On avait quitté le réalisateur Morten Tyldum en 2014 avec un moyen Imitation Game, qui décevait par son manque de personnalité. On le retrouve deux ans plus tard avec PASSENGERS dans un tout autre registre : de la romance sous fond de science-fiction, avec à nouveau plusieurs manques.

Le pitch de base est pourtant intéressant : dans un futur relativement proche, un vaisseau spatial, avec à bord 5000 passagers, est en route pour une planète colonisée. Ils sont, bien évidemment, en hibernation puisque la durée du voyage est de 120 ans. Sauf que voilà, un petit cafouillage dans les câbles et deux personnes se voient réveillées 90 ans trop tôt. S’en suit une multitude d’anomalies techniques au sein du vaisseau.

On tient, certes un simple, mais solide début de scénario. C’était sans compter que les deux personnes en question sont un homme et une femme. Le film de science-fiction se transforme au gré des minutes en film de romance, un peu mielleux et mièvre.
Des défauts de scénario que l’on pourrait retrouver dans d’autres films du scénariste Jon Spaihts (Doctor Strange, Prometheus), notamment un manque évident de rythme, d’intensité et donc d’un enjeu véritable.

Photo du film PASSENGERS

Le regard dans le vide. Un peu perdu, comme ce film.

Et donc, tout ça ne passe pas. L’excitation et la curiosité du début font place à de la contrariété et à de l’ennui. Le casting n’y est pour rien. On peut dire sans trop sourciller que Jennifer Lawrence et Chris Pratt sont assez droits dans leurs bottes et portent du coup ce film à bout de bras, puisqu’on ne voit quasiment qu’eux pendant les deux heures que durent le métrage.

Michael Sheen fait d’ailleurs un très honorable “androïde-barman”, contrairement au chef de quart Gus Mancuso, aka Laurence Fishburne, effacé, titubant et pas du tout à sa place. Encore une fois, le problème vient du scénario, qui n’utilise jamais vraiment son potentiel. Mettant en place un dilemme pour Jim (Chris Pratt), laissé seul pendant un an, ses actions auraient pu mener à complexifier sa relation avec Aurora (Jennifer Lawrence). Mais plutôt que de s’assumer dans une romance métaphorique sous fond de science-fiction, PASSENGERS tente de sauver les meubles en basculant dans de l’action / catastrophe pour espérer nous réveiller et ainsi fournir un alibi.

[bctt tweet=”« En supprimant la romance et l’ennui, Passengers aurait pu être un bon film »” username=”LeBlogDuCinema”]

On pouvait, on espérait s’attendre à de gros moyens techniques, des effets spéciaux grandioses (ils sont tout de même bien réussis) et à un suspense haletant. On a en contre-partie un Chris Pratt loin des Gardiens de la Galaxie et une Jennifer Lawrence encore plus loin, à des années-lumière, de ce qu’elle peut faire dans la saga Hunger Games. Donc oui, clairement, on ressort de PASSENGERS déçu et irrité : déçu de voir le duo Pratt / Lawrence embourbé dans ce film et irrité à l’idée qu’il aurait pu faire un excellent métrage. Après Imitation Game, Morten Tyldum persévère malheureusement dans une filmographie poussive et mal amenée, laissant place à une lignée plus terre à terre et toujours moins étonnante.

Yannick

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