On l’attendait pour novembre 2008, le voici pointant le bout de son nez avec un retard de 8 mois. Sixième opus de la désormais célèbre saga Harry Potter, Harry Potter Et Le Prince De Sang-Mêlé nous a été présenté comme l’épisode le plus sombre de la série. Et cette réflexion s’est avérée réelle puisque ce film est effectivement bien plus ténébreux et pessimiste que ses prédécesseurs.

Pour revenir l’espace d’un instant à l’histoire proprement dite, on avait quitté Poudlard – dans Harry Potter Et L’Ordre Du Phénix – dans une atmosphère plutôt mauvaise. Le retour de Lord Voldemort a bien été vérifié ainsi que celui de Dumbledore à son poste de directeur de la célèbre école. En d’autre terme on a un bien pour un mal et il y a de ce fait un simple retour des choses puisqu’on savait pertinemment que Voldemort n’avait pas subitement disparu de la surface du globe.

Revenons au film qui nous intéresse. La première scène est réellement impressionnante : l’effondrement du Millennium Bridge de Londres. “Oui mais” me diront les aficionados du livre de J.K. Rowling. Oui mais voilà, cette scène n’existe tout simplement pas dans le livre. Remarquez, si l’on devait compter le nombre de “fautes” de ce genre, on serait encore ici en l’an 2010.

Photo du film HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG MELE

Passé ce très beau travail au niveau des effets spéciaux, ce qu’il faut retenir dans ce film au niveau des faits est sans nul doute le basculement définitif de Drago Malefoy du côté des Forces du Mal. Un Drago qui a bien grandi depuis l’Ordre du Phénix – sorti 2 ans avant celui-ci – et qui est désormais bien plus sûr de lui et surtout bien plus secret qu’avant. Fini les 2 toutous qui n’arrêtaient pas de lui tourner autour tels 2 sous-fifres. Ici, place à un Drago mâture, pertinent et solitaire. Le voici aux côtés de Mangemorts tels que Bellatrix Lestrange. Adieu aux petites tapes, bonjour aux potions et autres incantations mortelles.

En terme de casting, les acteurs ont grandi, ni plus ni moins. Même jeu d’acteurs. La bande que compose Harry, Ron et Hermione se voit compléter par une quatrième personne : Ginny Weasley. On l’avait remarqué dans l’épisode précédent mais dans ce film, son personnage est bien plus mis en avant. Un quasi soap-opera se tisse d’ailleurs dans le film à travers divers personnages : Harry tout d’abord, mais également Ron, Hermione, Ginny et Lavande. Des moments parfois très drôles parcourent ces séquences et ce n’est pas pour nous déplaire dans un film réellement bien plus sombre.

Et un film sombre n’est pas forcément synonyme de film bon ou meilleur. Malheureusement sur les 2 heures et 33 minutes que composent Harry Potter Et Le Prince De Sang-Mêlé, il n’y a guère plus de 30 minutes qui sont réellement prenantes en terme d’action, d’attention et de réflexion. Un temps bien trop inférieur pour faire de cet épisode un épisode captivant et enrichissant : scènes trop longues, scénario trop absent à certains moments, rebondissements tout simplement oubliés. Cet épisode est sans nul doute le plus ennuyeux et le plus soporifique de la saga jusqu’alors.

Il ne faudra pas s’attendre à voir une apparition du méchant Voldemort / Tom Jedusor puisqu’on ne le voit que jeune, très jeune, dans son enfance via la Pensine située dans le bureau de Dumbledore. Ce qui créait d’ailleurs de l’action supplémentaire dans le précédent opus et qui manque cruellement ici également. Cette pseudo-mission donnée à Harry où il doit arracher d’importantes paroles au professeur Slughorn fait aussi partie de ces longues séquences. Là où dans le livre ces scènes sont relativement intéressantes, elles perdent tout intérêt une fois transposé à l’écran puisqu’il ne s’y passe rien en terme d’image. Une remise en question – qui n’a pas été réalisé – aurait dû se poser à ce stade du scénario.
On s’amusera cependant à regarder les frasques de Ron sous l’effet d’un puissant filtre d’amour, les hésitations maladroites de Ginny et Harry quant à leur premier baiser ou la jalousie intempestive d’Hermione.

On peut voir également une facette différente – plus sombre – du professeur Severus Rogue. Sans dévoiler l’intrigue, ce dernier est assurément bien plus vil et mesquin que jamais. Mais le doute plane toujours quant au camp qu’il a choisi et aux actions qu’il entreprend à travers les opus de la saga.

