MA VIE DE CHAT exploite un postulat pas franchement original – celui de la transformation d’un personnage orgueilleux en cet animal symbolisant le mieux son défaut d’orgueil.

Un postulat que l’on retrouve dans un nombre conséquent de films d’animation Disney, de Pinocchio à Kuzco en passant par La Belle et la Bête… On pourrait même presque dire que quasiment tous les longs métrages d’animation Disney développent une variation de ce motif pour accompagner l’initiation, ou plus généralement le passage à l’âge adulte, du protagoniste. Cendrillon ou Ariel se transforment en leur fantasme, Mulan se transforme en homme, Arthur « se » transforme pour apprendre le fonctionnement du monde, le monde lui-même se transforme dans Mary Poppins, de même que dans Volt… Ces variations introduisant une portée plus ou moins positive, merveilleuse, revendicatrice, cathartique, ou même pédagogique – toujours porteuse d’une morale sur la prise de recul vis à vis de son propre orgueil. Puis pour aller plus loin encore, ce motif de la transformation d’un personnage méprisable (on pense à Tony Stark là) ou insignifiant (et ici, à Steve Rogers) peut être à l’inverse, prétexte au développement de la figure super-héroïque, autre facette du récit initiatique.

Le but étant toujours et encore, de permettre à un protagoniste d’évoluer intérieurement à travers une transformation extérieure.

Photo du film MA VIE DE CHAT

Les archétypes du récit initiatique en une image : le protagoniste (Kevin Spacey), son objectif (ici : l’amour de ses proches), le catalyseur (Christopher Walken) et l’épreuve (devenir un chat)

BREF. Ce motif est donc ce que l’on pourrait appeler… Quelque chose de très commun. De trop commun ? C’est en tous cas le premier sentiment ressortant de MA VIE DE CHAT : commun.

Ou plutôt : il n’y a dans le film, absolument rien d’original. Ni les personnages archétypes, ni leurs interactions, ni la (transparente) mise en scène de Barry Sonnenfeld (Men in Black), ni le développement de l’intrigue, ni même l’humour, RIEN. Et ce n’est pas la présence de l’officielle plus-value du film, Kevin Spacey, qui empêchera le film de se noyer sous le déluge de lieux communs prévu par son programme – même si son aura de Frank Underwood (House of Cards) sert évidemment à renforcer son personnage-archétype de business shark.

ET POURTANT…
Nous essayons du mieux possible, de nous placer à hauteur du public-cible (on va dire les 5-13 ans).
Nous essayons d’imaginer au mieux comment pourrait être perçu une oeuvre telle que MA VIE DE CHAT, sans être comparée à toute la conscience culturelle collective du récit initiatique, bien plus ancrée que les seuls films blockbusters & films d’animation Disney qu’elle a tant nourris.
Nous essayons de l’imaginer contextualisée dans un univers juvénile où youtube et lolcats tiennent une place prépondérante. Il y a alors peut-être bien l’occasion de générer artificiellement quelques émotions. Artificiellement, car rien de réel dans ce chat numérique parodiant des cartoons, ou dans cet ersatz de famille recomposée… Mais un rire par ci, un « meooooow » par là, une empathie qui naît et au final un résultat aussi commun qu’efficacement mené.

« Rien de nouveau, mais rien à rejeter en bloc non plus. C’est déjà ça. »

Si l’on pourra évidemment pester contre le modèle ultra-patriarcal qu’adopte le film, ou la persistance d’Hollywood à tenter de nous dépeindre des problématiques et personnages résolument ancrés dans leur antipathique univers bourgeois (encore ces New Yorkais, après Comme des bêtes)… La morale finit tout de même par passer, au burin : NOSCE TE IPSUM. « connais-toi toi-même » – et ainsi tu comprendras ton importance au sein de ta propre famille. Rien de nouveau, mais rien à rejeter en bloc non plus. C’est déjà ça.

Georgeslechameau
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