Premier long métrage de Clément Schneider, UN VIOLENT DÉSIR DE BONHEUR raconte l’histoire de Gabrielle, un jeune moine qui voit son destin basculer subitement le jour où une troupe de révolutionnaires républicains vient réquisitionner l’abbaye. Un film baigné d’amour et de poésie, où les sens sont au cœur d’une évolution physique et psychique.

Idylle hippie

Loin d’affliger un traumatisme à la communauté de moines, la présence des soldats provoque un étrange melting pot de cultures (des hommes de tout le royaume, une femme des Antilles), dirigé par un capitaine bienveillant. La révolution n’avait guère pour but de tout détruire, comme certains pouvaient le penser. Il y a bien eu quelques décapitations qui se sont perdues ça et là, mais globalement, la transition devait se faire dans le salut. Objectif final ? Le « bonheur ». Ce vaste inconnu à l’époque, relayé au rang d’hypothèse dans l’imaginaire collectif. Ce que le film réussit à transmettre. En lieu et place d’un affrontement morbide, se déploie dans la joie et sous le soleil un mouvement de mutation spirituel, focalisé sur l’amour et la tolérance.

Photo du film UN VIOLENT DÉSIR DE BONHEUR

Afin de préserver les lieux, Gabriel accepte un grade de commandant républicain. Ce qui lui permet de s’épanouir et de cultiver son jardin, littéralement : des pans entiers de potager à désherber, et symboliquement : des ébats avec la femme d’origine antillaise (restée avec lui par amour). Des images fortes en sentiments, réalisées avec talent dans un décor naturel. On n’apprécie la région, les sentiers, le soleil de plomb. L’arrière-pays niçois est nappé d’une couche blanchâtre nette, pure, trop pure, comme celle du paradis. Ce qui pose un léger problème car Frère Gabriel n’est plus. Le cocon de l’Église non plus. Aux yeux de la République, il est un citoyen comme les autres, et l’abbaye, sa propriété. Sa « maison de campagne » si l’on veut associer l’idée à la modernité. Quel avenir pour lui ? Pour les autres ? Pour ce qui reste de ce royaume au bord de l’implosion ? Peu importe. Gabriel et Marianne vivent une idylle proche de celle des utopistes des années 1970, du mouvement Flower-Power notemment, souligné par un choix de B.O. assez grandiose : Patti Smith, Marianne Faithfull, ou encore The Last Poets érigés en apôtres.

ACID Cannes

Présenté à L’ACID Cannes 2018, UN VIOLENT DÉSIR DE BONHEUR fait partie des 9 films (dont 8 premiers longs), à être accompagnés cette année par l’association. Onze cinéastes (dont sept femmes), accueillis pour célébrer la délicate et éphémère beauté des vivants. Porteurs de nouveaux espoirs, les films présentés sont riches en diversité et s’apprécient comme autant de fenêtre ouverte au regard intime. Parmi eux, nous retiendrons, entre autres, la première œuvre de Clément Schneider.

Sina Regnault

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UN VIOLENT DÉSIR DE BONHEUR, film baigné d’amour et de poésie - Critique
Titre : Un violent désir de bonheur
Réalisation : Clément Schneider
Scénario : Chloé Chevalier, Clément Schneider
Acteurs principaux : Quentin Dolmaire, Grace Seri, Vincent Cardona, Franc Bruneau
Date de sortie : Prochainement
Durée : 1h15
3.0Note finale
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UN VIOLENT DÉSIR DE BONHEUR, film baigné d’amour et de poésie – Critique

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