À première vue, la présence parmi cette sélection de l’un des derniers films de James Wan, INSIDIOUS, peut surprendre. Sorti il y a quelques années à peine, le film a été un énorme succès, rentrant largement dans ses frais, mais se heurte ici à des monuments tels que Carpenter ou Romero. Et pourtant, un revisionnage efface nos craintes concernant la cohérence de la programmation, qui souhaite évidemment mettre en valeur toutes les grandes catégories de peur au cinéma.

Si Romero filme une horreur politique, que Raimi se base sur du grand-guignolesque, et que Carpenter nous immerge dans une ambiance glaciale, James Wan revisite les films de possession et de maison hantée avec INSIDIOUS. Un cinéma plus « classique », certes moins révolutionnaire, mais tout de même efficace, d’autant plus que le réalisateur n’hésite pas à s’approprier les codes du genre pour les remanier à sa sauce. Il est toutefois regrettable que le cinéaste semble ne pas avoir lui-même assez confiance en sa mise en scène. Très léchée, celle-ci instaure pourtant dès les premières minutes une ambiance dérangeante, qui aurait pu devenir viscérale si le film ne cédait pas aux sirènes du jump scare facile. Certaines situations peuvent ainsi faire tiquer, tant on aurait aimé que la séquence dure et s’étire plutôt que de dériver sur un screamer grossier. Quelques faiblesses d’écriture, donc, mais également de caractérisation viennent entacher une œuvre qui aurait pu être un exemple du genre. Mais alors, quelles sont les raisons de sa présence parmi tant de films fondateurs et essentiels ?

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Si INSIDIOUS est sorti il y a 4 ans, il regorge pourtant de références aux maîtres du genre. Et il n’est en rien surprenant de voir le nom de James Wan aux côtés de Carpenter, tant la mise en scène de Big John marque de son empreinte de nombreuses séquences d’INSIDIOUS. Le film semble ainsi divisé en deux parties, et James Wan ne prend véritablement son envol que dans la deuxième partie, bien plus onirique et concentrant des thèmes qui lui sont propres : alors ses idées prennent le dessus, l’esthétique devient plus unique. On retrouve les poupées, les sifflements, l’empreinte musicale bien plus dissonante, la photographie plus maîtrisée, plus stylisée…Et dès lors, le film dévoile tout son potentiel horrifique. Il prend des allures de train fantôme, à voir absolument sur grand écran pour que l’expérience soit totale.

« Une ambiance dérangeante dès les premières minutes, qui aurait pu devenir viscérale si le film ne cédait pas aux sirènes du jump scare facile. »

C’est cette alternance entre les références au passé et le paroxysme du style de James Wan qui a sans doute permis au film de se trouver une place dans la programmation de cette nuit de la peur. Il sera intéressant de voir les réactions du public de la Halle Tony Garnier, mais nul doute qu’ils sauront apprécier à sa juste valeur un film certes imparfait, rempli de petits défauts, mais qui excelle dans ce qu’on lui demande : immerger le public dans un cauchemar complet durant 1h30. L’occasion rêvé de (re)découvrir ce film dans de bonnes conditions, et d’oublier les suites qui n’arrive pas à la cheville de ce premier volet.

INSIDIOUS a été chroniqué dans le cadre de la NUIT DE LA PEUR organisée par le Festival Lumière, à Lyon. Il sera projeté samedi 17 octobre à la Halle Tony Garnier.

