a démarrer, sans aucun doute liée à la quantité importante de personnages à présenter. Le nombre de personnalités au générique de Sur la Piste du Marsupilami fait que certains personnages sont quasiment inutiles (Géraldine Nakache et Jacques Weber notamment). Par contre, leurs prestations sont assez raccords avec leur niveau traditionnel : comme souvent dans les comédies françaises, les humoristes retrouvent ici leur registre habituel (Alain Chabat et Jamel Debbouze dans l’absurde, Patrick Timsit dans le rire méchant, Fred Testot qui cabotine parfois à la manière du SAV des Emissions…). Bien sûr, si on n’est pas client de l’humour “Canal+”, on peut avoir du mal à rire de certains gags parfois bien gras (Jamel et le chien notamment).

Une comédie française fort honorable, mais en deçà de ce qu’on aurait pu attendre d’Alain Chabat, qui avait placé la barre assez haute il y a quelques années.

Ce n’a pas été mon cas. J’ai raisonnablement souri ou ri aux blagues absurdes ou bien grasses proposées par Chabat, dans un registre assez respectueux de ce qu’il a pu faire chez Les Nuls (les fausses pubs, la moquerie envers les documentaires animaliers – avec la voix de Chantal Lauby d’ailleurs, etc). Cependant, certains gags, même si efficaces, font parfois réchauffés : par exemple, le personnage de Jamel sur un lama qui ne veut pas avancer rappelle furieusement le même genre de scène dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre où le même Jamel a exactement le même ennui avec un âne. Si on peut parler de référence parfois, là ça fait carrément redite. LA bonne surprise humoristique du film est l’utilisation de Lambert Wilson dans un rôle complètement à contre-emploi, dans un registre absurde totalement assumé avec notamment une énorme scène où il exprime toute sa passion pour une chanteuse bien connue.

Globalement, Sur la Piste du Marsupilami est une comédie française fort honorable mais est en deçà de ce qu’on aurait pu attendre d’Alain Chabat qui avait placé la barre assez haut il y a quelques années avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ou La Cité de la Peur (avec ses compères des Nuls). On appréciera aussi le respect et le rendu du personnage du Marsupilami en lui-même ainsi que les quelques références à son auteur dans le film. Bref, un bon moment de détente mais une fois sorti de la salle, les houba-houba ne résonneront plus très longtemps dans nos têtes…

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