Le Champs Élysées Film Festival 2015, qui se tiendra du 10 au 16 juin dans la capitale, propose comme toujours, un programme riche et varié !

Ainsi, 8 films indépendants américains sont présentés en compétition, avant une remise de prix mercredi !

– Stinking Heaven de Nathan Silver (CRITIQUE: ★☆☆☆)
Cartel Land docu de Matthew Heineman (CRITIQUE: ★★★☆)
– Franny
, avec Richard Gere
– The Road Within de Gren Wells (CRITIQUE: ★★★☆ – INTERVIEW de la réalisatrice)
Welcome to Leith docu de Michael Beach Nichols & Christopher K. Walker (CRITIQUE: ★★★☆)
Applesauce d’ Onur Tukel (CRITIQUE: ★★☆☆)
– 6 Years avec Taïssa Farmiga (CRITIQUE: ★★☆☆)
– Nasty Baby de Sebastian Silva (CRITIQUE: ★★★★)

 

L’intégralité des films en compétition seront diffusés une dernière fois dans la journée du mardi 16 juin

Pour cette 4e édition, le , a cherché a toucher un public large. En atteste sa programmation de films indépendants en compétition, traitant chacun de thèmes variés et originaux. Entre documentaire ahurissant sur un sexagénaire désireux d’installer une communauté nazi dans une petite ville du Dakota du Nord dans Welcome to Leith, et un road-movie au sein d’un trio de jeunes atteints de maladie mentales dans The Road Within, le festival regorge cette année de sujets forts et sérieux, souvent traités avec humour et parfois un certain décalage. A outrance dans Applesauce, posant la question de l’infidélité au sein de deux couples d’amis. Avec finesse dans Nasty Baby, sur la paternité au sein d’un couple gay. Sous leurs airs de comédies, ces films abordent des sujets de société actuels et universels. Ainsi, tout en étant moins surprenant, Cartel Land ou 6 Years se révèlent pertinents dans leurs réflexions. L’un, prend place dans l’univers de la drogue entre le Mexique et les Etats-Unis mais en donnant la parole aux citoyens. L’autre, se focalise sur un jeune couple pour aborder la question du passage à l’âge adulte. Un monde adulte qui n’est pas non plus en reste quand il s’agit de se remettre en question et de revenir sur son passé. C’est ce que nous aura offert le personnage de Franny, vieux beau célibataire drogué aux pilules qui ne trouvera refuge qu’au sein d’un jeune couple. Un bel ensemble proposé cette année malgré une certaine redondance des images et des mises en scènes proposées. A l’exception de quelque pépites, la majorité des films de cette année ne se sont pas démarqués par leurs qualités visuelles. Comme avec le décevant et finalement trop chaotique Stinking Heaven. Mis à part ce dernier, avec cette 4e édition, le Champs-Elysées Film Festival continue d’intéresser.

LES FILMS

STINKING HEAVEN, de Nathan Silver


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CRITIQUE

Titre original : Stinking Heaven
Réalisation : Nathan Silver
Scénario : Nathan Silver, Jack Dunphy
Acteurs principaux : Deragh Campbell, Eleonore Hendricks, Henri Douvry, Hannah Gross
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : prochainement
Durée : 1h10
Distributeur :
Synopsis : Un couple de jeunes mariés, Jim et Lucy (Keith Poulson, Derag Campbell), sont les pionniers d’une communauté qui prône les bienfaits d’une vie ascétique dans une banlieue du New Jersey. Les membres du groupe se nourrissent, se lavent et travaillent tous ensemble, tout en préparant du ‘thé sain fait maison’ qu’ils vendent dans leur van. Malgré les disputes et les problèmes individuels, Jim et Lucy ont réussi à créer un véritable havre de paix pour ce groupe de marginaux. Une harmonie qui va être perturbée par l’arrivée inattendue d’Ann (Hannah Gross), ancienne droguée et ex-petite amie d’un des membres de la communauté. Sa présence provoquera chez les membres des crises de paranoïa, des rechutes, et parfois même, la mort.

note de BB :
★★★★☆☆☆☆☆☆

(…) STINKING HEAVEN fait partie de ce cinéma avec lequel je n’ai pourtant habituellement pas de problèmes, mais ici le film s’enferme dans ses choix, et Nathan Silver livre alors un film différent uniquement pour sa différence. Le long métrage aurait gagné à ouvrir son propos, et ainsi porter une réflexion sur le communautarisme, la société ou l’individu par exemple. Il en résulte que STINKING HEAVEN est intriguant et singulier par ses choix artistiques, mais cela cache un manque flagrant d’intérêt et de fond.

