Votre mot de passe vous sera envoyé.

Pour son premier film, Jordan Peele n’oublie pas son sens de la comédie mais construit un thriller anti-Trump qui puise son inspiration dans le cinéma d’Edgar Wright.

C’est tout simplement auréolé d’un buzz spectaculaire que GET OUT débarque dans les salles françaises. En effet, après avoir atteint des scores impressionnants au box-office américain et après avoir fait l’objet d’un consensus critique dithyrambique, le premier film de Jordan Peele s’était paré de sérieux arguments pour nous allécher. Pour achever cette hype, on avait alors appris que Jason Blum, à la tête de la société de productions BlumHouse (Insidious, The Visit, Split…), avait ajouté GET OUT à la collection des films qui lanceraient un nouvel élan dans le cinéma de genre US alors que les productions concoctées à base de jump-scares s’enfermaient dans une platitude agaçante.

Get Out

GET OUT s’ouvre sur un plan séquence effrayant et donne ainsi le ton d’une oeuvre qui s’inscrit auprès de ces illustres séries B horrifiques. Quand Chris Washington (Daniel Kaluuya que l’on a vu transcendé dans Black Mirror) est invité par sa petite amie pour passer le week-end chez ses parents, rien ne se produit comme prévu. Et à mesure que l’horloge tourne, le malaise grandit à toute allure devant des domestiques en apparence lobotomisés, et bien plus devant un parterre d’invités médusé par la morphologie de l’Homme noir. A compter de cet instant, Jordan Peele, tel un Edgar Wright bien inspiré, esquisse l’insidieuse atmosphère d’un terrible secret partagé de tous, sauf de l’étranger. Puis, il n’hésite pas à faire de GET OUT un trip semi-hypnotique ancré dans une mise en abyme onirique, et fait de son personnage principal le prisonnier d’une paralysie éveillée. Dès lors, le piège tendu se referme sur Chris, et tout raisonne à l’aune de la vision prémonitoire de cette biche percutée dans un environnement hostile.

« Même si tout n’est pas parfait dans Get Out, Jordan Peele a bien réussi son pari »

Et alors que le twist attendu arrive à mi-chemin, ce qui au passage, est une composante essentielle du cinéma d’Edgar Wright, GET OUT ne se refuse plus d’être politiquement incorrect, et la vengeance, aussi gratuite que sanguinaire, s’engouffre à grande vitesse dans le long-métrage. Bien qu’un peu plus faible dans sa seconde partie, l’oeuvre de Jordan Peele trouvera un écho certain dans l’ère politique incarnée par Donald Trump, jetant un sombre voile sur le monde. C’est à jamais ce que le cinéma de genre apporte dans le contemporain : une trace allégorique de notre société et de ses inquiétantes dérives. Si tout n’est pas parfait dans GET OUT, Jordan Peele a réussi son pari, la promesse d’un avenir radieux dans l’antre mortifère du cinéma de genre américain.

Sofiane

Votre avis ?

[CRITIQUE] GET OUT
Titre original : Get Out
Réalisation : Jordan Peele
Scénario : Jordan Peele
Acteurs principaux : Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener
Date de sortie : 3 Mai 2017
Durée : 1h44min
3.0PROMETTEUR
Avis des lecteurs 8 Avis

Laisser un commentaire

avatar
  S'abonner  
Notifications :