A l’origine du film SF qui a connu un succès certain en 2009, il y a une série à laquelle de nombreux américains vouent un culte et dont de nombreux français se moquent : Star Trek La Série Originale. Plongés au coeur d’un 23e siècle utopique (la Terre est le berceau d’une Fédération des Planètes Unies), nous faisons la connaissance de l’équipage du vaisseau spatial USS Enterprise, dirigé par le capitaine James T. Kirk.
Au fil de sa mission scientifique de 5 ans, celui-ci sera confronté à de nombreux mondes étranges et à des phénomènes inédits dans l’histoire. Parmi les membres de cet équipage, on retrouve entre autres l’Officier chargé des communication Uhura, le pilote Hikaru Sulu, le médecin de bord Dr McCoy et bien évidemment le célèbre officier scientifique extraterrestre… Mr. Spock !

Note de l’Auteur

[rating:6/10]

Saison : 3
Nombre d’épisodes : 79
Date de 1ère diffusion US : 08 septembre 1966 (NBC)
Date de 1ère diffusion FR : 23 août 1982 (TF1)
Création : Gene Roddenberry
Avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, George Takei, Walter Koenig, Nichelle Nichols
Générique :

Avant toute chose, je peux déjà préciser que la SF façon années 60, ça a beaucoup vieilli de nos jours. Et déjà en 1982 (16 ans après les USA), quand la série est arrivée en France, le carton-pâte était passé de mode vu que Star Wars était déjà passé par là. La série, un peu bavarde, n’en reste pas moins un monument de SF avec des scénarios écrits par les plus grands noms de romanciers SF de l’époque : Richard Matheson, Theodore Sturgeon, Norman Spinrad, etc… et des thèmes très en avance sur leur temps à la télévision américaine : le voyage dans le temps et ses paradoxes, les problèmes d’us et coutumes avec les civilisations extraterrestres, les dimensions parallèles, etc.
Et je ne parle pas de cet équipage avec des gens de toutes origines : noir, asiatique, irlandais, russe, américain et extraterrestre ensemble, c’était le concept le plus SF dans les années 60 !

A l’origine de ce concept, il y a Gene Roddenberry qui, dès 1964, tente de faire passer ce concept de space opera à la MGM. Il faut se souvenir qu’à l’époque la SF était plutôt traitée sous le spectre de l’anthologie (La 4ème Dimension par exemple) et embaucher une flopée de personnages récurrents était déjà novateur dans le domaine.
La force de Roddenberry sera d’écrire une « bible » qui sera encore respectée de nos jours au gré des différentes séries dérivées et des films qui prolongeront l’univers au cinéma : des races typées (les vulcains dénués d’émotions, les klingons très violents, etc), une organisation politique et géographique de l’univers de la série (la Fédération, Starfleet, l’Empire Klingon, l’empire Romulien, etc) et une Histoire du Futur faisant le lien entre le présent du téléspectateur et le futur présenté dans la série.

Cette force est sans doute aussi le deuxième point faible de la série : un nouveau téléspectateur aura du mal à « rentrer » dans cet univers tant il peut être touffu, même s’il passe outre les pyjamas et les effets spéciaux de l’époque. La série est datée, c’est un fait ; et l’ensemble est bien hermétique… Mais quel plaisir, une fois que l’on passe ces 2 obstacles !
Des épisodes poignants et SF à la fois comme « Contretemps » (en VO « The City on The Edge of Forever », souvent récompensé) ou encore de l’humour dans des épisodes comme « Tribulations » : on trouve de tout dans Star Trek et surtout de la SF qui fait réfléchir ! La tyrannie des ordinateurs ou le racisme par exemple sont évoquées très intelligemment à travers le prisme de la SF, qui permettait parfois des choses très osées pour l’époque : par exemple, le premier baiser inter-racial de l’histoire de la télévision américaine durant la 3e saison de la série.

Car la première série Star Trek n’a duré que 3 saisons aux USA. Arrivée trop tôt aux USA (avant la déferlante Star Wars) et trop tard en France (déjà « trop datée » en 1982), cette série, pourtant aux scripts de qualité, n’a pas réellement trouvé son public à l’époque. Ce n’est qu’à force de rediffusions outre-Atlantique et de l’arrivée des films et des séries dérivées en France, que ce qui est devenu par la suite la « franchise » Star Trek, a fini par connaitre un certain succès dans le monde, et même devenir un identifiant culturel fort aux Etats-Unis.
Je ne peux pas attribuer une note faramineuse à cette série qui est désormais très difficilement regardable (esthétiquement parlant, et ce malgré les effets spéciaux refaits récemment – Oui comme Star Wars !) mais en se replaçant dans le contexte la série mériterait un 9/10 !