Le FESTIVAL LUMIÈRE sur Le Blog du Cinéma
MARTIN SCORSESE: Analyse de ses films

MARTIN SCORSESE: portrait de l’auteur

Ses films présentés au festival Lumière :

Hugo Cabret (2011)
Les Infiltrés (2006)
Casino (1995)
Le Temps de l’innocence (1993)
Les Nerfs à vif (1991)
Les Affranchis (1990)
La dernière tentation du Christ (1988)
La valse des pantins (1982)
Raging Bull (1980)
New York, New York (1977)
Taxi Driver (1975)
Alice n’est plus ici (1974)
Mean Streets (1973)
Boxcar Bertha (1972)
Who’s that knoocking at my door (1968)

Chroniqués par Georgeslechameau

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8 films de JULIEN DUVIVIER

JULIEN DUVIVIER: portrait de l’auteur

David Golder (1931)
La Bandera (1935)
La Belle Équipe (1936)
Pépé le Moko (1937)
Un carnet de bal (1937)
La fin du Jour (1939)
Panique (1946)
– Le Temps des Assassins (1956)

Chroniqués par Louis

DUVIVIER

AKIRA KUROSAWA : les anées Toho

Le Plus dignement (1944)
– Qui marche sur la queue du tigre… (1945$)
– Je ne regrette rien de ma jeunesse (1946)
– Un merveilleux dimanche (1947)
– L’Ange ivre (1948)
– Chien enragé (1949)
– Vivre (1952)
– Vivre dans la peur (1955)
– La Forteresse cachée (1958)
– Les Salauds dorment en paix (1960)
– Yojimbo – Le Garde du corps (1961)
– Sanjuro (1962)
– Entre le ciel et l’enfer (1963)

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la cinéaste russe LARISSA CHEPITKO

Un portrait de la Larissa Chepitko

– Chaleur torride (1963)
– Les Ailes (1966)
– Le Début d’un siècle inconnu – composé de L’Ange d’Andrei Smirnov et de Le Pays de l’électricité de Larissa Chepitko (1967)
– Toi et moi (1971)
L’Ascension (1977)

larissachepitko

LUMIERE 2014 : Pedro Almodovar

Programmation de Lumière 2014

PEDRO ALMODOVAR :

Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier de Pedro Almodóvar (Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón, 1980, 1h18)
Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? de Pedro Almodóvar (¿ Qué he hecho yo para merecer esto !!, 1984, 1h47)
Matador de Pedro Almodóvar (1986, 1h45)
La Loi du désir de Pedro Almodóvar (La ley del deseo, 1987, 1h44)
Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodóvar (Mujeres al borde de un ataque de nervios, 1988, 1h35)
Attache-moi ! de Pedro Almodóvar (Átame !, 1989, 1h41)
Talons aiguilles de Pedro Almodóvar (Tacones lejanos, 1991, 1h53)
La Fleur de mon secret de Pedro Almodóvar (La flor de mi secreto, 1995, 1h42)
En chair et en os de Pedro Almodóvar (Carne trémula, 1997, 1h39)
Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar (Todo sobre mi madre, 1999, 1h40)
Parle avec elle de Pedro Almodóvar (Hable con ella, 2002, 1h52)
Volver de Pedro Almodóvar (2006, 2h02)
La piel que habito de Pedro Almodóvar (2011, 2h01)

SAGA MUSASHI MIYAMOTO : CRITIQUE des 6 films

PARADIS PERDU, d’Abel Gance: CRITIQUE

OPENING NIGHT, de John Cassavettes : CRITIQUE

Une Femme Dangereuse, avec Ida Lupino: CRITIQUE

Chroniqués par Georgeslechameau

La traversée de Paris

Chroniqué par Louis

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INFORMATIONS

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 • Titre original : Insidious
Réalisation : James Wan
Scénario : Leigh Whannell
Acteurs principaux : Rose Byrne; Patrick Wilson
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 1er avril 2011
Durée : 1h43
Synopsis : Josh, son épouse et leurs trois enfants vivent depuis peu dans leur nouvelle maison lorsque l’aîné tombe dans un coma inexpliqué. Étrangement, une succession de phénomènes paranormaux débute peu après. Un médium leur révèle alors que l’âme de leur fils se trouve quelque part entre la vie et la mort, dans la dimension astrale, et que les manifestations sont l’oeuvre de forces maléfiques voulant s’emparer de son enveloppe corporelle…

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