Dune et Avengers le même jour, un favori espagnol aux Oscars, le blockbuster sud-coréen le plus cher de l’histoire : la fin d’année cinéma ne manque ni de promesses ni de paris.
Déjà l’automne s’est installé, et le rideau s’apprête à se tirer sur 2026. Mais si la fin de l’année approche, ce dernier trimestre a plus d’un tour dans sa poche, et regorge de nouveautés cinématographiques. Car l’automne marque le coup d’envoi des différentes courses aux Oscars, Césars, et autres cérémonies. En d’autres termes, les films qui pensent avoir leurs chances dans ces couronnements annuels ont tout intérêt à sortir entre septembre et décembre. Ni trop tôt, pour ne pas sortir de l’esprit des votants, ni trop tard, au risque de ne pas avoir été visionnés par les intéressés.
Ce qui ne veut pas dire que les films sortis plus tôt ont moins d’intérêt, au contraire. L’année dernière, Sinners de Ryan Coogler avait raflé un record de 16 nominations, en dépit de sa sortie en avril. Toutefois, le dernier trimestre reste un bon indicateur de potentiels lauréats futurs, et surtout, de possibles excellents films pour clôturer l’année en beauté. En ce sens, on a dressé une liste (non exhaustive, cela va sans dire) des quinze sorties cinéma que l’on attend avec impatience dans les semaines à venir. De quoi trouver chaleur, adrénaline et émotions pour affronter le mauvais temps à venir !
Octobre : Les Misérables, Minotaure et le grand coup d’envoi
The Social Reckoning – Aaron Sorkin. Sortie le 7 octobre.
C’est la suite du déjà classique The Social Network, qu’avait signé David Fincher en 2010. Aaron Sorkin, qui en était alors le scénariste, passe derrière la caméra pour proposer de poursuivre l’examen de Fincher sur le monde de la tech au prisme d’un scandale qui a ébranlé Facebook en 2021.
Les Misérables – Fred Cavayé. Sortie le 14 octobre.
On pourrait se plaindre d’une énième adaptation du classique de Victor Hugo. Mais après une flopée de réécritures anglo-saxonnes, il était peut-être temps que la France se réapproprie le récit de Jean Valjean. Surfant sur la vague de succès des films historiques français à gros budget (on pense notamment au Comte de Monte-Cristo ou aux Trois Mousquetaires, qui partagent avec Les Misérables le même producteur, Cédric Iland), Fred Cavayé propose sa propre interprétation du roman d’Hugo, portée par un casting cinq étoiles (Camille Cottin, Vincent Lindon, Tahar Rahim, Noémie Merlant, Vassili Schneider…).
Minotaure – Andreï Zviaguintsev. Sortie le 14 octobre.
Depuis quelques semaines, on sait que Minotaure représentera la France aux Oscars. Cette coproduction française, repartie de Cannes avec le Grand Prix, revisite le pitch de La Femme infidèle de Claude Chabrol en le transposant à la Russie de 2022, dans les premiers temps de la guerre contre l’Ukraine. Zviaguintsev parvient avec génie à parler de l’état de son pays natal à travers son personnage principal, Gleb, dans un génial jeu d’écho entre microcosme et macrocosme.
Le Corset – Louis Clichy. Sortie le 14 octobre.
De Cannes à Annecy, en passant par Toronto et une flopée d’autres festivals, Louis Clichy peut se vanter de faire l’unanimité avec son film d’animation Le Corset, qui ne tardera pas à conquérir l’ensemble de la France à sa sortie. Armé de ses pinceaux et de son aquarelle, Louis Clichy illustre tout en beauté l’histoire du jeune Christophe, fils d’agriculteur forcé à se réinventer après qu’une déformation de la colonne vertébrale l’oblige à porter un corset. Simple mais original, Le Corset marque le retour à un cinéma d’animation résolument humain, de sa création à son propos.
La Gradiva – Marine Atlan. Sortie le 21 octobre.
Pour son premier long-métrage en tant que réalisatrice, la chef-opératrice Marine Atlan (à qui l’on doit la photographie du Ravissement, des Reines du drame ou de L’Engloutie, entre autres) a décidé de mettre en scène un voyage scolaire de lycéens à Naples, à la veille des résultats de Parcoursup. Aussi immersive qu’onirique, La Gradiva est une impressionnante ode à la jeunesse, tout imparfaite soit-elle. Le film s’impose déjà comme un classique du « teen movie » version Gen Z, et a été couronné du Grand Prix AMI Paris à la Semaine de la Critique cannoise.
Le Fantôme de l’Opéra – Alexandre Castagnetti. Sortie le 28 octobre.
Autre production portant le tampon de Cédric Iland (qu’on avait évoqué plus haut au sujet des Misérables), Le Fantôme de l’Opéra réunit Deva Cassel et Romain Duris pour donner vie à la tragique histoire d’amour de Gaston Leroux. Et comme on l’a dit avec Les Misérables, il était temps de porter un regard cinématographique francophone sur ce grand classique !
Hope – Na Hong-jin. Sortie le 28 octobre.
