Les destins croisés de couples qui se séparent ou se retrouvent, de célibataires qui se rencontrent à Los Angeles, le jour de Saint-Valentin…

Note de l’Auteur

[rating:5/10]


Date de sortie : 17 février 2010
Réalisé par Garry Marshall
Film américain
Avec Julia Roberts, Jessica Alba, Anne Hathaway…
Durée : 2h 03min
Bande-Annonce :

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Valentine’s Day est le genre typique de production qui n’a été mise en place que pour ramasser le plus d’argent possible en très peu de temps grâce à un casting alléchant que l’on retrouve jusque sur l’affiche sur laquelle s’ajoute « Par le réalisateur de Pretty Woman ». On voit déjà les plus fleurs bleues d’entre nous trépigner d’impatience devant cette production mielleuse au possible et aussi remplie qu’une coquille vide. Néanmoins, cracher sur ce genre de métrage serait aussi facile que de critiquer la présence de Guillaume Canet à l’écran et donc totalement dénué de sens puisque la recette repose certes sur un patchwork de tout ce que l’on peut trouver dans le genre mais Valentine’s Day comporte un petit quelque chose, une petite magie qui arrive à opérer pendant une bonne moitié de film.

Reposant uniquement sur la présence de ses têtes d’affiches (Ashton Kutcher, Bradley Cooper, Jessica biel, Patrick Dempsey, Anne Hathaway et j’en passe tellement la liste est longue), ce film signé Garry Marshall se résume en une succession de scénettes se croisant au fil de l’histoire (si l’on peut l’appeler comme telle) pour former un ensemble compact et uni comme le font des films comme Collision qui évoluent cependant à un niveau qui est bien différent vous en conviendrez. Néanmoins, certains passages comportent suffisamment de charme et d’émotions pour retenir notre attention. Alors certes c’est gros comme le nez au milieu de la figure mais mine de rien on se laisse volontiers embarquer dans certaines situations (rupture, tromperie, déclaration d’amour…).

Malheureusement, face à ces situations qui nous divertissent plus qu’elles nous éduquent, on ne peut que regretter l’absence de profondeur des personnages mis en scène. Ce procédé de « mini métrage » par couple ou par personnages est une bonne idée lorsqu’il s’agit de faire un panel de la population et des émotions qu’elle traverse mais cette idée devient rapidement très mauvaise lorsqu’il s’agit d’aller en profondeur des choses. Dans la forme, rien à dire mais c’est dans le fond que le bât blesse. Le scénario n’est pas assez travaillé, pas assez fin pour permettre à chaque protagoniste de nous satisfaire pleinement. Dommage car un peu plus de créativité à ce niveau et Valentine’s Day serait passé comme une lettre à la poste.

Au final, Valentine’s Day est loin d’être la nullité à laquelle je m’attendais au premier abord. En aucun cas une réussite totale, il remplit cependant parfaitement son rôle de divertissement et d’ode à l’amour avec sa mise en scène jusque comme il faut pour ne pas que l’on retrouve à dire quelque chose. Il ne manque que ce petit grain de folie qui lui aurait donné une toute autre dimension. Un film à découvrir dans les bras de l’être aimé de préférence pour accentuer l’effet mélancolique et fleur bleue que peut nous procurer l’amour.

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robert

Valentine’s day (2010)
La grand Messe de la romance, puissance 10.

Lire la critique sur l’excellent blogducinéma – Vous verrez que je ne suis pas le seul à avoir la dent dure.
https://www.leblogducinema.com/critiques/critiques-films/critique-valentines-day-7403/

D’emblée le titre est menaçant, cela va être la St Valentin. Pas celle d’Al Capone, celle des amoureux, mais tout de même ça fait peur.
On peut s’attendre au conformisme absolu de ce qui doit être fait à cette occasion. Toutes les règles vont être énoncées, tous les codes vont être respectés. Serments éternels, fleurs et petits cœurs rouges, mais pas seulement.

