WILLIAM FRIEDKIN !
Un auteur passionnant dans sa vision d’un cinéma jusqu’au bout-iste dont nous souhaitions examiner d’un peu plus près la filmo !

FRENCH CONNECTION, 1971 – ressortie le 19 août 2015
L’EXORCISTE, 1974
SORCERER, 1977 – ressortie le 15 juillet 2015
CRUISING – la Chasse, 1980
– POLICE FEDERALE LOS ANGELES, 1985
– BUG, 2006
KILLER JOE, 2011

Des oeuvres dérangeantes, iconoclastes, politiques, abouties à de multiples niveaux… Aucune pourtant (excepté l’Exorciste et French Connection), n’a véritablement trouvé le succès public !
On salue ainsi l’audace des distributeurs Capricci et Bac de ressortir en salles deux de ses films cultes, en espérant que cela contribue à faire redécouvrir ce cinéaste exceptionnel.

 

FRENCH CONNECTION, de William Friedkin
Ressortie le 19 août 2015

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CRITIQUE

• Titre original : French Connection
• Réalisation : William Friedkin
• Scénario : Ernest Tidyman d’après l’oeuvre de Robin Moore et d’Edward M. Keyes
• Acteurs principaux : Gene Hackman, Roy Scheider, Tony Lo Bianco, Marcel Bozzuffi, Patrick McDermott, Al Fann, Fernando Rey, Frédéric De Pasquale
• Pays d’origine : américain
• Sortie : 19 août 2015
• Durée : 1h44
• Distributeur : Capricci Films
• Synopsis :Deux flics des stups, Buddy Russo et Jimmy Doyle, dit Popeye, se retrouvent sur la piste d’une grosse livraison d’héroïne en provenance de Marseille. De planques en filatures, d’arrestations en courses-poursuites dans les rues de New York, Popeye et Russo vont démanteler ce que les archives du crime appellent désormais… la French Connection.

« Par sa quête de réalisme, sa photographie singulière et son personnage principal transgressant toutes les valeurs associées à son idéal pour l’atteindre, William Friedkin réalise un film culte et magistral qui ne subit pas les aléas du temps et devient une source d’inspiration pour les générations de cinéastes à venir. »

@Marie9Pons

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L’EXORCISTE – 1974


CRITIQUE

Titre original : The Exorcist
Réalisation : William Friedkin
Scénario : William Peter Blatty
Acteurs principaux : Linda Blair, Ellen Burstyn, Max von Sydow
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : septembre 1974
Durée : 2h2min
Distributeur : –
Synopsis : En Irak, le Père Merrin est profondément troublé par la découverte d’une figurine du démon Pazuzu et les visions macabres qui s’ensuivent. Parallèlement, à Washington, la maison de l’actrice Chris MacNeil est troublée par des phénomènes étranges : celle-ci est réveillée par des grattements mystérieux provenant du grenier, tandis que sa fille Regan se plaint que son lit bouge…

note de PIERRE  :
★★★★★★★☆☆☆

(…) Le réalisateur se montre particulièrement convaincant et délicat dans sa façon d’amener l’enfant à cette situation terrifiante. Notamment dans sa mise en scène, utilisant ombres et apparitions furtives d’un visage démoniaque – comme un rappel possible des « effets » dans La Maison du diable (1963), de Robert Wise, qui suggère plutôt que de montrer. Le tout bien mis en lumière par la photographie d’Owen Roizman (French Connection, Les Trois jours du Condor), jouant sur des contrastes de noir et bleu, et plongeant la dernière partie du film dans un brouillard angoissant
(…)
Malheureusement Friedkin finit par basculer dans du grand spectacle qui, aujourd’hui, a bien mal vieilli. Au-delà de certains maquillages et décors légèrement kitch faisant plus sourire qu’autre chose, c’est dans une succession de situations se voulant toutes plus marquantes que le réalisateur perd le contrôle.

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Sommet d’épouvante
L’empathie est à son maximum, avant que la véritable phase de terreur commence. La patience, et ce mépris du politiquement correct ont façonné parmi les images les plus iconiques de ces 100 dernières années de cinéma. Un masterpiece;

LE CONVOI DE LA PEUR – SORCERER – 1977
Ressortie le 15 juillet 2015

Sorcerer (1)

CRITIQUE

Titre original : Sorcerer
Réalisation : William Friedkin
Scénario : Walon Green
Acteurs principaux : Bruno Cremer, Roy Scheider, Joe Spinell, Gerard Murphy,
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : novembre 1978
Reprise : 15 juillet 2015
Durée : 2h0min
Distributeur : Bac Films
Synopsis : Quatre étrangers de nationalités différentes, chacun recherché dans son pays, s’associent pour conduire un chargement de nitroglycérine à travers la jungle sud-américaine…  Un voyage au coeur des ténèbres…
(il s’agit du remake U.S. du Salaire de la peur de Clouzot)

