Crédits : David Koskas

MAKING OF, les drames ne sont-ils que des divertissements ? – Analyse


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Dans son huitième long-métrage, MAKING OF, Cédric Kahn examine, à travers un drame comique, le travail derrière la “magie” du cinéma. Simon (Denis Podalydès) dirige son dernier long-métrage, inspiré d’une histoire d’ouvriers industriels en grève, lorsqu’il découvre que son producteur a transmis aux investisseurs une version du scénario différente de celle qu’il souhaite utiliser. Peu satisfaits de la défaite écrasante des ouvriers prévue par le scénario final, les investisseurs menacent de retirer un million d’euros, à moins que Simon ne fasse de compromis. Il refuse, le chaos s’ensuit.

Joseph (Stephan Crepon), un jeune figurant du village et réalisateur aspirant, filme tous ces drames pour le “making of” du long-métrage de Simon. Pendant que les tensions montent entre l’arrogante star Alain, joué par le comique Jonathan Cohen, et sa co-star Nadia (Souheila Yacoub), Simon réalise que le manque d’argent du film a fait de lui l’avare patron d’usine de son propre long métrage. Quand la recherche de financement devient de plus en plus désespérée, Simon se demande si le meilleur film ne serait pas, plutôt que le long-métrage, celui que Joseph a réalisé pour son “making of”.

MAKING OF entraîne le spectateur dans trois récits imbriqués, empilés les uns dans les autres comme des poupées russes. Le film évolue de manière transparente entre les plans cinématographiques du long métrage en réalisation, les images des coulisses capturées par Joseph, et le drame qui se déroule hors caméra, floutant intelligemment la distinction entre drames réels et drames joués. Les querelles autour du jeu d’acteur “authentique” et de la valeur marchande des histoires vraies font avancer le récit, toutes atteignant leur climax lorsque l’équipe du film avoue qu’elle n’a plus d’argent pour payer les acteurs et le personnel. Joseph filme la révolte qui s’ensuit et qui fait ironiquement écho au scénario du long-métrage, jusqu’à ce que sa caméra soit écartée : les drames ne sont-ils que des divertissements ?

Les moments les plus touchants du film ne se logent ni dans le long-métrage ni dans le “making of”, mais dans les scènes hors-champ entre acteurs, équipes de tournage et producteurs. Joseph, de plus en plus à son aise sur un plateau de cinéma, tombe amoureux de Nadia. Le plateau de tournage n’est rien d’autre pour Joseph que la mise en scène de sa propre vie, où il y raconte les histoires de son enfance à Nadia, des histoires qu’il espère transformer en films. Pendant que la relation entre Joseph et Nadia évolue, celle de Simon et son ex-femme se dégrade, malgré la confiance qu’il affiche lors des sessions de tournage. Quand le cinéma se termine-t-il, quand la vie commence-t-elle ? MAKING OF montre les immenses sacrifices qu’exige la réalisation d’un film, tout en révélant que les histoires les plus importantes ne sont pas celles que nous voyons à l’écran.

Vinzent WESSELMANN

Cet article a été publié suite à une contribution d’un·e rédacteur·rice invité·e.
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