C’est le même principe que pour les films qui ont « Christmas » dans l’énoncé. Un rouleau compresseur sentimental, au déroulement rituel immuable.

D’ailleurs il y aurait une suite à Valentine’s day qui se nomme Happy New Year… je ne blague pas !

Et ici, le projet est exhaustif puisqu’on a à faire à pratiquement toutes les situations romantiques convenues possibles. Ils ont fait travailler des dizaines d’acteurs pour cela, combinés en une multitude de couples.

Quelques principes :

L’Amour sera absolu ou il ne sera pas.
C’est l’Amour à la vie, à la mort, alors attention ne vous plantez pas dans le choix de l’élu(e) ! Il faut être sûr.
D’ailleurs il y aura toujours un ancien pour énoncer l’énigmatique « tu verras quand elle (il) sera là, tu le sauras ». On voit bien que nos vies sont dirigées. Les Parques ont tissé la toile de notre destin.
Il existe pour tous LA bonne personne. Mais un long chemin nous le fera découvrir. Il y a toujours un peu d’Ulysse en nous.

Pas d’inquiétude quand même, si le promis ou la promise n’est pas tout à fait le profil espéré. Un axiome de recadrage nous dira que :« il faut accepter l’autre tel qui l’est, avec ses défauts, ses qualités, son histoire ». C’est dit dans le film. Cela met un peu graisse dans les rouages absolutistes.

Et pas grave non plus, si en réalité le (la) prédestiné(e), c’est statistiquement tout bêtement quelqu’un qui est géographiquement et socialement proche (les sugar daddies sont hors jeu). Selon les codes du genre, le sentiment amoureux doit nous élever au dessus de la réalité triviale. On est dans les nuages. Et on ne doit pas voir dans le champ une caméra, un micro ou des raisonnements terre à terre de ce type.

Les gentils gagnent toujours et les méchants vont se faire voir.
Rien n’est gratuit, tout se paye cash.
Le bonheur est dans l’attente dans la contrainte. Plutôt le non-acte que la réalisation aux plaisirs sans doute trompeurs.

En réalité au final, l’amour espéré est peu ou prou, l’amour « familial » de type procréatif et sa déclinaison plus lointaine en amour « ménager » ou tendresse.

Le film respectera tous les codes de la bienséance et de la nouvelle bien-pensance (présence au moins d’un couple Gay, d’un couple de la diversité etc)

Le vrai fil conducteur c’est que tout est parfaitement prévisible et organisé.
On a besoin qu’on nous dise et nous redise cela. En effet, nos sociétés modernes qui ne pratiquent plus l’endogamie et le mariage arrangé, vivent dans l’angoisse de la recherche du partenaire. L’angoisse du vide.
Une inquiétude terrible hante les Américains : celle d’être seul, de ne pas trouver sa moitié ou de finir seul. Cela parcoure tout le film sous le totem de la St Valentin.

Dans cette société individualiste, machiste et féministe à la fois, on prétend quand même qu’on ne trouvera la Paix que dans l’engagement ferme et définitif.
L’amour en question semble une forteresse bétonnée, par les pratiques répétitives, des codes sociaux et des contrats.
Personne ne doit en réchapper. Et malheur à ceux qui oseraient construire autre chose à côté.
On a intérêt à marcher droit. Si un individu s’écarte du chemin, il met en péril toute la fondation dogmatique. Comptez sur les autres pour vous le dire.
Ces films en apparence anodin sont là pour vous le rappeler. C’est plus grave qu’il n’y paraît.

Et bien entendu tout le clergé habituel de la bien-pensance est là pour servir la Messe.