Photo du film HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG MELE

Le film est donc scindé en deux parties : l’un drôle et jovial, l’autre sombre mais pas forcément intéressant dans la forme. On notera le retour du Quidditch et l’on aperçoit un réel mieux dans les effets spéciaux. D’ailleurs afin de résumer ces derniers, ils sont donc bien plus réussis que dans le précédent volet – ce qui pourrait être logique. David Yates, réalisateur du film, nous avait habitué à un peu mieux avec l’Ordre du Phénix, en espérant sincèrement qu’il se remettra dans le bain concernant le dernier tome – scindé en deux parties – des Reliques de la Mort. Il faut également rendre à César ce qui est à César en parlant de la photographie, dirigée par un français, Bruno Delbonnel, à qui l’on doit des films comme Across The Universe, Un Long Dimanche De Fiançailles ou bien Le Fabuleux Destin D’Amélie Poulain. Un bon – et beau – rendu qu’a opéré le monsieur.

En conclusion, Harry Potter Et Le Prince De Sang-Mêlé nous laisse indubitablement et incontestablement sur notre faim. Une impression d’absence et d’incomplet nous parcoure l’esprit au regard d’un film qui se devait d’être certes sombre mais bien plus prenant qu’il ne l’a été réellement à nos yeux. Et l’humour, la magie et l’attente d’un film qui devait sortir plus tôt ne nous fera pas changer d’avis quant au fond de la chose. Bien au contraire, l’excitation de ce délai supplémentaire nous faisait d’autant plus miroiter un très bon cru.

Harry Potter Et Le Prince De Sang-Mêlé est un film qu’on pourrait appeler de transition. Plus trop dans l’Ordre du Phénix et pas encore dans les Reliques de la Mort. Il se situe dans un espèce de no man’s land au niveau narratif, ou en tout cas au niveau cinématographique.
Relativement irrité et déçu mais assurément impatient et enthousiasmé de découvrir à l’écran les deux derniers épisodes du plus célèbre des sorciers.

Yannick

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HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG MÊLÉ : sur notre faim - Critique
Titre original : Harry Potter and the Half-Blood Prince
Réalisation : David Yates
Scénario : Steve Kloves
Acteurs principaux : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson
Date de sortie : 15 juillet 2009
Durée : 2h32min
2.5Note finale
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Dric
Invité

J’ai été assez déçu par le scénario, qui met en avant des trucs pas forcément intéressants du livre tout en zappant la scène finale qui aurait pourtant rendu très bien à l’écran.

Pour ma part j’ai détesté le manque de couleurs, surtout lors des amourettes des héros ou la teinte sombre est complètement en décalage avec le scénario.

Val'
Invité

Moi en revanche j’ai adoré !
C’est certainement le film le plus beau avec Harry Potter et le prince d’Azkaban !
Donc ça à était un vrai choc pour moi.
Après ce qu’est niveau adaptation, je m’en fiche je préfère lire le livre après avoir vu le film. C’est plus logique dans mon sens sinon on est beaucoup trop déçu !

Caroline
Invité

Pour moi, cet épisode est plus une transition vers le point final de l’aventure…je l’ai trouvé mou…j’ai même failli m’endormir c’est pour dire….

Bref, j’attends la suite !

Arnaud
Invité
Arnaud

Hum, je serais encore plus sévère quant à ce film qui me semble le plus faible de la série. Pourtant, les deux navets de Chris Columbus mettaient déjà la barre assez bas.

Le plus gros défaut étant que ce film ne parle de rien, et qu’il évacue tout sens de la matière première qu’est le roman.

C’est même presque un exploit de la part de Steve Kloves d’avoir réussi à éviter rigoureusement les nombreux axes intéressants proposés par le roman.
Ce film aurait pu être le récit de la genèse de Lord Voldemort, mais non, 10 mn sur 2h30 et c’est fini. Pourtant dieu sait que le cinéma actuel raffole des récits de genèse!
Aucune mention de la manipulation de l’opinion publique par le pouvoir politique. Dommage…
Le film aurait aussi pu suivre la dynamique dialectique objectivité de Dumbledore/subjectivité de Harry opposant deux actions: récupérer le souvenir/obsession par les manigances de Malfoy.
Enfin, même s’il s’y essaie, ce film aurait pu se frotter aux intrigues amoureuses adolescentes, mais encore une fois il y échoue, évacuant toute dimension sociologique ou psychologique de l’affaire. Pourtant ce n’était pas trop compliqué, mais même les plus mauvais teen-movies ont une approche plus précise de ces stratégies amoureuses. (cf la popularité de Ginny, complètement absente, on n’a d’ailleurs pas l’impression d’être dans une école).

Bref un film sans fil conducteur, qui n’a d’autre choix que d’être ennuyeux et qui juxtapose les scènes brutalement et sans imagination (le montage est particulièrement atroce). Et ceci n’a pas grand chose à voir avec la fidélité ou non par rapport au livre. Reste en effet la photo, sans doute le seul aspect positif de ce film.