L’ÉTRANGE NOËL DE MONSIEUR JACK, un cauchemar dont on ne se lasse pas – Critique

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Pour ce sixième jour de notre Calendrier de l’Avent, on explore les tréfonds d’un superbe cauchemar.

Si vous n’avez pas encore montrer L’ÉTRANGE NOËL DE MONSIEUR JACK, à vos enfants – ou si vous ne l’avez pas vu vous-même- il est impératif de le faire d’ici ce noël 2020, pour clôturer cette année aussi étrange que ce film. Cet animé mythique et intergénérationnel vous fera passer un moment d’histoire et de cinéma.

Quand les personnages d’Halloween organisent leur première fête de Noël, les codes sont bousculés pour notre plus grand plaisir. Le ton du film n’a pas pris une ride. Vous prendrez plaisir à redécouvrir l’humour subtil de Tim Burton au scénario et la poésie de ses personnages d’horreur. Vampires, sorcières, monstres, fantômes, squelettes, diablotins, savant fou, ils sont tous là et sont affreusement touchants.

Il est le premier long métrage réalisé intégralement en stop motion.

La version française du titre est, comme bien souvent, pas très bien inspirée et nous donne une version low cost de son titre original car elle met en avant Jack Skellington, le personnage principal, alors que le film se reçoit incontestablement comme un film choral, où tous les protagonistes de ce village d’horreur participent à part entière à la narration.

Tim Burton : analyse comparative de ses films

Halloween et Noël font bon ménages.

Impossible d’évoquer ce film sans parler de sa prouesse technique. Nommé en 1994 pour l’Oscar des meilleurs effets visuels, c’est finalement Jurassic Park qui est récompensé… Excusez du peu. Il est le premier long métrage réalisé intégralement en stop motion (animation image par image avec des modèles en pâte à modeler). Tous ses protagonistes sont en pâte à modeler, ce qui a obligé les techniciens à modeler des centaines d’expressions du visage ; sans oublier tous les décors : des maquettes fabriquées aux proportions des personnages. Alors la réalisation du film aura pris trois ans à Henry Selick.

Cette inventivité technique est bien à la hauteur de l’imagination débordante du film, qui va toujours plus loin dans ses procédés de mise en scène. Dans le monde de Jack, on chante des rimes bien trouvées, on danse dans les décors ingénieux, on se suspend d’une guirlande à une queue de serpent, on transforme les objets innocents en animaux monstrueux, on jongle avec des yeux, on joue avec des chiens fantômes… Une suite de découvertes pour un voyage vertigineux. Et si l’on peut reprocher le titre, il faut féliciter le travail du doublage français qui traduit les musiques de façon remarquable. Vous n’aurez pas de regret à devoir mettre la vf.

Un merveilleux exemple de tolérance de l’autre et de respect de la singularité de son voisin.

Pour les amateurs de l’univers Tim Burton, vous revivrez la quintessence de son œuvre, l’un de ses grands classiques, précurseur, et père de Les Noces Funèbres. Oui, ce film est un incontournable. Au-delà de sa prouesse technique, vous pouvez compter sur Burton et Selick – amoureux de l’œuvre d’Edgar Allan Poe – pour ne pas laisser un film vide de sens.

Les personnages hauts en couleur ne sont jamais foncièrement méchants (à l’exception du grand vilain iconique, indispensable au genre) et c’est pour cela qu’ils sont si attachants. Les monstres ne sont pas des monstres. Les méchants ne sont pas méchants. Tous les personnages sont fidèles à eux-mêmes, à leur personnalité, à leur physique, chacun avec ses différences. Pourtant ils festoient ensemble, cohabitent et s’entraident tant qu’ils peuvent.

Un merveilleux exemple de tolérance de l’autre et de respect de la singularité de son voisin. Respect de soi même aussi, pour sortir de la case qui nous est désigné, dans laquelle on nous place, en acceptant que notre cœur nous guide même s’il nous emmène là où on n’aurait jamais cru aller et découvrir l’inconnu sans se laisser effrayer par la marginalité.

Tim Burton et la figure de l’altérité

C’est toute la troupe qui participe à la narration

Les créatures destinées à faire peur veulent distribuer des cadeaux, alors elles le font avec maladresse, certes, mais avant tout avec sincérité. A bon entendeur, pour petits et grands, voici un film qui vous proposera une approche bien originale de Noël.

Pour les fêtes de fin d’année, nous vous invitons grandement à vivre ou revivre le «Cauchemar avant noël ». Pas d’inquiétude, vous pouvez compter sur Tim Burton et Henry Selick pour vous faire vivre un cauchemar dont on ne se lasse pas.

Francois Haueter

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Titre original : The Nightmare Before Christmas
Réalisation : Henry Selick
Scénario : Tim Burton
Acteurs principaux : Chris Sarandon, Danny Elfman, Catherine O'Hara, William Hickey, Glenn Shadix
Date de sortie : 7 décembre 1993
Durée : 1h15min
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