Parmi les habitués des films romantiques :

Jessica Alba (mélange complexes d’ancêtres européens et mexicains) :
On commence le show par l’Icône Jessica Alba, toujours aussi attirante et qui laisse peu d’hommes indifférents. La scène démarre au lit comme souvent avec ces poupées.
Elle qui a tout pour elle, a le malheur de tempérer puis de refuser l’anneau magique des fiançailles. Elle sera donc, une des rares sacrifiées de la comédie. Comme tout doit être à sa place dans cette messe romantique, cela correspond au Sacrifice, selon les règles classiques de la justice immanente. Le bon dieu des amours est inflexible sur le sujet.

Ashton Kutcher (parents plus ou moins tchèques)
Ashton Kutcher qui semble plaire aux femmes, est l’amant de la belle.
C’est lui qui se réjouit, qui irradie, qui « propose ». Heureux les « simples » dans les films romantiques.
Alors qu’on pensait que l’Amour était une prédestination, on trouve cette variante classique de celui qui peut se tromper, mais finit par trouver sa pointure (Jennifer Garner). C’est en quelque sorte Saint Augustin avant la rédemption. Ces aller-retours n’enfreignent pas les lois du genre, ils les confortent.
C’est aussi le fleuriste qui fait le fil conducteur de toutes ses histoires. Logique puisqu’ils vont tous avoir au moins une fleur.

Kathy Bates, une « ancienne » dans un rôle secondaire de directrice de télé. Elle incarne une sorte de pôle moral devant le Saint audimat.

Jessica Biel (ascendances complexes de Hongrie, Danemark, Angleterre, Allemagne…)
Jessica Biel nous fait le numéro de la fille bouffée par son boulot et qui n’arrive pas à avoir le moindre rendez-vous avec un homme. Bien joué mais vu le grand calibre de la star, c’est en soi peu crédible. Comment une bombasse peut être délaissée ?
Je ne sais plus trop, mais il me semble qu’elle finit par se rapprocher de Jamie Foxx. Une ode indispensable à la mixité. Faute de quoi on risque son visa d’exploitation. Jamie Foxx est un acteur précis et efficace.

Bradley Cooper (mélange aux antipodes, Italie et Irlande)
Julia Roberts (mélange d’Anglo-saxons et de Suédois etc)

Bradley Cooper, l’éternel séducteur malgré lui, nous fait son joli numéro. Celui qui sait s’effacer devant l’intérêt supérieur d’une femme. Cette femme de devoir avant tout, c’est l’éternelle Julia Roberts. Elle va en effet rejoindre un autre homme. Et c’est homme de sa vie, c’est son fils. On voit le tableau, c’est la Sainte Vierge en treillis militaire qui pratique la sublimation de l’amour.

Le sculptural Eric Dane (des ancêtres Anglais, Germains, Finnois, Russes, Autrichiens…) est un sportif de très haut niveau recherché par les femmes. Jusqu’au moment de son coming-out gay. Exercice public imposé et qui devient quasi un passage obligé des films actuels politiquement corrects.
En vrai il s’est marié avec l’actrice Rebecca Gayheart, qui bien qu’elle ait le mot Gay dans son nom, n’a rien à voir avec cela.

Patrick Dempsey se tape le deuxième mauvais rôle du film. C’est la mari tricheur à deux foyers. Celui qui envoie de fleurs de la St Valentin à sa femme et à sa maîtresse. Déjà, en bon parvenu bac plus 10, il est capable de jongler avec ces situations. Il a donc d’emblée le péché du savoir-faire, de la Connaissance. Bien entendu il sera puni et terminera au lit seul le soir de la fête.
Le mari volage et impénitent est toujours condamné dans ces films à l’eau de rose. Comme le méchant est toujours mangé à la fin dans les avatars de Jurassic Park. Le dinosaure télécommandé par des impératifs supérieurs, sert la morale lui aussi.
Ici c’est Jennifer Garner, l’amante aux mâchoires de tyrannosaure, qui fait le boulot.

