HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT – PARTIE 2 – Critique

Dix ans déjà. Dix ans que chaque année, il nous revient toujours un peu plus fort, un peu plus grand, un peu plus courageux, un peu plus… magique. En dix ans, heureusement, les acteurs ont eu le temps de progresser (faut-il vraiment évoquer Harry Potter à l’école des sorciers, et la dérisoire interprétation qu’y faisait Daniel Radcliffe ?). Certes, les comédiens n’ont pas toujours été convaincants, les films n’ont pas toujours été réussis, et les fans du livre ont souvent crié au massacre. Mais, malgré tout, pendant une décennie les personnages et les comédiens auront grandi avec nous. Les effets spéciaux ont toujours été saisissants d’un film à l’autre, faisant vivre à l’écran un monde parfois d’une rare féérie. Quand à la musique, elle est désormais à jamais distinctive du jeune garçon à la cicatrice sur le front. C’est donc avec un irrésistible pincement au cœur que les fans assistent enfin à la fin d’une saga et à la fin d’une époque.

Poursuivant une épopée entamée dans Harry Potter et les reliques de la mort – Partie 1, David Yates nous plonge cette fois-ci au cœur de la bataille finale. Fini les jeux d’enfants, cet ultime épisode porte son lot de morts et de violences. Bien évidemment, les combats restent épiques, et les héros chargés à bloc de bons sentiments et de sens sacrificiel. Mais la perversité et la cruauté de Voldemort brillement interprété par Ralph Fiennes nous embarque volontiers dans cette guerre. On y suit un trio de comédiens (Daniel Radcliffe, Rupert Grint et Emma Watson) enfin au mieux de leur talent, campés dans des personnages devenus des adultes remarquablement courageux.

HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT – PARTIE 1 – Critique

Si malgré tout le film reste principalement destiné à un public jeune, les effets spéciaux y atteignent un joli paroxysme, alliant fluidité et précision.

Les images sont d’une beauté saisissante, rendant plus prenante encore la frénésie des combats : on y croit. On rit, on retient son souffle, on s’émeut, bref on ne s’ennuie pas.

A qui voudra bien jouer le jeu, le spectacle est au rendez vous. Bien sûr, les lecteurs de la saga n’y trouveront pas forcément leur bonheur. Comme souvent, la comparaison au livre ne tient pas. Sacrifiant les émotions au rythme, l’œuvre cinématographique perd en subtilité, et gagne en manichéisme (ainsi le film condamne-t-il tous les Serpentards en partisans de Voldemort, là où le roman y ajoute plus de nuances). En s’attardant moins sur certains décès notamment, le réalisateur manque une occasion de soutirer quelques larmes à son jeune public. Néanmoins, l’œuvre est si dense que l’on peut comprendre ce besoin d’efficacité. Les plus mordus des moldus pourront s’amuser à compter les nombreuses références aux histoires développées dans l’œuvre originelle.

Le grand drame de cet épisode réside dans ses dernières minutes : on y découvre nos héros plus âgés de 19 ans. Si la salle éclate de rire à ce moment là, c’est à cause de la grossièreté et du ridicule du maquillage utilisé pour vieillir nos héros. On ne peut pourtant pas dire que David Yates bénéficiait d’un budget trop serré pour faire mieux ! Mais qu’importe, la saga se conclut fort joliment, avec, en prime du duel tant attendu, le fameux baiser… qu’il aura tout de même fallu attendre dix ans lui aussi.

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