Chaque semaine retrouvez notre sélection réduite des nouvelles sorties cinéma. Le coup de cœur attendu, le raté à éviter ou encore la petite surprise à ne pas manquer, on fait le tri !
Pour voir l’ensemble des films sortis : notre mensuel.

 

THE ASSASSIN de Hou Hsia Hsien : « Du génie ! » ★★★★

THE ASSASSIN utilise tous les ingrédients propres au Wu Xia Pian – décors riches, grandioses et fastes, costumes colorés typiques, environnements naturels variés, combats « aériens »…  Mais la différence est la façon de filmer de Hou Hsia Hsien. Le réalisateur impose un rythme ultra-hypnotique où la caméra n’accompagne pas l’action mais au contraire, prend de la distance et se fige. Loin de donner au film un aspect froid, cela lui confère une aura envoûtante singulière. Hou Hsiao Hsien pose sa caméra et nous propose d’observer un long moment les moindres détails de chaque environnement, lieu, personnages, de nous en imprégner. Le réalisateur parvient à donner une véritable puissance émotionnelle à chaque instant. On touche presque au miracle. Du génie !

La critique complète de Georgeslechameau

The Assassin - Hou Hsiao Hsien (2)

 

ROOM de Lenny Abrahamson : « Gorge serrée et larmes aux yeux » ★★★★

L’intelligence de Lenny Abrahamson (et celle d’Emma Donoghue évidemment) est d’avoir scindé ROOM en deux parties. Abrahamson reste dans le présent et avance. Il évite, dans le montage, de passer d’une période à une autre. Et après nous avoir enfermé une heure durant dans ce cabanon, il nous en sort, filme tout en tension l’échappée attendue, et repart pour une deuxième heure dans un autre lieu d’enfermement. Où la question de « l’après » devient essentielle, autant pour Jack, qui découvre un monde infini au sein même de la maison de ses grands-parents où il doit rester, que pour Joy qui peine à se reconstruire. Brie Larson, déjà brillante dans States of Grace (2013) de Destin Cretton et tout juste récompensée de l’Oscar de la meilleure actrice réalise une prestation de haut vol. Naturelle et fascinante de vérité dans chacun de ses regards, elle provoque une empathie forte. ROOM nous laisse la gorge serrée et les larmes aux yeux. Une merveille qui marque au plus profond de nous !

La critique complète de Pierre Siclier

image du film ROOM

 

DIVERGENTE 3 de Robert Schwentke : « Une saga qui restera sans intérêt » ★☆☆☆

Bien que ce nouveau DIVERGENTE s’avère moins pire que le précédent, on notera une série d’effets visuels d’une vraie laideur (car très visibles), et une facilité déconcertante à supprimer et à mettre de côté les personnages secondaires fondus dans le décor. On reste tristement marqué par la direction artistique d’ensemble. Quelques belles trouvailles – le paysage de désert post apocalyptique, mélange de rouge, jaune et orange tel une peinture, qui offre de beaux plans d’ensemble – ne suffisent pas. On apprécie au moins de DIVERGENTE 3 qu’il soit plus simple, plus direct et qu’il annonce la fin proche d’une saga qui restera sans intérêt.

La critique complète de Pierre Siclier

photo DIVERGENTE 3

 

A (re)découvrir – YOJIMBO (1961) d’Akira Kurosawa : « Le fameux sens visuel de Kurosawa » ★★★★

Avec YOJIMBO, Akira Kurosawa balance une petite bombe dans le genre du film de sabre en faisant de son héros un personnage opportuniste et manipulateur, dont la ligne morale n’est pas dictée par les habituels codes d’honneur et de loyauté, mais plutôt par son appréciation très personnelle des choses. Un héros évoluant en dehors de tout manichéisme, pour qui les notions de vie ou de mort riment avec la question :« quel intérêt pour moi ? ». Le fameux sens visuel de Kurosawa fait encore une fois des merveilles. La mise en image de ce village huis-clos est ainsi pensée de manière très symétrique. Une symétrie très évocatrice, opposant deux entités également corrompues, tout comme elle place le Yojimbo au centre, comme seul indicateur moral et instigateur des enjeux.

La critique complète de Georgeslechameau

Yojimbo (4)