Depuis sa sélection à Cannes, Hope fait beaucoup jaser. Film sud-coréen le plus cher jamais produit, film de genre en compétition officielle, effets spéciaux douteux, travail de décors exceptionnel… Tout et son contraire a été dit sur ce blockbuster exaltant, qui prend la forme d’une enquête autour d’un mystère, mais s’impose lui-même comme un mystère, un véritable ovni de cinéma. Chacun se fera son avis à sa sortie, mais ce qui est sûr, c’est qu’on n’a pas fini de parler et d’entendre parler de Hope.
Novembre : les lauriers de Cannes et de Venise débarquent
Wild Horse Nine – Martin McDonagh. Sortie le 4 novembre.
Reparti de Venise avec le prix d’interprétation masculine, John Malkovich est à l’affiche de ce thriller déjanté si emblématique de la filmographie de McDonagh. Le réalisateur des Banshees d’Inisherin et de Bienvenue à Bruges suit ici le périple de deux agents de la CIA (Malkovich et Sam Rockwell) envoyés sur l’île de Pâques peu avant le coup d’État chilien de 1973.
Club Kid – Jordan Firstman. Sortie le 4 novembre.
Avec Club Kid, Jordan Firstman s’inscrit directement dans la lignée de Sean Baker (Anora, The Florida Project)… et n’a pas grand-chose à envier à son prédécesseur. Pour son premier long-métrage, l’acteur de la série I Love LA plante sa caméra dans le monde de la nuit new-yorkais pour raconter avec une grande sensibilité l’histoire d’un trentenaire accro à la fête et à toutes ses substances, qui se retrouve un beau jour avec un préado à sa charge. Drôle et émouvant, Club Kid témoigne de la naissance d’un grand cinéaste.
Les Braves – Lukas Dhont. Sortie le 18 novembre.
Et en parlant de grand cinéaste… Lukas Dhont a le même âge que Firstman, mais déjà quelques films à son actif (Close, Girl) qui ont suffi à lui donner un tel titre. Son nouveau long-métrage, Les Braves, a valu à ses jeunes acteurs d’être co-couronnés du prix d’interprétation masculine à Cannes. Mais on retient surtout un prix cannois plus discret : celui du Cinéma Positif. Car la grande originalité des Braves est de raconter l’insoutenable réalité des tranchées sans jamais céder au pessimisme. En ressort un beau film sur le pouvoir de l’amour, mais aussi et surtout de l’art, face aux pires chapitres de l’histoire.
Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson – Francis Lawrence. Sortie le 18 novembre.
Sixième opus de la saga dystopique, Lever de soleil sur la moisson met en scène les Hunger Games auxquels Haymitch Abernathy, fidèle mentor de Katniss, avait participé vingt-quatre ans plus tôt. À l’occasion de cette sortie, la saga intégrale ressort sur grand écran depuis le début du mois d’octobre.
Décembre : Dune et Avengers, le duel du 16
Wildwood – Travis Knight. Sortie le 9 décembre.
C’est le grand retour des mythiques studios Laika, qui avaient donné vie à Coraline et Kubo et l’Armure magique. Wildwood est un film d’animation en stop-motion, qui suit la quête d’une jeune fille à la recherche de son petit frère à travers une forêt enchantée. Wildwood promet d’être un récit merveilleux, qui tombe à pic pour les préparatifs des fêtes de fin d’année.
La Bola Negra – Javier Ambrossi, Javier Calvo. Sortie le 16 décembre.
On en parle déjà comme l’un des grands favoris des Oscars. Et pourtant, c’est un film espagnol… La Bola Negra sera-t-il le prochain Parasite ? En tout cas, rares sont les films internationaux déclenchant autant d’engouement autour du globe. Il faut dire que sa réception a été plus qu’élogieuse à Cannes, où le duo de réalisateurs, Javier Ambrossi et Javier Calvo (surnommés « Los Javis »), ont reçu le Prix de la mise en scène. Fresque épique et romantique sur trois hommes homosexuels en 1932, 1937 et 2017, La Bola Negra tisse son récit autour d’un manuscrit inachevé de Federico García Lorca. Un véritable chef-d’œuvre de poésie comme on en a rarement vu.
Dune : Troisième partie – Denis Villeneuve. Sortie le 16 décembre.
Première partie du phénomène baptisé « Dunesday », Dune : Troisième partie est aussi attendu que le Lisan al-Gaib sur Arrakis. Troisième et dernier opus signé Denis Villeneuve, il adapte librement le roman Le Messie de Dune de Frank Herbert. Après avoir lancé une guerre intergalactique, Paul Atreides est à présent Empereur. Mais cette victoire ne se fait pas sans une flopée d’ennemis qui menacent le règne de celui que les Fremen voient comme un prophète.
Avengers : Doomsday – Joe Russo, Anthony Russo. Sortie le 16 décembre.
Et on finit avec la seconde partie de « Dunesday ». Le nouvel Avengers réunit les super-héros Marvel pour la première fois depuis les événements d’Avengers : Endgame, sorti il y a sept ans maintenant. Il devrait lancer une nouvelle vague d’Avengers, unis à certains anciens face à la menace intergalactique du mystérieux Docteur Doom.
Ne pas fermer les yeux – Tribune
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