Issu d’un comic-book Vertigo éponyme de Mike Carey (lui-même né du titre THE SANDMAN scénarisé par Neil Gaiman), la série de la FOX Lucifer est la dernière production encore à l’antenne de l’autrefois prolifique Jerry Bruckheimer (toutes les séries CSI/LES EXPERTS, FBI : PORTES DISPARUS, COLD CASE…). On y retrouve aux manettes Tom Kapinos, le créateur de CALIFORNICATION, qui bénéficie à nouveau d’un personnage irrévérencieux au centre de son intrigue. Bien évidemment, l’ensemble est forcément beaucoup plus politiquement correct du fait de la chaîne de diffusion (on n’est pas sur le câble ou sur Netflix, plus “libres” de ce côté là).

Dès le départ, la forme de la série rejoint la tradition usée jusqu’à la corde de la série policière avec un duo improbable comme héros à suivre. Donc après la flic et l’écrivain (CASTLE), la flic et le mentaliste (THE MENTALIST), la flic et le tueur en série (DEXTER), la flic et l’immortel (FOREVER) et j’en passe, voici la flic et… le Seigneur des Enfers ! Charmeur et pouvant faire avouer les désirs secrets des gens par suggestion, Lucifer Morningstar devient un atout, certes inmaîtrisable, pour la flic Chloe Decker interprétée, de manière assez quelconque, par Lauren German (aperçue dans CHICAGO FIRE et HAWAI 5-O).

Photo de la série LUCIFER

Le véritable point fort de la série se révèle être le personnage de Lucifer Morningstar : à la fois candide et cynique, joyeux et torturé, le personnage s’avère être à la fois fun et attachant. Tom Ellis sait cabotiner tout en rendant “réaliste” cet être haut en couleur même s’il est toujours vêtu en noir. Si ses interactions avec sa partenaire sont assez classiques (entre love interest et difficulté d’intégration à un système), ses relations avec le reste des protagonistes méritent le détour (l’ex-mari de sa partenaire, son frère angélique et même… sa psy !).

“On reste sur une série de network et un format de drama ultra-classique, mais il y a un je ne sais quoi qui fait mouche dans cette série policière.”

Pour la faire simple, on reste sur une série de network et un format de drama ultra-classique mais il y a un “je ne sais quoi” qui fait mouche dans cette série policière à peine teintée de fantastique et de théologisme. On sourit aux “vérités” énoncées sur la nature humaine, on jette un œil aux enquêtes prétextes à voir évoluer Lucifer auprès d’êtres humains normaux, on s’amuse de voir un seigneur démoniaque avoir des problèmes de famille et être appelé à aller voir régulièrement une psy…

LUCIFER est difficile à positionner entre le petit guilty pleasure, la série policière classique et le drama détendu mais mérite que l’on s’y penche, sans prise de tête ni ambition démesurée de vouloir révolutionner le medium.

Eric

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Florilège

Assez d’accord… Peut-être le registre biblique, principalement ancien testament, qui donne son aspect légèrement fantastique à la série, parle-t-il à nos générations “égarées”… Peut-être aussi la materialisation, l’incarnation de ces divers personnages donne à ces monothéisme l’allure d’un polythéisme qui ne dit pas son nom… J’aime assez la réflexion de fond d’Ella, la responsable des bidouilles scientifiques, saison 2, sur la croyance, le bien, le mal, le choix de croire ou pas… C’est, me semble-t-il, un bon support à la catharsis… MERCI pour votre article, en tout cas !
Nb sait-on ce que Neil Gaiman pense de la série ?!

[CRITIQUE] LUCIFER – SAISON 1

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