Affiche du film LA BATAILLE DE SOLFÉRINO

6 mai 2012, Solférino. Laetitia, journaliste télé, couvre les présidentielles. Mais débarque Vincent, l’ex, pour voir leurs filles. Gamines déchaînées, baby-sitter submergé, amant vaguement incrust, avocat misanthrope, France coupée en deux : c’est dimanche, tout s’emmêle, rien ne va plus !

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Titre original : La Bataille de Solférino
Réalisation : Justine Triet
Scénario : Justine Triet
Acteurs principaux : Laetitia Dosch, Vincent Macaigne, Arthur Harari, Virgil Vernier
Pays d’origine : France
• Sortie : 18 Septembre 2013
Durée : 1h40min
Bande-Annonce :

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Un peu plus d’un an après l’élection de François Hollande comme président français, Justine Triet sort son film. L’histoire se déroule sur une journée. Pas entière, car l’action débute vers les midi – 13h. Mais qu’importe l’heure exacte, car la journée se terminera en cauchemar. La jeune cinéaste fait comme ses compères de sa génération, et nous sort un film social, avec un peu de politique. Une famille décomposée, cela entraînera forcément des problèmes. Un film qui oscille entre drame social et comédie.

En effet, Justine Triet n’hésite pas à mêler les deux tons. Malgré la situation catastrophique qui entoure chacun des personnages (à un niveau différent), il y a des touches d’humour. La force de ce mélange des tons, c’est que la cinéaste arrive à les conjuguer pour décrire une action. Quand Vincent Macaigne maltraite le chien de Arthur Harari, les gestes sont drôles, mais l’idée est dramatique. Et c’est cette alliance qui montrera que Justine Triet veut avant tout toucher à toutes les émotions du spectateur.

Sauf que certaines scènes sont excessives. La dernière scène où Vincent Macaigne et Arthur Harari sont au bar et se moquent de la serveuse, le spectateur ne peut que rire. Ici, plan séquence à caméra fixe. Ceci prouve bien que Justine Triet préfère laisser ses acteurs faire le show, et c’est tant mieux. Car la liberté des acteurs permet une meilleure performance, dans la spontanéité et l’improvisation. Vincent Macaigne en usera tout au long du film. Notamment quand il ira acheter des fleurs, ou quand il soufflera sur la baguette du tube à bulles de savon.

Par contre, Justine Triet sera plus conventionnelle quand il s’agira de filmer l’aspect dramatique des scènes. Quand l’une des petite filles se réveille et pleure seule dans son lit, le plan fixe rapproché sur elle agit comme un oignon qu’on épluche sous votre nez. De plus, quand elle décide de filmer Laetitia Dosch allant promener le chien tard dans la nuit, la caméra à l’épaule tremblante ne permet pas de voir correctement le visage de l’actrice. Ainsi, les expressions intérieures ne peuvent sortir. Et quand la cinéaste décide de placer son actrice dans la foule pour faire la journaliste, elle alterne entre prises de vue avec sa caméra, puis prises de vue avec la caméra pour la télévision. Sauf que ceci n’apporte rien.

Photo du film LA BATAILLE DE SOLFÉRINO

Justine Triet filme un bordel où la fiction et le réel s’imbriquent dans une ambiance socio-politique, où l’amour fait des ravages entre calme et hystérie.

Le spectateur sent l’aspect dramatique, c’est certain. Mais Justine Triet ne fera pas le nécessaire avec sa caméra pour bien appuyer sur l’ambiance qu’elle souhaite. A trop se pencher sur la dimension sociale de son film, elle en oublie le côté épique qui pourrait en ressortir. La victoire des militants de gauche, suivi des casses dans les rues de Paris, mélangés à l’histoire du couple divorcé qui se dispute toute la journée, pouvait offrir une épopée socio-politique. Mais nous voilà arrêtés au discours simple porté par le film.

Justine Triet se rattrapera très bien sur la forme qu’elle donne à son film. Elle réussira à lier documentaire et fiction avec une transparence impressionnante, Autant Pablo Larrain a réussi à être cohérent en mélangeant images d’archives documentaire et fiction avec No, autant Justine Triet tourne une fiction dans le réel. La fiction et le documentaire ne sont pas différenciés au montage, ils sont même imbriqués l’un dans l’autre. Et c’est là que le film prend tout son sens. On croit d’emblée à cette histoire d’amour à l’image d’un fait divers.

Car ce film n’est ni plus ni moins qu’un film d’amour. Là où Rebecca Zlotowski a décrit l’amour comme une radiation qui se colle sur notre peau (dans Grand Central, avec Tahar Rahim et Léa Seydoux), Justine Triet parle de l’amour disparu. Un amour qui s’est évaporé mais qui cause encore des problèmes. La cinéaste filme le bordel après la rupture. On a donc là un film qui alterne l’hystérie et le calme. Comme une sorte de train fantôme qui peut exploser à tout instant, car l’intrusion de la chronique intime dans l’effervescence collective agit comme une précarité sociale.

Surtout, tout ce bordel intime dans l’explosion collective est à mettre au compte des acteurs. Vincent Macaigne est égal à lui-même, il a compris qu’un personnage est avant tout drôle et dramatique par ses attitudes, en mettant son corps à l’épreuve. Nous l’avons déjà vu sous la direction de Guillaume Brac et celle de Antonin Peretjatko, et il confirme sa grande palette de jeu. Vincent Macaigne, le grand acteur français du moment ? A ses côtés, Laetitia Dosch qui se donne corps et âme à son personnage, en montrant les nuances de ton et de jeu qu’elle peut avoir. Reste Arthur Harari et Virgil Vernier, faisant le nécessaire.

Photo du film LA BATAILLE DE SOLFÉRINO

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C’est quand même terriblement mal écrit

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[critique] LA BATAILLE DE SOLFÉRINO

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