(MI), John Woo (MI2), J.J.Abrams (MI3) et maintenant . Avant PROTOCOLE FANTÔME, ce dernier était surtout connu dans le monde de l’animation comme l’un des plus brillants poulains de l’écurie Pixar et pour être l’auteur du chef d’œuvre qu’est Les Indestructibles. Ce 4ème volet est la première incursion dans le cinéma live pour Brad Bird et il apporte toute sa vision graphique dans cette suite menée à un rythme effréné.

Après un troisième épisode explosif mais plutôt centré sur le personnage d’Ethan Hunt, PROTOCOLE FANTÔME revient à une intrigue d’espionnage qui met en avant la collaboration entre les différents éléments de l’équipe pour arriver à la résolution d’une mission. Ici, les 4 protagonistes se retrouvent privés d’aides une fois le fameux Protocole Fantôme déclenché par le président. Ils sont fugitifs et livrés à eux-même dans une aventure qui va les faire voyager au 4 coins du monde. Le spectateur, en leur compagnie, se retrouve embarquer à Budapest, en Russie, à Dubaï et en Inde. Vaste programme qui promet de multiples péripéties spectaculaires.

Brad Bird propose un film dénué de temps morts, enchaînant les scènes d’action dans un soucis d’urgence qui nous tend. A peine avons-nous le temps de souffler suite à une évasion de prison qu’on se retrouve au beau milieu d’une infiltration dans le Kremlin. Oui, le Kremlin. Ce Mission : Impossible joue la carte de l’émerveillement pour nous en mettre plein la vue. Entre tempête de sable et escalade de la façade d’un building, s’ennuyer devient compliqué. On est pris dans le tourbillon d’événements duquel on ne décroche pas.

Prenons la longue séquence dans l’immeuble à Dubaï. A peine l’escalade de la façade achevée, on est de suite pris par la double fausse rencontre. Le montage alterné couplé à l’utilisation délicieuse des gadgets nous tient en éveille et, surtout, nous amuse. La possibilité à chaque instant de voir un gadget dysfonctionner dilue un suspense supplémentaire dans toutes les scène. Pour la jouissance que procure tous les rattrapages, on se surprend à espérer qu’un outil soit défaillant. Comme si on en avant pas assez, le double échange se ponctue par une autre double scène d’action, mêlant un combat dans une chambre et une course poursuite au sein d’une tempête de sable. L’ambition graphique de Brad Bird est à son apogée dans cette scène virevoltante.

Photo du film MISSION IMPOSSIBLE - PROTOCOLE FANTÔME

© Paramount Pictures France

L’action vampirise tout le film et les brefs approfondissements des personnages ne marchent pas tout le temps. Le trauma de Jane se conjugue bien avec l’intrigue, alors que le passé de William n’apporte aucune plue-value émotionnelle en jouant sur le drame lié à la femme d’Ethan. Rien de bien dingue, surtout en voyant le final, et le film est fort que comme divertissement. Là où Mission : Impossible III est redoutable efficacité dans sa bonne idée de mélanger l’action et l’intime. Voilà pourquoi ce précédent opus reste à mon sens supérieur à celui-ci, bien qu’ils soient tout les deux sur le registre du grand spectacle.

On s’amuse plus dans les interactions intra-action entre les membres de la petite équipe. Le film n’est pas avare en humour et assure le show dès qu’il faut sortir un gag. La symbiose entre les 4 membres est sans cesse mise à l’épreuve et permet à l’intrigue d’avancer, se conclure La séquence à Dubaï met tous les postes en avant, comme le final qui ne pourrait pas aboutir sans la participation de tout le monde et où la synchronisation atteint son paroxysme. Définitivement, ils trouvent tous leur légitimité dans l’action et non dans leur caractérisation. Ce qui n’est pas plus mal.

« À l’heure où la franchise James Bond penche du côté sérieux (avec brio !), Mission : Impossible – Protocole Fantôme porte avec élégance le flambeau d’un cinéma d’espionnage décomplexé et inventif, ne prenant pas le spectateur pour un demeuré. »

Le seul échec restera en conclusion ce second volet, bien inférieur à tous les suivants dans le domaine du grand spectacle. Brad Bird réussi son incursion dans le monde live avec un premier film solide et créatif. On s’amuse des trouvailles, on se fait porter par l’exotisme et on en pince pour la belle . La mise en scène ne se contente pas d’illustrer l’histoire mais elle est dans une recherche visuelle qui est le point d’honneur de la réussite de ce quatrième volet. A l’heure où la franchise James Bond penche du côté sérieux (avec brio !), Mission : Impossible – Protocole Fantôme porte avec élégance le flambeau d’un cinéma d’espionnage décomplexé et inventif, ne prenant pas le spectateur pour un demeuré. Tout ce qu’il faut pour en faire un blockbuster au-dessus de la moyenne. Ceux que l’on voudrait voir plus souvent…

Cette critique a été réalisée dans le cadre d’une rétrospective consacrée à la saga « Mission Impossible ».

Maxime

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