(…) Avec SORCERER, le réalisateur, sans doute lui-même possédé lors du tournage, semble avoir atteint le sommet de sa maîtrise technique. De la première à la dernière image, le film est un régal en terme de composition de plan et de mouvements de caméra. William Friedkin, en transe donc, mène ce voyage au bout de l’enfer avec un seul mot d’ordre : l’efficacité. Zooms, panoramiques, utilisation des focales courtes ou longues, contre-plongées, plans subjectifs, autant d’outils servant à merveille les moments les plus calmes comme les plus tendus ou les plus chaotiques. De plus, comme toujour chez le cinéaste, le travail sur le son est à louer une nouvelle fois, tant on jurerait de se prendre des impacts de balles ou une explosion en plein visage. La nature superbement traitée par les bruitages est également souvent agressive. Impossible aussi de parler de SORCERER sans évoquer ses nombreux morceaux de bravoure dits des scènes du pont ou du tronc d’arbre (…)

« Un immense moment de cinéma, doublé d’une leçon de mise en scène. »

@LorisQuinto

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© Bac Films

© Bac Films

Sommet de suspens,
Grâce à une gestion de l’empathie complètement démente (4 personnages égaux en termes de background: puissant !) et une mise-en-scène juste incroyableLe Convoi de la Peur transcende à la fois Spielberg et Clouzot en transformant la référence en quelque chose de beaucoup plus personnel;
Spielberg, par l’emprunt flagrant mais intelligemment détourné (sous forme de règlement de comptes)de Roy Scheider, emblème de l’autre sommet de suspens qu’est Les dents de la mer.
Clouzot, car si la mise-en-scène de Friedkin égale la sienne en termes d’intensité, là encore, revient cette notion d’empathie qui fait légèrement défaut au film originale, et qui ici, renforce toute la tension inhérente au film.

Trop ambitieux, trop politique, trop effrayant, trop mystique, trop réaliste, trop viscéral… Le Convoi de la Peur est, par ses excès, un chef d’oeuvre total qu’il est important de découvrir pour remettre en perspective, tout un pan du cinéma de divertissement.


Sorcerer est ce que l’on appelle en bonne et due forme une claque cinématographique ! Film culte de William Friedkin sorti en 1978, il s’agit d’un long-métrage absolument fascinant qui happe le spectateur du début à la fin. La première partie du film nous incite à découvrir les 4 personnages de l’histoire, 4 hommes aux parcours différents et aux backgrounds percutants qui sans le savoir vont emprunter la même pente moribonde en prenant refuge dans un pays inconnu d’Amérique du Sud, berceau insalubre et poisseux des âmes damnées. Mais le cauchemar subsiste réellement lorsque nos protagonistes doivent conduire un chargement de nitroglycérine à travers une jungle impétueuse et les routes les plus périlleuses. Impossible de rester tranquille lors de cette seconde partie tant elle est littéralement hallucinante. Dire que la tension est palpable est un doux euphémisme, dire que suspense est à son comble ne suffit à témoigner des sommets d’intensité, d’empathie, de dramaturgie et d’angoisse que délivre ce film. Un chef-d’œuvre d’ambiance, noir et pessimiste, à découvrir ou à redécouvrir en salles le 15 juillet 2015.

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CRUISING, la Chasse – 1980


CRITIQUE

Titre original : Cruising
Réalisation : William Friedkin
Scénario : William Friedkin, d’après Gerald Walker
Acteurs principaux : Al Pacino, Karen Allen, Paul Sorvino
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 24 septembre 1980
Durée : 1h40min
Distributeur : –
Synopsis : La police new-yorkaise enquête sur deux meurtres d’homosexuels appartenant à la tendance sado-masochiste, qu’elle pense être dus au même tueur. Le capitaine David Edelson, chargé de l’affaire, propose à un jeune policier en uniforme, Steve Burns – qui possède les caractéristiques physiques des victimes – d’infiltrer la communauté gay. Comme il ambitionne de devenir « enquêteur », Steve, voyant la possibilité d’une rapide promotion, accepte, en dépit du danger qu’il encourt…

(…) Avec cette ambiance de rêve qui plane tout au long de CRUISING – LA CHASSE, mêlé à la peur de Steve de perdre le contrôle, de se perdre durant son enquête, le doute se pose sur l’identité réelle du tueur. En cela, la relation de Steve avec sa petite amie Nancy, interprétée par Karen Allen (Les Aventuriers de l’arche perdue) devient essentielle. Seul lieu de rare refuge mais où Steve ne peut se livrer. D’autant qu’en l’entourant de forces de l’ordre à la morale plus que douteuse (certains policiers profitant de leur « pouvoir » pour malmener la communauté gay), sujet qu’affectionne Friedkin – déjà le cas dans French Connection, et traité de nouveau en 1985 dans Police Fédérale, Los Angeles – rien n’est moins sûr à propos de Steve, si charismatique et ambigu devant son miroir. Friedkin réussi ainsi un véritable tour de force, laissant le spectateur dans l’expectative jusqu’à la fin.

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Sommet de suggestion
Friedkin (et Pacino) jouent avec le feu en allant à la limite de la suggestion pour raconter l’infiltration d’un flic dans le milieu gay underground new-yorkais des 70’s (!!!) pour enquêter sur une série de meurtres.
Soit l’occasion de se plonger dans un New York sale et malsain, mais via une vision très objective (et donc froide) d’un univers plus que tabou. C’est cette absence de jugement qui rend La Chasse si précieux et subversif, en plus d’être un excellent thriller – Chef d’oeuvre !

