Chaque été depuis 2023, un cinéma de Dompierre-sur-Besbre se transforme en quartier général pour les passionné·es d’horreur. Le Stabathon, marathon de films de genre imaginé par Mylène Da Silva de la chaîne YouTube Welcome To Primetime BITCH ! et coorganisé avec Michaël Baudry, directeur du Cinéma René Fallet, revient pour une quatrième édition particulièrement ambitieuse. Le Blog Du Cinéma, partenaire du festival depuis ses débuts, est fier de vous en faire la présentation.
Une pyjama party ensanglantée et féministe
Cette année, le Stabathon se drape dans les codes de la pyjama party (tenues douillettes, ambiance sororité, esthétique résolument « girly ») mais pour mieux les retourner. La thématique centrale de cette édition 2026 est la place des femmes dans le slasher : devant la caméra bien sûr, en tant que final girls, scream queens ou membres de sororités décimées, mais aussi et surtout derrière, en tant que réalisatrices, scénaristes et productrices. C’est là que le festival révèle sa vraie nature : ce n’est pas un simple marathon de films de peur, c’est un événement qui prend le genre au sérieux et lui donne de la profondeur.
Le cœur de la programmation, c’est la franchise des Slumber Party Massacre – une saga qui a de quoi surprendre. Dès 1982, Amy Holden Jones réalise le premier opus d’après un scénario de la militante féministe Rita Mae Brown, faisant de ce slasher série B le tout premier du genre écrit et réalisé par des femmes. Le deuxième opus est signé Deborah Brock, le troisième Sally Mattison, et le remake de 2021 Danishka Esterhazy, une cohérence éditoriale rare dans l’histoire du cinéma d’exploitation. Voir les quatre films en une nuit, c’est traverser quarante ans de regard féminin sur un genre qu’on a longtemps cru masculin par essence.
Autour de ce noyau gravitent d’autres franchises tout aussi intéressantes. Les Sorority House Massacre, spin-off direct des Slumber Party produits dans l’écurie de Roger Corman, forment avec eux une « Massacre Collection » dont la particularité est d’avoir été majoritairement réalisée par des femmes. À leurs côtés, Happy Birthdead de Christopher Landon – les deux premiers opus – offre une relecture hybride et jubilatoire du slasher, croisant la figure de la final girl avec celle du film à boucle temporelle façon Un jour sans fin. Un vent de renouveau pour le genre, et un vrai plaisir de salle.
Un programme qui dépasse le simple marathon
Ce qui distingue le Stabathon d’une simple séance nocturne, c’est tout ce qui vient entourer les projections. Le festival s’ouvre dès le vendredi 10 juillet avec The Craft d’Andrew Fleming (1996), film de sorcières adolescentes qui pose la thématique de la sororité avec un brio pop, suivi de The House on Sorority Row (1983) et Sorority Row (2009), puis des deux Happy Birthdead jusqu’après minuit. Le samedi 11 juillet, la journée commence par une table ronde intitulée « Women of Slasher : sororité, final girls et scream queens », réunissant des voix incontournables de la cinéphilie de genre : Marie Casabonne (co-autrice de Slashers : attention ça va couper…), Emma Fontaine du podcast Grim Girls, Damien Granger, ex-rédacteur en chef de Mad Movies, Very Nasty Stories (culture queer dans le cinéma d’exploitation) – et Mylène Da Silva elle-même. Notre rédactrice Lilyy Nelson, également membre du podcast Jumpscare, participera aux présentations de plusieurs films tout au long du week-end.
Après la table ronde, place à Jawbreaker de Darren Stein (1999), teen movie camp et cinglant qui fait un clin d’œil à la programmation de l’édition précédente, puis à un film surprise dont l’identité n’est pas encore dévoilée. La nuit du samedi au dimanche enchaîne ensuite les quatre Slumber Party Massacre et les deux Sorority House Massacre jusqu’au petit matin – avec des croissants à l’aube pour les survivant·es.
Entre les projections, le festival propose des blind tests, des quiz, des animations et une braderie d’affiches. Des stands occupent le lieu tout le week-end : artisanat horrifique avec Les Mignonstres et Nocturnal Stitchcraft, vitrail pop culture avec Gentille, tatouage avec Oz Stifler, upcycling avec Insolente Upcycling, popcorns artisanaux avec Popcornarium, et une sélection de livres proposée par la librairie Le Moulin aux Lettres de Moulins-sur-Allier. Un concert de Thomas HB – blues, ballades sombres et grunge – est prévu le vendredi soir sur la terrasse du café associatif Le Caquetoire.
Stabathon, un festival qui fait quelque chose de bien
Il y a dans le Stabathon quelque chose qui va au-delà de l’amour du genre. Mylène Da Silva a grandi à Dompierre-sur-Besbre, et c’est au Cinéma René Fallet que son goût pour les films (et pour les slashers en particulier) s’est construit. Organiser le festival là où tout a commencé, c’est aussi une façon de faire vivre un cinéma de ville moyenne, fragile économiquement comme tant d’autres en France, et de prouver que la cinéphilie de genre peut être un moteur de rayonnement culturel en région.
C’est pour ça que le Stabathon mérite qu’on en parle, et qu’on y va. Non pas seulement parce que la programmation est solide et la thématique pertinente, mais parce que l’événement est construit avec soin, par des gens qui aiment vraiment ce qu’ils font. La billetterie est ouverte sur www.stabathon.fr – pass week-end à 46 €, pass vendredi à 25 €, pass samedi/dimanche à 35 €, entrée à l’unité à 7,20 € (tarif réduit : 6 €). La salle n’accueille que 130 personnes, et ça se remplira !
Le Stabathon Pyjama Party se tient du vendredi 10 au dimanche 12 juillet 2026 au Cinéma René Fallet, Route de Vichy, 03290 Dompierre-sur-Besbre. Le Blog du Cinéma est partenaire du festival pour la troisième année consécutive. Toutes les infos et la billetterie sur www.stabathon.fr.
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