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CARTEL LAND, de Matthew Heineman


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CRITIQUE

Titre original : Cartel Land
Réalisation : Matthew Heineman
Pays d’origine : Etats-Unis, Mexique
Sortie : inconnue
Durée : 1h38
Distributeur : inconnu
Synopsis :
Mexique. Dans un petit village du Michoacán, José Mireles, un physicien qui se fait appeler El Doctor, est à la tête d’Autodefensas, un mouvement citoyen contre le Knights Templar, le plus redoutable cartel de drogue de la région qui sévit depuis plusieurs années. Parallèlement, dans la Vallée de la Cocaïne, ce canyon désertique de 84km de long dans l’Arizona, le vétéran Tim ‘Nailer’ Foley et son groupe paramilitaire Arizona Border Recon, luttent contre l’invasion de la guerre des cartels mexicains en Arizona.

note de BB :
★★★★★★★★☆☆

(…) Il y a peu de choses à reprocher à CARTEL LAND.
Mathew Heineman traite son sujet en profondeur et signe un très bon documentaire, dynamique, immersif et intéressant. C’est un film complet et efficace qui nous est présenté ici, tous les points de vues des protagonistes sont en effet abordés : patriotisme du groupe américain, volonté sociale des groupes mexicains, l’encouragement populaire ou au contraire les réticences; impuissance de l’Etat, et cynisme des mafieux (…)

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FRANNY, de Andrew Renzi

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Titre original : Franny
Réalisation : Andrew Renzi
Scénario : Andrew Renzi
Acteurs principaux : Richard Gere, , Theo James
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : –
Durée : 1h30min
Distributeur : –
Synopsis : Francis Watts, « Franny », est riche, beau et célibataire. Alors où est le problème ? Le problème, c’est qu’il a 60 ans et qu’il n’a pas accompli grand-chose. Dans un effort désespéré pour recommencer une nouvelle vie, ce philanthrope drogué aux pilules va s’immiscer dans la vie d’un jeune couple.

THE ROAD WITHIN, de Gren Wells

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– CRITIQUE
INTERVIEW DE LA RÉALISATRICE GREN WELLS

Titre original : The Road Within
Réalisation : Gren Wells
Scénario : Gren Wells
Acteurs principaux : Robert Sheehan, Dev Patel, Zoë Kravitz
Pays d’origine : U.S.A
Sortie : prochainement
Durée : 1h40
Distributeur : –
Synopsis : Vincent est atteint du syndrome de la Tourette. Il vient de perdre sa mère et se retrouve ainsi face à son père avec qui il est en froid depuis quelques temps. Ce dernier craignant que son fils vienne compromettre sa carrière politique, il envoie Vincent dans une clinique spécialisée. Sur place, le jeune homme fait la connaissance de Marie, une jeune anorexique dont il tombe amoureux. Ensemble, ils décident de s’enfuir, entraînant malgré eux Alex, le colocataire de Vincent, qui souffre de TOC. Le trio s’embarque alors dans un voyage inoubliable, dont le but est de répandre les cendres de la mère de Vincent dans l’océan.

note de PIERRE :
★★★★★★★☆☆☆

(…) la réalisatrice parvient à capter des moments magiques. Plaçant le cadre de sa caméra de manière toujours judicieuse pour offrir quelque plans et séquences sublimes. Wells ne se laisse pas non plus écraser par son sujet et parvient à faire rire de manière intelligente. Car l’humour vient des personnages eux même. Chacun ayant conscience de sa condition et de celle des autres, ils savent faire preuve d’autodérision. Un atout comique génial qui ne tombe jamais dans la moquerie. THE ROAD WITHIN alterne ainsi avec aisance entre comédie et drame, et provoque une forte empathie pour des personnages sympathiques constamment dans la souffrance. Gren Wells témoigne d’une vie difficile, parfois triste, mais tout de même pleine d’espoir.

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WELCOME TO LEITH, de Michael Beach Nichols, Christopher K. Walker


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CRITIQUE

Titre original : Welcome To Leith
Réalisation : Michael Beach Nichols, Christopher K. Walker
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : prochainement
Durée : 1h25
Distributeur :
Synopsis : Welcome to Leith est un documentaire relatant la tentative de prise de pouvoir de Craig Cobb, zélateur de la Suprématie Blanche, dans une petite ville du Dakota du Nord. A mesure que son attitude devient menaçante, les tensions montent et les habitants de la ville cherchent désespérément à se débarrasser de cet intrus. Ce documentaire tente de démontrer comment nos principes démocratiques sont remis en question lorsque ces derniers sont poussés à l’extrême.

note de BB :
★★★★★★★★☆☆

(…) La grande qualité du film est que les deux réalisateurs, Michael Beach Nichols et Christopher K. Walker, ne cèdent pas à la tentation du procès et préfèrent une approche bien plus objective et donc efficace. Chacun des deux camps opposés sont en effet abordés avec le même sérieux et chacun peut s’exprimer. Les images parlent d’elles mêmes : la peur règne à Leith et l’Etat est impuissant. WELCOME TO LEITH crée une véritable empathie pour les habitants qui se sentent injustement abandonnés et ne savent plus comment répondre à cette haine. Leurs actions de résistances posent d’ailleurs elles aussi question et font débat, car, quoi qu’il en soit, Craig Cobb et ses acolytes restent des citoyens n’enfreignant aucune loi (…)

