Aussi traditionnel qu’une grève des transports en commun, les studios Disney nous proposent leur traditionnel film d’animation pour les fêtes de fin d’année. Une fois encore, il s’agit d’une adaptation d’un conte, LA REINE DES NEIGES, de Hans Christian Andersen, ou Sneedronningen (à vos souhaits !) dans son danois d’origine en 1844. On se souviendra que le précédent conte d’Andersen adapté par la firme de Mickey avait été La Petite Sirène en 1990 et qu’il s’agit désormais d’un des films les plus appréciés du studio.

Le retour au conte après le vidéoludique Les Mondes de Ralph de 2012 pour ce 53ème “Grand Classique” n’est pas la seule réminiscence des aspects les plus classiques de la filmographie Disney : on revient à nouveau sur le terrain de la comédie musicale animée ! C’est d’autant plus évident quand l’on apprend que la plupart des chansons ont été composées par deux auteurs de Broadway, Robert Lopez et Kristen Anderson-Lopez, qui avaient déjà collaboré avec le studio pour des adaptations de leurs films. Si je ne suis pas un allergique au côté musical des films d’animation Disney (et voir même, pour certains classiques, assez client, je le confesse), ce retour au chant est assez perturbant au début du film : les chansons sont relativement longues et s’enchaînent un peu trop rapidement à mon goût, alors que cela redevient bien plus digeste une fois le premier tiers du long-métrage déroulé. C’est sans doute en mon sens la principale faute du film cette mauvaise pondération musicale.

Par ailleurs, dans son ensemble, LA REINE DES NEIGES est un film de très bonne facture. Si visuellement, les personnages héritent du character-design inauguré avec Raiponce, le travail visuel fait sur les décors et certains détails est assez exceptionnel : des vêtements colorés, un design du château de glace puis des jardins du palais d’Arendelle parfaitement étudiés… En ce qui concerne la performance technique, c’est du côté de la neige modélisée dans le film qu’il faut se tourner : plus de 300 modèles de flocons ont été créés pour l’occasion, les rendus ont été variés (glace, poudreuse, etc…) et la gestion des empreintes est cohérente. L’univers glacial du film gagne en réalisme et en immersion grandement (comparez aux différents L’Age de Glace pour voir !). Par ailleurs, les personnages sont bien mieux animés qu’à l’époque de Raiponce grâce à un procédé testé à l’occasion du joli court-métrage Paperman, qui précédait Les Mondes de Ralph en salles, où l’animation traditionnelle à la main est en quelque sorte numérisée à la manière de la performance capture pour de vrais acteurs. Comme souvent, c’est aux personnages secondaires que l’on s’attachera le plus grâce à leurs ressorts humoristiques avec en premier lieu Sven le renne, puis le facétieux bonhomme de neige Olaf, doublé en VF par un Dany Boon reconnaissable mais efficace.

“Sans doute pas le meilleur des Disney, mais il s’agit d’un long-métrage d’animation qui a su allier la patte classique du studio à la modernité de ses nouveaux procédés techniques.”

Enfin, si j’ai décrit jusqu’à présent LA REINE DES NEIGES comme étant un film usant des ressorts assez classiques de la méthode Disney (bons sentiments compris), il recèle tout de même quelques éléments relativement originaux. Le scénario reprend au final peu d’éléments du conte d’origine où il s’agissait pour une jeune fille d’aller libérer un petit garçon prisonnier dans le château de la Reine des Neiges, et laisse place à une histoire, non pas vraiment de prince charmant pour une fois, mais d’amour sororal principalement. De même, la construction de l’histoire laisse parfois place à des surprises assez inattendues, chose assez inhabituelle pour ces films d’animation généralement convenus scénaristiquement. On pourra saluer pour cela la scénariste des Mondes de Ralph, Jennifer Lee, qui co-réalise également le film au côté de Chris Buck (réalisateur de Tarzan, avec l’insupportable omniprésence de Phil Collins dans la B.O.).

Photo du film LA REINE DES NEIGES

LA REINE DES NEIGES n’est sans doute pas le meilleur des Disney mais il s’agit d’un long-métrage d’animation qui a su allier la patte classique du studio à la modernité de ses nouveaux procédés techniques. A l’exception des chansons trop présentes au départ, on peut considérer LA REINE DES NEIGES comme le film de “l’appropriation” des techniques d’animation modernes au service des histoires enfantines et de la tradition de comédie musicale animée qui sont les marques de fabrique historique du studio.

Pour finir, je ne résiste pas à l’envie de partager l’anecdote qui m’a fait sourire en apprenant un certain sens de l’à-propos du casting voix VF : le doubleur du vieux duc cupide du film est interprété par Bernard Alane, acteur habitué aux scènes de théâtre et au doublage, mais qui a également joué au cinéma… le rôle de l’hiberné dans le film Hibernatus.

Éric

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Toujours aucune commentaire? et bien je commencerai en affirmant que la critique et juste et que le rappel des traditions de Disney qui ont bercé notre enfance était la bienvenue. J’ai beaucoup apprécié le film, bien que se ne soit certes pas le meilleurs du studio. toutefois je voudrais ajouter une remarque : la musique “libéré, délivré” ( “let it go” en anglais) reste pour moi l’une des principale réussite du film, et passe en tête de mes musique Disney préféré.

kara
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Toujours aucune commentaire? et bien je commencerai en affirmant que la critique et juste et que le rappel des traditions de Disney qui ont bercé notre enfance était la bienvenue. J’ai beaucoup apprécié le film, bien que se ne soit certes pas le meilleurs du studio. toutefois je voudrais ajouter une remarque : la musique “libéré, délivré” ( “let it go” en anglais) reste pour moi l’une des principale réussite du film, et passe en tête de mes musique Disney préféré.

[CRITIQUE] LA REINE DES NEIGES

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