Présenté en avant première en France lors du Champs-Elysées Film Festival (du 10 au 16 juin), THE ROAD WITHIN porte son regard sur les maladies mentales, et principalement sur le syndrome de Gilles de la Tourette. Une maladie provocant en majorité des tics et plus rarement des obscénités incontrôlables. Un sujet osé pour la réalisatrice . Cette dernière fait preuve avec son premier film de maîtrise et convainc amplement dans son traitement et sa capacité à émouvoir. Un film très personnel pour la jeune femme qui soufra dans sa jeunesse d’anorexie et de boulimie, et dû faire face à la dépression de sa mère. Une série d’éléments intégrés également dans son film. Un contexte difficile donc, mais qui ne rend pas pour autant THE ROAD WITHIN déprimant, au contraire. Gren Wells nous fait voyager avec humour et émotion au cœur d’un monde surprenant, et nous offre un joli road movie chez les freaks !

Vincent () est atteint du syndrome de la Tourette. Il vient de perdre sa mère et se retrouve ainsi face à son père avec qui il est en froid depuis quelques temps. Ce dernier craignant que son fils vienne compromettre sa carrière politique, il envoie Vincent dans une clinique spécialisée. Sur place, le jeune homme fait la connaissance de Marie (), une jeune anorexique dont il tombe amoureux. Ensemble, ils décident de s’enfuir, entraînant malgré eux Alex (), le colocataire de Vincent, qui souffre de TOC. Le trio s’embarque alors dans un voyage inoubliable, dont le but est de répandre les cendres de la mère de Vincent dans l’océan.

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Comme elle l’expliquait lors d’un Q&A, une séance de questions-réponses, organisé après la présentation de son film au cinéma Le Balzac mercredi 10 juin, habituellement, les films traitant de la maladie du syndrome de la Tourette tombent « dans la moquerie ou le drame pesant. ». Avec THE ROAD WITHIN, Gren Wells ne cherche pas à nous informer sur la maladie, sur son origine ou sur les traitements possible, mais nous plonge dans le simple quotidien de trois patients. Trois jeunes qui doivent faire face à leur condition, leur maladie et le rapport à l’autre que cela inclut. C’est alors l’évolution des rapports entre les personnages qui devient essentiel. Un groupe étonnant formé de Vincent, atteint du syndrome de la Tourette, de Marie, anorexique, et d’Alex, qui souffre de TOC. Si leur cohabitation s’avère chaotique dans un premier, une solidarité touchante se met ensuite en place. On ressent d’ailleurs à l’écran une complicité particulière entre les trois excellents acteurs qui les interprètent. Robert Sheehan, découvert dans la série britannique Misfits, est toujours aussi incroyable et fascinant. Dev Patel faire preuve de beaucoup de profondeur et nous révèle des émotions peu vues chez lui jusque là, malgré ses nombreux bons rôles – à la télévision dans Skins, et Newsroom, au cinéma dans Slumdog Millionaire et Chappie). Enfin Zoë Kravitz semble avoir franchi un cap cette année. Capable de tenir tête à Ethan Hawke ou Tom Hardy (Good Kill et Mad Max Fury Road), elle se voit confier ici un rôle extrême et dur. La jeune fille, qui tout au long du film semble détachée de tout, cachant ainsi une réalité dramatique, crève l’écran.

« Un joli road movie chez les freaks ! »

Malgré tout THE ROAD WITHIN a ces légers défauts d’un premier film. Il est dommage avec ce sujet de voir Gren Wells tomber dans de légers clichés, mettant les personnages secondaires dans des cases parfois trop évidentes. Cependant la réalisatrice parvient à capter des moments magiques. Plaçant le cadre de sa caméra de manière toujours judicieuse pour offrir quelque plans et séquences sublimes. Wells ne se laisse pas non plus écraser par son sujet et parvient à faire rire de manière intelligente. Car l’humour vient des personnages eux même. Chacun ayant conscience de sa condition et de celle des autres, ils savent faire preuve d’autodérision. Un atout comique génial qui ne tombe jamais dans la moquerie. THE ROAD WITHIN alterne ainsi avec aisance entre comédie et drame, et provoque une forte empathie pour des personnages sympathiques constamment dans la souffrance. Gren Wells témoigne d’une vie difficile, parfois triste, mais tout de même pleine d’espoir.

THE ROAD WITHIN est présenté en compétition au Champs-Élysées film Festival édition 2015.

INFORMATIONS

The road within


– Q&A avec la réalisatrice Gren Wells
– CEFF 2015 : ATMOSPHÈRES URBAINES : DETROIT
– CEFF 2015 : IMAGINAIRES AMERICAINS : DESERT
– CEFF 2015 : RETROSPECTIVE FRIEDKIN
– CEFF 2015 : SÉLECTION EMILIE DEQUENNE
– CEFF 2015 : la programmation
– CEFF 2015 : les films en compétition

 
Titre original :
Réalisation : Gren Wells
Scénario : Gren Wells
Acteurs principaux : Robert Sheehan, Dev Patel, Zoë Kravitz
Pays d’origine : U.S.A
Sortie : prochainement
Durée : 1h40
Distributeur : –
Synopsis : Vincent est atteint du syndrome de la Tourette. Il vient de perdre sa mère et se retrouve ainsi face à son père avec qui il est en froid depuis quelques temps. Ce dernier craignant que son fils vienne compromettre sa carrière politique, il envoie Vincent dans une clinique spécialisée. Sur place, le jeune homme fait la connaissance de Marie, une jeune anorexique dont il tombe amoureux. Ensemble, ils décident de s’enfuir, entraînant malgré eux Alex, le colocataire de Vincent, qui souffre de TOC. Le trio s’embarque alors dans un voyage inoubliable, dont le but est de répandre les cendres de la mère de Vincent dans l’océan.

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