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© Droits réservés

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APPLESAUCE, de Onur Tukel

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CRITIQUE

Titre original : Applesauce
Réalisation : Onur Tukel
Scénario : Onur Tukel
Acteurs principaux : Onur Tukel, Trieste Kelly Dunn, Max Casella
Pays d’origine : U.S.A
Sortie : prochainement
Durée : 1h30
Distributeur : –
Synopsis : Tous les mardis soir, l’animateur de radio Stevie Bricks invite ses auditeurs à appeler pour raconter leurs histoires. Et ce soir, Ron Welz est prêt à raconter la sienne. Mais très vite, il est rattrapé par son passé. Quand il reçoit des membres humains par la poste, sa vie s’écroule. Qui le tourmente ? Son étudiant insolent ? Son meilleur ami ? Sa femme ? Il y a huit millions de personnes à New York, huit millions de suspects…

note de PIERRE :
★★★★★★☆☆☆☆

(…) Avant la projection de son film, Onur Tukel expliquait avoir réalisé APPLESAUCE avec un très petit budget. Disposant de davantage de moyens que pour son précédent, cela reste un film réalisé avec peu de moyens. Et cela se remarque assez vite à la vue de son œuvre. Avec une qualité d’image plus que moyenne, le réalisateur nous balade dans les rues du vrai New York, en allant à l’essentiel dans sa mise en scène. Ayant conscience des contraintes qui s’imposent à lui, le réalisateur se lance dans une sorte de cinéma vérité par défaut. Son œuvre rappelle alors la série du comique du stand-up Louis C.K : Louis (2010- ). Une série qui fonctionne parfaitement dans un format d’épisodes de 25 minutes, mettant en image une histoire courte, une blague ou une situation comique pouvant être issue de l’un de ses shows. Dans cette optique, la chute est essentielle. On en retrouve d’ailleurs une excellente pour la conclusion d’APPLESAUCE. Malheureusement sur la durée d’un long-métrage, la blague semble étirée et finit par s’essouffler. (…)

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6 YEARS, de Hannah Fidell

CRITIQUE

Titre original : 6 Years
Réalisation : Hannah Fidell
Scénario : Hannah Fidell
Acteurs principaux : Taissa Farmiga, Ben Rosenfield, Joshua Leonard
Pays d’origine : U.S.A
Sortie : –
Durée : 1h25min
Distributeur : –
Synopsis : Dan et Melanie ont 20 ans. Ils sont ensemble depuis six ans et s’aiment depuis l’enfance. Mais quand la maison de disques dans laquelle Dan fait son stage lui propose un emploi, leur couple est mis à rude épreuve. Entre sa carrière et sa relation avec Mel, il doit choisir. Quel avenir pour leur couple ?

note de PIERRE :
★★★★★☆☆☆☆☆

(…) Pour 6 YEARS il s’agit cependant de présenter l’étape suivante, celle du premier travail et des responsabilités qui vont avec. Apparaît dès lors le principale problème du film : le manque de finesse de la réalisatrice pour opposer ces deux mondes (jeunesse et adulte). Peu de surprises ou d’idées novatrices dans la réalisation de Fidell. Celle-ci met en scène la « case » adolescence par des jeux de lumière superficiels. Un recours à des couleurs vives (rose, bleu, vert…), magnifiquement poussé à l’extrême dans Spring Breakers (Harmony Korine – 2012), mais ici sans personnalité. La réalisatrice nous plonge face à des stéréotypes. Notamment avec le personnage de Mel dans son entier. Lorsque cette dernière n’est pas en soirée avec ses amis, on la retrouve en parfaite institutrice stagiaire pour une classe de maternelle. Cheveux lisses et longs, robe légère et pull sobre, l’image qui s’en dégage en devient risible.(…)

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NASTY BABY, de Sebastien Silva


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CRITIQUE

Titre original : Nasty Baby
Réalisation : Sebastiàn Silva
Scénario : Sebastiàn Silva
Acteurs principaux : Sebastiàn Silva, Kristen Wiig, Tunde Adebimpe, Mark Margolis,Reg E. Cathey
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : prochainement
Durée : 1h40
Distributeur :
Synopsis : Freddy et Mo, un couple de Brooklyn qui, pour avoir un enfant, se fait aider par une amie, Polly. Le film suit l’aventure du trio vers la parentalité, et son quotidien dont l’équilibre est de plus en plus menacé par ‘L’évêque”, un voisin qui les harcèle.

note de BB :
★★★★★★★★★☆

(…) Par sa belle mise en scène et une jolie photographie, le réalisateur (et acteur) retranscrit l’état d’esprit de ses personnages et le dynamisme de leur vie. On retrouve ainsi une caméra toujours en mouvement, parfois brusque ou au contraire planante, venant se poser sur un visage ou un détail pour souligner un sentiment ou une émotion, et ainsi offrir des séquences très touchantes. Par sa réalisation simple et spontanée, le film est un pur produit du cinéma indépendant new yorkais, un peu fou et décousu, mais néanmoins très sérieux. Il en résulte un film très agréable à voir, respirant la créativité et la liberté. (…)

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