Voilà presque 15 ans qu’a débuté la saga Fast and Furious. En 2001, après un premier opus de qualité, rien ne laissait penser que Vin Diesel et Paul Walker seraient encore de service pour un septième film. D’autant plus avec la séparation du duo dans les épisodes suivants (2 Fast 2 Furious et Tokyo Drift) particulièrement ratés. Cependant depuis Fast and Furious 4 (2009), bien qu’assez moyen, la saga s’est remise sur les rails en opérant un véritable changement. Retour du charismatique Vin Diesel et de sa complicité avec Paul Walker, utilisation de gros bolides plus classiques davantage pour des poursuites spectaculaires que pour des courses de rue et un intérêt assumé pour de l’action pure et dure. A la manière des Expendables, la saga décidait alors d’en mettre plein les yeux, de repousser ses limites et d’offrir un spectacle gigantesque. FAST AND FURIOUS 7, malgré des longueurs dues à sa volonté d’en faire toujours plus, se montre tout aussi convaincant que ses deux prédécesseurs qui avaient trouvé le parfait mélange d’action, d’humour, voire d’autodérision, et de bons sentiments.

Après s’être débarrassé du mercenaire Owen Shaw, Dominic Toretto et sa bande sont désormais la cible de Deckard Shaw, bien décidé à venger la mort de son frère.

FAST AND FURIOUS 7

© Universal Pictures International France

Avec sept films la série des Fast and Furious en a-t-elle toujours sous le capot ? Evidemment ! Et cela grâce à sa capacité à piocher dans différents genres. Le premier, film d’action / policier marquait les débuts de Brian (Paul Walker), flic chargé de s’infiltrer dans le gang de Dominic Toretto (Vin Diesel). Le cinquième lorgnait du côté des films de braquage tandis que pour le sixième nos héros se lançaient dans la traque d’un mercenaire dangereux. Le septième film, quand à lui, inverse les rôles, la « famille Toretto » étant désormais traquée à son tour. Ajoutée à cela une mission gouvernementale non officielle déléguée à Dom et ses amis en échange d’informations sur leur nouvel ennemi. Une situation déjà vue dans le film précédent. Mais c’est justement ça l’intelligence de Fast and Furious. Cette capacité à réutiliser ses acquis de manière efficace tout en allant de l’avant. Cela passe dès la distribution de plus en plus comparable aux Expendables (encore eux). Après avoir réuni dans le très bon Fast and Furious 5 l’ensemble des personnages vus tout au long de la saga (Mia, Roman, Tej, Han…), l’arrivée, dans le cinq, de l’agent Hobbs, interprété par Dwayne Johnson, a donné un ton bien plus musclé. Un plein de testostérone atteint, on s’en souvient, dans sa confrontation mythique avec Vin Diesel. Pour ce septième opus les deux acteurs s’opposent à Jason Statham (Deckard Shaw) toujours aussi efficace. De la baston comme on aime et pour tout le monde ; Michelle Rodriguez, qui après avoir fait face à Gina Carano (FF6) voit un mur se dresser face à elle, en la personne de Ronda Roussey (ex championne UFC) et Paul Walker découvre la virtuosité de Tony Jaa. Un grand spectacle dont on ne se lasse pas.

”Ce qui rend FAST AND FURIOUS 7 si fascinant et jouissif c’est qu’il ne cherche en aucun cas à se prendre au sérieux.”

Mais ce qui rend FAST AND FURIOUS 7 si fascinant et jouissif c’est qu’il ne cherche en aucun cas à se prendre au sérieux. Nombreuses sont les séquences invraisemblables et irréalistes cependant elles restent toujours ponctuées d’une pointe d’ironie. FF7 s’amuse à souligner les nombreuses folies déjà vues jusque là (braquer un commissariat, arrêter un char, détruire un avion…) et va même s’inspirer de manière volontairement évidente des autres grosses licences du moment : James Bond, avec des femmes peintes en doré et une apparition hors de l’eau de la sublime Nathalie Emmanuel (Morsay), ou bien Mission Impossible : Protocol Fantôme avec une séquence spectaculaire dans les tours d’Abu Dhabi. Une ironie parfaitement maîtrisée, jusque dans les dialogues pleins de punchlines à outrance (génial Dwayne Johnson), qui permet au réalisateur James Wan de nous éblouir encore plus. Au programme combats aux poings comme au volant, fusillades et explosions en tout genre. L’excellence est d’ailleurs atteinte lors de la première poursuite, une séquence incroyable durant laquelle on reste le souffle coupé. Malheureusement avec trois gros segments portés sur l’actions, arrivé au final, un peu trop long, on en vient à fatiguer et saturer. Les rares moments de calme abordant les sentiments et les rapports des personnages entre eux de manière rapide et sans grande finesse. Il est donc évident qu’avec FAST AND FURIOUS 7 la saga a atteint son paroxysme en terme de spectacle. Ce dernier venant ponctuer de la meilleure des façons ce qui avec les deux opus précédents finit par constituer une trilogie, on voit mal comment faire mieux en cas de suite sans cette fois nous lasser.

FAST AND FURIOUS 7

© Universal Pictures International France

Enfin comme on pouvait s’y attendre le film se conclut sur une note émotionnelle particulièrement forte. Paul Walker est décédé avant la fin du tournage, le 30 novembre 2013, dans un accident de la route. Pour permettre au film de se terminer la production a fait appel aux frères de l’acteur et a eu recours aux effets numériques pour reproduire son visage. Difficile dans l’ensemble de discerner l’acteur de ces retouches. Mais alors que le film revient régulièrement sur la saga dans sa globalité, par des clins d’oeils, des passages par des lieux déjà vus (les Race Wars, Tokyo, retour important en Californie) ou simplement en évoquant le passé, on ressent les adieux à l’acteur de plus en plus proches. Cette nostalgie qui plane tout au long du film et dans chacune de ses apparitions laisse un sentiment étrange. D’autant plus avec une séquence finale émouvante conclue par des scènes tirées des premiers films, Paul Walker au centre et Vin Diesel en voix off qui, au nom de tous, fait ses adieux à l’acteur en même temps qu’au personnage. Au-delà du simple hommage, c’est un moment sincère et touchant, et dont le discours autour de l’importance de la famille, leitmotiv de la saga, résonne forcément dans les esprits.

Les autres sorties du 1er avril 2015

FAST AND FURIOUS 7, SEA FOG, SHAUN LE MOUTONJOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRELE CHALLAT DE TUNISARNAUD FAIT SON 2EME FILM, LA MAISON AU TOIT ROUGEINDIAN PALACE 2, SUITE FRANÇAISE, etc.

 

BANDE-ANNONCE