4 ans après le dernier épisode de la saga Bridget Jones, Renée Zellweger revient sous la peau d’une légendaire star américaine dans l’adaptation cinématographique de la comédie musicale End of the Rainbow. Un portrait manqué de la chanteuse à succès.

Hiver 1968. La légendaire  débarque à Londres pour se produire à guichets fermés au Talk of the Town. Cela fait trente ans déjà qu’elle est devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz. a débuté son travail d’artiste à l’âge de deux ans, cela fait maintenant plus de quatre décennies qu’elle chante pour gagner sa vie. Elle est épuisée. Alors qu’elle se prépare pour le spectacle, qu’elle se bat avec son agent, charme les musiciens et évoque ses souvenirs entre amis ; sa vivacité et sa générosité séduisent son entourage. Hantée par une enfance sacrifiée pour , elle aspire à rentrer chez elle et à consacrer du temps à ses enfants. Aura-t-elle seulement la force d’aller de l’avant ?

Judy ©2019 20th Century Fox

Sorti en 2019 aux Etats-Unis, JUDY s’inscrit dans la naissance florissante des biopics de cette dernière décennie. Le film de  arrive juste après les succès de Bohemian Rhapsody sur la vie de Freddie Mercury (2018), Rocketman (2019) qui dresse le portrait du chanteur britannique Elton John ou encore le de la somptueuse et célèbre Dalida (2017).  Effet de mode cinématographique ou génération avide de souvenirs ? Alors que les films biographiques prennent le contrôle de nos salles de cinéma quasiment tous les mois, JUDY livre à son tour une nouvelle histoire de star. Un nouveau destin tragique transposé sur grand écran par le réalisateur britannique Rupert Goold, à qui l’on doit le vertigineux True Story (2015).

La force du film réside presque uniquement dans le talent de sa comédienne principale. De retour après une longue pause, Renée Zellweger revient en force avec cette réincarnation remarquable en Judy Garland. Si l’actrice est physiquement méconnaissable grâce à sa transformation et son maquillage, c’est la puissance de son interprétation qui est à souligner. Sans jamais tomber dans l’imitation ou le sur-jeu, l’actrice américaine fait vibrer son personnage. Une prestation qui fait un clin d’œil à celle de , dans le biopic d’Edith Piaf sorti en 2013. Un autre rôle à Oscar puisque Zellweger est repartie avec l’iconique statuette dorée en signe de reconnaissance pour son travail. Si le film tire la plupart de son intérêt dans son casting, c’est aussi à l’aide de sa focalisation historique. Se concentrant sur l’année 1968, JUDY nous plonge dans une période où les paillettes et la notoriété  américaine sont absentes de la vie de la star. Entre médicaments, enfants et avocats, le voyage de Judy Garland à Londres afin de se produire est le sujet principal du film. Mettant en écho, le passé de l’enfance de celle-ci lors du tournage du Magicien d’Oz.

Judy ©2019 20th Century Fox

Si la focalisation du film est intéressante, le scénario lui, ne l’est pas. On ressort du film avec un sentiment d’inachevé, d’imparfait. Rupert Goold n’arrive pas à terminer son film, laissant le spectateur dans une boucle entre passé et présent. Une mise en scène simpliste qui réduit de nombreux moments de vie de l’icône hollywoodienne. On passe parfois de très près à côté d’une caricature du genre biographique si l’actrice ne permettait pas au public de s’évader dans les espoirs et désespoirs du personnage principal. Le film se clôt sur une séquence émouvante menée sur la scène du cabaret Talk of the Town. Un moment trop vite éclipsé par un pathétique carton de fin. JUDY est malencontreusement un biopic manqué, incomplet.

Robin Goffin

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JUDY, un terrain de jeu incomplet mais passionnant pour Renée Zellweger - Critique
Titre original : Judy
Réalisation : Rupert Goold • Casting : Renée Zellweger, Jessie Buckley, Finn Wittrock

Date de sortie : 26 février (France)
Durée : 1h58min
Genre : Biopic, Drame
2.5IMPARFAIT
Avis des lecteurs 4 Avis

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