Présenté Hors-Compétition au 71ème Festival de Cannes, le Solo : A Star Wars Story de Ron Howard s’avère être une bonne surprise !

Après le départ de Phil Lord et Christopher Miller, on ne donnait pas cher de la peau de ce spin-off centré sur le mythique Han Solo. Le peu de confiance que l’on avait s’était envolé lors de la nomination de Ron Howard, réalisateur sans réel style, plutôt bon technicien mais dont la carrière souffle plus le froid que le chaud. Quelle belle surprise de découvrir que le résultat final est loin d’être une catastrophe !

L’autre énorme doute venait de l’acteur principal. Sans tutoyer l’inimitable Harrison Ford, qui a participé à rendre ce personnage célèbre, Alden Ehrenreich s’en sort avec les honneurs. Il n’égale en rien son prédécesseur mais arrive à restituer le côté malicieux de cette figure, où séduction et arrogance s’allient à un sens de la débrouille. Ce n’était clairement pas gagné pour lui puis force est de constater qu’il est l’acteur qu’on retient vraiment. Le reste se contente de faire le job, sans réellement tirer son épingle du jeu. Woody Harrelson fait du Woody Harrelson, Emilia Clarke joue le peu qu’elle a à jouer, Donald Glover se montre toujours autant à surveiller au cinéma.Le film emporte rapidement le public en s’ouvrant sur un enchaînement de scènes d’action rondement menées, avec en point d’orgue une attaque de train qui a de quoi nous emballer. La mise en scène comme le montage allient rythme et lisibilité pour notre plus grand bonheur. Une constante pour le reste du film, dont le point fort réside clairement dans ces péripéties spectaculaires soutenues par le très belle photographie de Bradford Young, offrant quelques plans larges à la picturalité renversantes – le passage dans le maelström marque les esprits. Loin des embrouilles politiques parfois assommantes des trilogies Star Wars, Solo vise des enjeux simples, au service d’un spectacle fun, non-dénué d’un feeling appréciable. Les fans de la saga en auront pour leur compte puisque ce western galactique marche bien sur le terrain du fan-service – ce que l’on était venu chercher. La rencontre entre Solo et Chewbacca fait son petit effet, tout comme le fait d’assister au début de leur relation.

Ni la catastrophe annoncée ni un prequel à la hauteur des meilleurs épisodes des trilogies, Solo : A Star Wars Story n’évite pas quelques défaillances, comme ce final bâclé qui fait se succéder une brochette de retournements de situation, des méchants insignifiants et pas à la hauteur ou une baisse de rythme dans sa partie centrale, alors que les 30 premières minutes démarraient sur les chapeaux de roues. Ron Howard n’aura pas fait des miracles sur la forme, en se contentant d’apporter une solidité technique à l’ensemble, pour épauler un script dont l’intention était de divertir. À contrario d’un MCU qui nous fatigue, Lucasfilm n’est qu’au début de son exploitation de spin-off. Le recette fonctionne mais se montre cruellement fragile. Il faudra faire plus à terme pour s’assurer une pérennité hors des trilogies.

Critique publiée le 15 mai 2018 lors de la projection au Festival de Cannes

Maxime Bedini

Votre avis ?

Nous signaler une erreur dans l’article ?
Sélectionnez le texte (140 caractères maximum) en question et appuyez sur Ctrl+Entrée.

SOLO : A STAR WARS STORY, efficace western galactique - Critique
Titre original : Solo : A Star Wars Story
Réalisation : Ron Howard
Scénario : Lawrence Kasdan, Jonathan Kasdan
Acteurs principaux : Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke
Date de sortie : 23 mai 2018
Durée : 2h15min
3.0Note finale
Avis des lecteurs 1 Avis

SOLO : A STAR WARS STORY, efficace western galactique – Critique

0

Rapport de faute d’orthographe

Le texte suivant sera envoyé à nos rédacteurs :