Découvert il y a quelques années sur Tesis (un film sur les snuff movies réalisé en 1996), LES AUTRES est le deuxième film d’Alejandro Amenábar qu’il m’est donné de voir. On verse ici à nouveau dans le genre horreur mais avec une fois encore une maîtrise de la suggestion remarquable : on le qualifierait plus aisément de film d’angoisse qu’horrifique en fait. Il est vrai que le choix même du décor est en un élément d’ambiance déterminant : en effet, le manoir censé se situer à Jersey (mais en fait situé à Cantabrie à l’ouest de l’Espagne) est à la fois très esthétique et assez froid pour laisser transpirer une ambiance malsaine nécessaire à l’histoire qui se déroule principalement en huis-clos.

Par ailleurs, on notera l’excellente performance de Nicole Kidman dans son rôle de mère stricte mais également de l’interprète de la petite Anne, totalement crédible : la chose étant parfois difficile chez les enfants. D’ailleurs, je suis plus réservé sur l’interprète de son petit frère à l’expression faciale assez monolithique. Par ailleurs, les autres acteurs du film valent plus pour leur mise en scène effrayante (apparence, décalage) que par leur jeu effectif à l’exception de Fionnula Flanagan qui nous propose une gouvernante angoissante de révérence.

LES AUTRES a été une très bonne surprise avec son scénario qui se révèle d’un parti-pris assez audacieux et très bien mis en place, sans faute apparente dans son déroulement, et qui n’a finalement pas vieilli pour un long-métrage de 2001.

Avec une famille ancrée dans les valeurs religieuses, on retrouve d’ailleurs beaucoup de symboliques liée à cela (chapelet, interrogations théologiques) qui entretiennent une présence morbide assez palpable, renforcée par la systématique obscurité nécessitée par l’état de santé fragile des enfants. Autre procédé, le réalisateur renforce lui même son scénario en composant une musique d’ambiance lancinante qui joue avec le nerfs du spectateur aux moments opportuns de tension. Enfin, si la bizarrerie et l’angoisse sont immédiatement mis en place et même si la réalisation est extrêmement maîtrisée, ce n’est que le twist final qui amènera tout son cachet au film au même titre que cela avait pu être le cas avec un long-métrage comme Le Sixième Sens de Night Shyamalan.

En résumé, même si je ne suis pas un fanatique du genre épouvante (plus qu’horreur dans ce cas là, il faut bien l’admettre), LES AUTRES a été une très bonne surprise avec son scénario qui se révèle d’un parti-pris assez audacieux et très bien mis en place, sans faute apparente dans son déroulement, et qui n’a finalement pas vieilli pour un long-métrage de 2001.

LES AUTRES – Critique

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