Sans surprise Transformers The Last Knight ne brille pas par son scénario, mais pèche alors par le manque de dynamisme de ses scènes d’action.

TRANSFORMERS : THE LAST KNIGHT débute aux côtés du Roi Arthur, en pleine bataille. Visuellement, Michael Bay sait y faire en termes de spectacle, faisant voltiger des cascadeurs dans tous les sens et enchaînant les explosions, jusqu’à rendre le tout plus vrai que nature. Seulement dès la première réplique, d’un Merlin ivre sur son cheval (triste Stanley Tucci), Bay rappelle tout le mauvais goût et la beaufitude dont il est capable. On s’en amusait plutôt dans les premiers épisodes de la saga, du temps où le réalisateur restait plus modeste – filmant des combats à échelle plus humaine – et assumait un caractère enfantin idiot par le biais de son personnage Sam Witwicky (Shia LaBeouf). Mais dès l’épisode trois, et surtout le quatre qui voyait le remplacement de Sam par Cade Yeager (Mark Wahlberg en père de famille et inventeur raté), Michael Bay a décidé de complexifier sa franchise. TRANSFORMERS : THE LAST KNIGHT atteint là le summum en nous baladant dans des intrigues incohérentes et incompréhensibles, dans l’unique but de permettre au réalisateur de s’amuser sur différents tableaux.

Photo du film TRANSFORMERS : THE LAST KNIGHT

En effet, outre cette première bataille de chevaliers, Bay reproduit, sans en trouver la moindre utilité, des gimmicks vues ici et là. Comme l’introduction de nouveaux Decepticon (les méchants robots) à la manière de Suicide Squad, aussitôt mis de côté car explosés par un Bumblebee dynamique, mais assez en retrait. Ou la tentative avortée de placer les Transformers dans l’histoire de l’humanité – ce qu’il a toujours fait mais de manière plus évocatrice -, notamment durant la Seconde Guerre mondiale, fausse excuse pour que Michael Bay puisse retoucher au film de guerre historique (Pearl Harbor, 2001). En cela, cet opus pourrait presque apparaître comme un film somme de Michael Bay (et oui, ça fait peur), mettant en scène les commandos militaires à la manière de Rock (1996), ou provoquant la fin du monde par l’arrivée d’une autre planète sur la nôtre, tel un Armageddon (1998).

Sauf que, si dans ses précédents films il fallait lui reconnaître une maîtrise technique, sa capacité à nous en mettre plein les yeux sans aucune pudeur avec d’interminables mouvements circulaire pour immerger son spectateur, TRANSFORMERS : THE LAST KNIGHT manque à cela par des problèmes de montage et donc de rythme. William Goldenberg, monteur des deux précédents volets et qui a notamment collaboré avec Michael Mann et Kathryn Bigelow, est là remplacé par Mark Sanger, Roger Barton, Adam Gerstel et John Refoua, qui ensemble sont incapables de rendre les scènes d’action vraiment explosives (un comble chez Bay) et dynamiques. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir un visuel quasi irréprochable – pour ce qui est de reproduire des robots géants dans le moindre détail, Michael Bay sait y faire. Mais cette fois, ce visuel de qualité (il est encore un des rares à utiliser beaucoup de décors naturels et pas uniquement des fonds verts) reste plat, moins dans le mouvement, et ce même avec les fameuses caméras Imax 3D avec lesquelles le film fut tourné.

Photo du film TRANSFORMERS : THE LAST KNIGHT

Forcément, il y avait peu de chance que ce soit par le récit et hors scènes d’action que Michael Bay se montre convaincant. Trouvant le moyen de faire dire des répliques toujours plus idiotes à ses personnages, laissant Anthony Hopkins en roue libre et oubliant ses personnages secondaires. Notamment la jeune Izabella (Isabela Moner), personnage prometteur et vecteur d’un peu d’émotion, qui disparaît bien trop tôt. À l’inverse, le duo que forme Cade avec Vivien Wembley (Laura Haddock) trouve rapidement ses limites. N’étant présente que pour son physique agréable (il faut la voir changer de tenue plus vite que son ombre) et pour baver devant le corps musclé de Mark Wahlberg, son personnage enfonce un peu plus le film dans un sexisme déplorable. De quoi faire encore regretter Megan Fox, dont le personnage secondaire de Mikaela s’avérait tout de même impliquée dans l’action. D’autant plus que Bay, pour faire taire ses détracteurs à ce sujet, se la joue pseudo féministe en rendant cette nouvelle jeune femme faussement active, car au final totalement occultable à l’intrigue, même durant la séquence finale toujours aussi brouillonne en termes d’enjeux… Dernière preuve d’un scénario bancal (écrit par quatre scénaristes) et d’une saga qui, à vouloir faire toujours plus gros (problème majeur des productions actuelles), s’est à force enfoncée dans un grand n’importe quoi, trop sérieux pour divertir. Il était temps que Michael Bay s’arrête là (il quitte la franchise qui va se poursuivre avec d’autres épisodes, dont un spin-off sur Bumblebee), mais pas sûr néanmoins que ses successeurs pourront faire mieux.

Pierre Siclier

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[CRITIQUE] TRANSFORMERS : THE LAST KNIGHT
Titre original : Transformers The Last Knight
Réalisation : Michael Bay
Scénario : Art Marcum, Matt Holloway et Ken Nolan, Akiva Goldsman
Acteurs principaux : Mark Wahlberg, Isabela Moner, Anthony Hopkins
Date de sortie : 28 juin 2017
Durée : 2h29min
1.0Note finale
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