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Avec BEASTS OF NO NATION, Netflix vient de frapper un grand coup. Habitué à proposer des séries originales et de qualité, le mastodonte diffuse – pour la première fois – un long métrage sur sa plateforme. Netflix n’a pas financé le projet mais a plutôt fait l’acquisition des droits de diffusion et au regard de la qualité de ce dernier, il ne subsiste aucun doute quant au développement du géant du streaming sur ce format. BEASTS OF NO NATION est tout de même projeté simultanément dans quelques salles américaines – reconnu comme un « fort potentiel » à récompenses – notamment pour les Oscars où une sortie cinéma est exigée. Par ailleurs, le film avait fait son petit effet lors de sa projection au Festival de Venise.

BEASTS OF NO NATION est donc le troisième métrage de Cary Fukunaga, essentiellement connu et salué pour son travail de réalisation sur la première saison de True Detective. Il faut dire qu’on est impressionné car on retrouve le nom de Cary Fukunaga à la réalisation, au scénario et à la photographie. Pour cette oeuvre, Cary Fukunaga adapte le roman éponyme  d’Uzodinma Iweala où, dans un pays de l’Afrique de l’ouest, Agu vit paisiblement avec sa famille dans une zone tampon entre deux pays en guerre. Loin de se soucier des conflits avoisinants, les jeunes habitants d’un village tentent de vivre normalement, de s’instruire, de trouver la foi et de s’aimer. Mais un jour, Agu va devenir – malgré lui – un enfant soldat, une machine à tuer.

Affiche du film BEASTS OF NO NATION

© Netflix

BEASTS OF NO NATION est une énorme claque dont la sortie – non prévue – dans nos salles obscures est fort regrettable tant ce métrage aurait marqué par son empreinte et son identité cette année de cinéma. Tout d’abord par l’indéniable qualité de l’adaptation de Cary Fukunaga où l’on ne décèle aucune digressions inutile, c’est tout simplement efficace et réussi tant le sujet traité était difficile. Comment aborder la question d’enfants-soldat sans tomber dans du pathos exagéré ? Ce qu’accompli ce long métrage est très abouti tant on ressent en permanence – malgré le contexte – l’innocence et la candeur inhérentes à ces jeunes enfants.

“BEASTS OF NO NATION est une intense décharge d’émotions, de poésie et de lyrisme. Cary Fukunaga signe dans le même temps un récit bouleversant, une puissante réalisation et une magnifique photographie.”

Le visionnage est viscéral, authentique et poétique. Ce sentiment est notamment servi par l’éblouissante mise en scène de Cary Fukunaga, qui prouve une nouvelle fois depuis True Detective, qu’il est l’un des réalisateurs les plus talentueux du moment. Sa réalisation stylisée et quasi contemplative n’est pas sans rappeler Terrence Malick à l’heure de ses plus grande œuvres. En effet, impossible de ne pas évoquer The Tree of life lorsque le jeune Agu interpelle Dieu et sa famille en voix off. Les interrogeant sur les raisons des horreurs dont il est à la fois la victime, le témoin et malheureusement l’auteur. Une autre facette « Malickienne » se retrouve aussi dans des moments hallucinés de contemplation absolument époustouflants. Cary Fukunaga insuffle aussi du rythme et une réalisation malgré tout inventive débordante de bonnes idées.

Affiche du film BEASTS OF NO NATION

© Netflix

Même si peu de personnages principaux sont à dénombrer, Abraham Attah est exceptionnel dans le rôle d’Agu, enfant en perdition, auteur d’une prestation cinq étoiles. Quant à Idris Elba, sanguinaire commandant de guérilla, son charisme à l’écran mettra tout le monde d’accord. Enfin – cerise sur le gâteau – le tout est accompagné d’une musique qui, littéralement, nous angoisse ou nous transporte et d’une photographie à couper le souffle. Sur un peu plus de deux heures, nous avons le plaisir d’admirer de superbes paysages, des couleurs vives et saturées, une jungle qui fourmille de pigmentations, des jeux de contrejour et de teintes – vraiment on en prend plein les mirettes.

Si l’on pourrait regretter son côté « Oscarisable » trop visible et sa dernière partie un peu poussive, BEASTS OF NO NATION demeure un excellent film et une petite pépite du cru 2015.

Finalement, il faut saluer l’énorme travail de Cary Fukunaga qui nous délivre avec son BEASTS OF NO NATION une intense décharge d’émotions, de poésie et de lyrisme. Signant dans le même temps un récit bouleversant, une puissante réalisation et une magnifique photographie, Cary Fukunaga est un cinéaste complet promis à un bel avenir. On a hâte de voir la suite.

Sofiane

INFORMATIONS
Affiche du film BEASTS OF NO NATION

© Netflix


Titre original : Beasts of no Nation
Réalisation : Cary Fukunaga
Scénario : Cary Fukunaga, d’après l’oeuvre d’ Uzodinma Iweala
Acteurs principaux : Idris Elba, Abraham Attah, Kurt Egyiawan
Pays d’origine : États Unis
Sortie : 16 Octobre 2015
Durée : 2h17 min
Distributeur : Netflix
Synopsis : Alors qu’il n’est encore qu’un jeune garçon, Agu devient un enfant soldat, embrigadé de force dans l’armée du sanguinaire “Commandant”.

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Film de guerre bien réalisée, les acteurs sont bon, le réalisme bien