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La parodie horrifique n’a pas attendu Scary Movie. Curiosité bien connue des amateurs de VHS, L’Exorciste en folie mêle le chef-d’œuvre de Friedkin aux comédies potaches avec Leslie Nielsen. Or, malgré ce concept bancal, le film de Bob Logan demeure une sympathique curiosité du début des années 90.
Une énième parodie horrifique qui échoue au cinéma
Au cinéma, la parodie a toujours existé et le genre horrifique a connu foison de satires et de pastiches. Et ce, bien avant Scary Movie en 2000, référence contemporaine du genre. En 1948, le duo comique Abbott et Costello s’y risquait déjà dans Deux Nigauds contre Frankenstein. Toutefois, l’exercice va devenir beaucoup plus populaire à compter des années 70 et du Frankenstein Junior de Mel Brooks, avant d’exploser en même temps que le sous-genre du slasher. Sur le modèle des Halloween et autres Vendredi 13, on recense ainsi Samedi 14 et Student Bodies en 1981, ou encore Wacko en 1982.
Sorti en 1990, L’Exorciste en folie arrive malheureusement avec un train de retard. En effet, s’il anticipe la fin de l’âge d’or du slasher, l’objet qu’il parodie, L’Exorciste de William Friedkin, a déjà presque vingt ans. De même, sa vedette, Leslie Nielsen, commence tout juste à devenir ringard, après une décennie de règne sur la comédie américaine. Le box-office ne s’y trompera pas. Malgré une campagne marketing monstrueuse aux États-Unis, L’Exorciste en folie ne rencontrera pas le succès escompté en salles. Mais c’était sans compter sur le marché de la vidéo, alors en plein essor.
N’y aurait-il pas un exorciste pour sauver le monde ?
Également réalisateur sur L’Exorciste en folie, le producteur Bob Logan a appris à imiter le style absurde et ancré dans la pop-culture de David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker (les « ZAZ »), trio qui a permis l’ascension de Nielsen dès Y a-t-il un pilote dans l’avion ? en 1980. Une logique d’exploitation qui séduit davantage le public des vidéo-clubs, sensible aux repères déjà connus et familiers. La jaquette conçue pour la VHS, qui imite honteusement l’affiche de Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?, autre film des ZAZ avec Leslie Nielsen, répond parfaitement au cahier des charges du support vidéo.

En plus de Nielsen, Logan a une autre corde à son arc. Et de taille. Après avoir tourné pour le réalisateur dans Up Your Alley en 1989, Linda Blair herself accepte de reprendre son rôle de possédée, dix-sept ans après L’Exorciste de Friedkin. Devenue vedette de la série B, l’actrice s’avère, de même, un excellent argument de vidéo-club. L’Exorciste en folie avait donc tout pour fonctionner sur ce second segment. Sorti uniquement en vidéo en France, il connaîtra même une deuxième exploitation, ressorti sous le titre Y a-t-il un exorciste pour sauver le monde ? (Nielsen oblige).
Curiosité sympathique
Loin d’être devenu un classique culte pour autant, L’Exorciste en folie détient tout de même une petite réputation de comédie familiale un brin étrange. En effet, le style Nielsen et ZAZ détonne aux côtés des éléments horrifiques du film, rendus d’autant plus incongrus par la qualité toute relative du maquillage de Linda Blair. De plus, si certains gags font mouche, Logan ne maîtrise pas son tempo comique comme les Zucker et Abrahams. Il en résulte un rythme assez plat et une intrigue qui tire en longueur, malgré la courte durée du film. En effet, à trop vouloir miser sur l’absurde, le scénario se perd en incohérences.
Néanmoins, si L’Exorciste en folie a su marquer les adeptes de la VHS, c’est certainement pour son audace teintée d’opportunisme, et pour sa critique adressée aux médias télévisés de l’époque. Le film se pare effectivement d’une caricature du couple de télévangélistes stars Tammy Faye et Jim Bakker, adeptes du grand spectacle et avides d’audience. Vraie bonne idée, l’exorcisme se retrouve au centre d’une émission, sponsorisée par différentes marques, où tout un cirque se presse au chevet de la pauvre Linda Blair. Étrange, incohérent, mais doté de quelques coups d’éclat, le film de Bob Logan se distingue ainsi comme l’une de ces curiosités sympathiques dont on est ravis d’exhumer le souvenir.
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