POLICE FEDERALE LOS ANGELES – 1985


Titre original : To Live and Die in L.A.
Réalisation : William Friedkin
Scénario : William Friedkin, Gerry Petievich
Acteurs principaux : William L. Petersen, Willem Dafoe, John Pankow
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : –
Durée : 1h56min
Distributeur : –
Synopsis : Richard Chance est un flic tête brûlée, obsédé par la traque du faussaire Rick Masters. Le jour où son co-équipier est abattu alors qu’il menait une opération en solo, Chance décide de monter un coup tordu des plus illégaux en braquant un convoyeur de fonds… qui s’avère être un agent du FBI infiltré, et qui est abattu accidentellement. Obstiné, Chance continue à tendre son piège autour de Masters, malgré le déluge de violence qui s’abat autour de lui.

Suite à l’échec cuisant de plusieurs métrages dont Le Convoi de la peur et Cruising, Friedkin revient en 1985 au genre qui fit sa gloire avec French Connection le polar brut de décoffrage. POLICE FÉDÉRALE LOS ANGELES est tout à la fois un thriller sec et un trip solaire maitrisé tout articulé autour d’un personnage de flic antipathique et suicidaire (l’excellent Willam Petersen).  Los Angeles, ville pourris de l’intérieur,  est le décor propice à des scènes ahurissantes dont une course-poursuite d’anthologie à contresens sur l’autoroute de L.A.  Un style très énergique et ancré dans les 80’s sur une musique tonitruante de boite de nuit interprété Wang Chung (New wave) !

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BUG – 2006

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Titre original : Bug
Réalisation : William Friedkin
Scénario : Tracy letts
Acteurs principaux : Ashley Judd, Michael Shannon, Harry Connick Jr, Lynn Collins
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 21 février 2007
Durée : 1h40min
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Synopsis : Agnès vit seule dans un motel désert. Elle est hantée par le souvenir de son enfant, kidnappé plusieurs années auparavant, et redoute la visite de son ex-mari, Jerry, un homme violent
récemment sorti de prison. Dans cet univers coupé du monde, Agnès s’attache peu à peu à un vagabond excentrique, Peter. Leur relation tourne au cauchemar lorsqu’ils découvrent de mystérieux insectes capables de s’introduire sous la peau. Ensemble, ils vont devoir découvrir s’il s’agit d’une folie partagée ou d’un secret d’Etat…

Comme dans Shining, le personnage principal verse doucement dans une folie parfaite et profonde. La photographie nous emprisonne petit à petit dans un univers oppressant et fascinant. La performance de Michael Shannon est intense, tel un Jack Nicholson sombrant  fatalement dans sa chambre de motel. On est pris du début à la fin, lentement pétrifié, ne sachant jamais jusqu’où le film nous emmènera. Un grand moment de cinéma et de suspense, avec un final (bleu) électrique !

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Sommet de paranoïa.
Friedkin revient au succès critique / public avec ce film minimaliste narrant la descente aux enfers paranoïaque d’un couple improbable.
Le film qui nous a introduit l’immense Michael Shannon, bien avant que l’acteur se laisse broyer par Hollywood avec Man of Steel

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KILLER JOE – 2011


CRITIQUE

Titre original : Killer Joe
Réalisation : William Friedkin
Scénario : Tracy Letts
Acteurs principaux : Matthew McConaughey, Emile Hirsch, Juno Temple
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 5 septembre 2012
Durée : 1h42min
Distributeur : Pyramide Distribution
Synopsis : Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars. Mais qui va se charger du sale boulot ?
Killer Joe est appelé à la rescousse. Flic le jour, tueur à gages la nuit, il pourrait être la solution au problème…

(…) KILLER JOE est un film choc, un objet filmique dont seul Friedkin semble avoir le secret. La subversion est poussée à son comble, l’ambivalence entre visages angéliques et les plus terrifiantes horreurs alimente l’ambiguïté qui gangrène l’art de son metteur en scène, ici jusqu’au chaos final où la saveur des dialogues laisse place à la dévastation, à l’odeur âpre du sang. Le film est un malaise constant, le spectateur observe, impuissant, l’étau de l’infamie se renfermer sur ces personnages malhonnêtes, menteurs, criminels, presque caricaturaux. KILLER JOE c’est une série B théâtrale écrite avec la plume d’un Faulkner, la mise en scène testamentaire d’un cinéaste gigantesque et l’aboutissement de tout un casting à contre-emploi. Un classique en devenir et une véritable leçon de cinéma.

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Killer Joe (1)

Sommet de subversion (comme très souvent chef Friedkin);
Retour en grâce de Matthew McConaughey (juste après La Défense Lincoln) mais également d’un supporting-cast plus que dément (Juno Temple, Emile hirsch, Thomas Haden Church, Gina Gershon) tous plus allumés les uns-que les autres, pour un théâtral jeu de massacre psychologique. Génial.

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