Le 17 juin, Backrooms débarque en France. Et le film arrive précédé d’un chiffre qui a fait trembler Hollywood : 85 millions de dollars dès son premier weekend américain, soit le plus grand lancement de l’histoire d’A24. Derrière la caméra, Kane Parsons, 22 ans, youtubeur et jusqu’ici inconnu du grand public.
Parsons avait construit sa réputation vidéo après vidéo sur YouTube, en filmant des espaces vides, flottants, angoissants – les fameuses backrooms, ces couloirs jaunâtres issus du folklore internet qui ont fasciné des millions d’internautes. A24 a parié dessus. Le résultat dépasse toutes les projections, et force une question : comment un studio indépendant en est-il arrivé là ?
Depuis quelques années, A24 ne se contente plus de produire des films exigeants que les cinéphiles s’échangent entre eux. Le studio est en train de vivre son moment Miramax – ce stade où un indépendant cesse d’être un refuge confidentiel pour devenir une force capable de plier la culture mainstream à sa vision.
Dans les années 90, Miramax avait réussi ce tour de force en transformant des paris risqués – Pulp Fiction, Will Hunting, Shakespeare in Love – en phénomènes capables de remplir les salles et de rafler les Oscars. A24 suit la même trajectoire, avec ses propres armes. Capable d’allier ambition formelle et chiffres massifs, de repérer des cinéastes là où une nouvelle génération construit son langage visuel, le studio transforme des paris improbables en phénomènes culturels.
Backrooms en est la preuve la plus éclatante à ce jour. Ce n’est pas un hasard si c’est le même studio qui s’est récemment emparé des droits de Massacre à la tronçonneuse pour en faire une série ambitieuse : A24 ne rachète pas des franchises pour les exploiter, il les choisit pour les réinventer.
Dans une chronique publiée ce weekend, Variety formule le message clairement : YouTube est le nouveau Sundance, et les audiences veulent être surprises. Backrooms sort en France le 17 juin.
— Yannick HENRION
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