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Voyage onirique et intemporel autour de la figure devenue romanesque de Vincent van Gogh, LA PASSION VAN GOGH est sans doute l’un des plus beaux hommages que le peintre a reçu à ce jour.

Ambitieux de par sa forme, le long-métrage Dorota Kabiela et Hugh Welshman est en effet le premier à avoir été entièrement peint à la main, à l’huile. Et les chiffres sont impressionnants : pour réaliser ce film d’1h20, 78 peintres ont repris 120 tableaux sur les 2000 peints par l’artiste, 1 seconde de film demandant 12 toiles différentes. Des prises de vue réelles ont toutefois été effectuées – avant d’être modifiées numériquement – avec des acteurs que l’on reconnait assez facilement : Douglas Booth (Noé, Les Grandes Espérances), Eleanor Tomlinson (Lovely Bones, Les Ames Vagabondes), Jerome Flynn (Game Of Thrones), pour ne citer qu’eux.

Preuve de la réussite de ce chantier fabuleux, ce mélange de l’art ancien avec nos techniques numériques qui ne choque pas, ainsi qu’un résultat final et global qui n’ennuie pas. Au contraire, le film reste tout du long bluffant, captivant. Avec cette impressionnante mise en scène qui ne fatigue jamais l’œil, ce qui se dégage initialement des peintures prend de l’ampleur : Le monde lumineux, poétique, gracieux et mélancolique de Van Gogh l’est donc encore plus. Les toiles, mises en scène bout à bout, créent un environnement, forment un décor, rendent mobiles et bavards les personnages figés depuis plus d’un siècle. L’ensemble dessine ainsi une histoire, un fil conducteur, des rebondissements

Photo du film LA PASSION VAN GOGH

Armand Roulin enquête sur la mort de Vincent van Gogh

Immersion totale dans l’univers unique de Van Gogh, LA PASSION VAN GOGH veut alors le comprendre. Mais lui donner vie, c’est surtout se plonger dans les pensées du peintre, dans ses tourments et ses perceptions. C’est croire aussi que les dessins détiendraient probablement la clé du mystère Van Gogh, et qu’en les faisant parler, ils pourraient expliquer la personnalité complexe et folle du créateur.

Pour entrer au cœur de l’artiste tout en essayant de se détacher de la biographie linéaire classique, LA PASSION VAN GOGH raconte alors Van Gogh par le biais d’une investigation. Un an après le décès de l’artiste, un facteur donne à son fils Armand Roulin la mission de remettre une lettre à Theo van Gogh, frère du peintre. En apprenant la mort de ce dernier, il enquête dans le petit village d’Auvers-sur-Oise, dernier pied-à-terre du Néerlandais.

Le spectateur écoute ainsi les témoignages de ceux qui l’ont connu, cerne peu à peu le peintre qu’il était, tout en passant par les événements marquants (et célèbres) de sa vie (l’oreille qu’il s’arrache après une dispute avec Gauguin, par exemple). Et surtout, en essayant de comprendre pourquoi il se serait donné la mort à un moment où il paraissait épanoui, suspectant le fait que ce soit en fait un accident camouflé en suicide.

Reprenant cette thèse mille fois débattue, LA PASSION VAN GOGH témoigne donc indirectement de cette vieille manie à se focaliser sur la mort du peintre, comme s’il était impossible de dissocier son œuvre de sa fin de vie afin de l’expliquer au grand public. Mais en essayant lui aussi de tordre et retordre la vie fascinante du peintre pour tenter de la décrypter, LA PASSION VAN GOGH nous fait remarquer la chose la plus importante : finalement, seul Vincent Van Gogh détient la clé permettant d’ouvrir la porte de ses secrets. Là est le message le plus fort de ce somptueux film.

Yohann Sed

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Titre original :LOVING VINCENT
Réalisation : Dorota Kabiela, Hugh Welshman
Scénario : Dorota Kobiela, Hugh Welchman, Jacek Dehnel
Acteurs principaux :  Douglas Booth, Eleanor Tomlinson, Jerome Flynn
Date de sortie : 11 octobre 2017
Durée : 1h20min
4.0Note finale
Avis des lecteurs 33 Avis

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