Le vieil Héctor Elizondo est le mari fidèle de Shirley MacLaine. Le compagnon est l’étalon or de la fidélité. Aucun accroc au contrat. Rien que pour l’endurance il est méritant. On n’en fait plus des comme cela. Et donc il est quasiment un Saint dans le film.
Par contre la Shirley qui joue plus ou moins elle-même, finit par avouer une mini-liaison coupable qu’elle a eu quelques décennies plus tôt. Le scénario christique nous explique le danger. Même si la faut est minime, c’est risqué car c’est tout le système de confiance du couple qui s’écroule. C’est explicite.
Mais Shirley n’est pas une si grande pécheresse puisqu’elle a regretté aussitôt après, qu’elle a là des larmes de remords, qu’elle avoue sa faute et que de toute façon. Il y a prescription. C’est plaidable.
Cela ne se fera pas tout de suite. Héctor aura une vision au cimetière (rien que cela!) avec un autre personnage qui doute (Ashton Kutcher) et ils entreverront tous les deux le chemin lumineux du pardon. Amen !

Topher Grace (Américain issu d’Américains. On n’en sait pas plus)
Anne Hathaway (ascendants principalement irlandais avec un peu d’Anglais, d’Allemand et de Français)
Le propret Topher Grace est un curieux acteur qui me semble toujours en décalage. Sans doute son créneau.
Il approche la très vivante Anne Hathaway, mais sans trop de conviction. Hathaway est une actrice que je n’ai jamais réussi à apprécier non plus.
Lui est donc timide. Mais Anne qui travaille dans un bureau, officie par ailleurs en dominatrice porno avec son portable. Ce n’est pas par gaîté de cœur mais parce qu’elle a du mal à finir les fins de mois. D’où les quiproquos « téléphonés ». Et là aussi le pardon final à la pécheresse virtuelle. D’ailleurs elle n’y a pas pris plaisir. Une Marie-Madeleine ultra soft en fait.

A noter que c’est une « dominatrice » très conventionnelle comme cela peut être accepté voire recommandé dans les films romantiques actuels. Comme le sont aussi les attirails tocs et plastiques, supposés venir au secours des couples usés. La séduction carnavalesque tolérée car elle n’enfreint aucune règle. Elle passerait même pour une grande émancipation !

La toujours sympathique Queen Latifah ne prend pas beaucoup de risques ici. C’est plutôt une entité tutélaire, la patronne de Anne Hathaway et qui veille au grain. Petite concession aux nouveaux codes de la bonne morale, la blanche Anne Hathaway se fait toute petite devant sa vrombissante supérieure Queen Latifah. Plus question que cela soit toujours les blancs qui commandent aux noirs. On a bien compris.
On a aussi le latino George Lopez plutôt bon mais qui assume aussi son rôle de quota.

Il y a aussi plein d’autres acteurs, des dizaines, qui font chacun un petit bout du « job ». Dont quelques enfants de cœur qui servent cette messe.
Deux jeunes qui veulent avoir une première relation sexuelle, pour « voir », finiront par entendre raison et s’abstenir. La Sainte Virginité reste une valeur sûre et est bien considérée.

On peut citer Taylor Swift qui doit être myope, tant son regard plissé est curieux. Elle joue à la gamine post-pubère qui doit considérer que l’amour est une belle gymnastique avec tout autour une auréole de vœux pieux. Une sorte d’Amour primordial, pratiqué par les anges blonds et tout droit sorti du Paradis.
Au cas où on aurait pas remarqué que c’est aussi une chanteuse connue, elle nous gratifie en musique de fond de la dernière chanson du film.

On a aussi le numéro déprimant des enfants qui jouent aux grands. Avec les mêmes codes amoureux que les adultes. Ce gamin qui nous fait la grande scène de l’envoi des fleurs à sa « maîtresse » !
Des mini-hommes et mini-femmes en représentation, rien de bien glorieux. Cela me met autant mal à l’aise que ces vidéos où les parents poussent les enfants pour qu’ils tombent pour faire le buzz sur Internet. Ou ces expositions de mini-miss sunshine.

Ite missa est. La Messe est dite.

[critique] Valentine’s Day

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