Photo du film LE SIFFLET
Crédits : Metropolitan FilmExport

Le sifflet, la mélodie du malheur

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2.5
RHO, ÇA VAAA

Rip-off mal assumé de Destination finale, Le sifflet ne révolutionne pas sa recette et se fraye directement un chemin vers les catalogues de plateforme. Ni bon ni mauvais, il remplit sa fonction de film d’exploitation, malgré un cruel manque de générosité.

Un bien faible sifflement

Entre Le Sanctuaire en 2015 et le spin-off de Conjuring : La Nonne en 2018, le réalisateur anglais Corin Hardy n’a pas exactement convaincu les foules de son talent de cinéaste. Même si, à la revoyure, certains ont attribué à La Nonne un potentiel de film d’exploitation un peu stupide mais fort amusant, Le sifflet ne générait pas pour autant beaucoup d’attente. Loin de tabler sur le seul nom de son réalisateur, le film se vend davantage sur son casting, composé en grande partie de jeunes acteurs issus de films et séries populaires. Un procédé proche de Souviens-toi l’été dernier en son temps.

On y croise ainsi Dafne Keen, vue chez Marvel dans Deadpool & Wolverine et His Dark Materials, Percy Hynes White, aperçu dans le Mercredi de Netflix, ou encore Sophie Nélisse, présente au casting de Yellowjackets et Heated Rivalry. Une belle brochette de jeunes adultes chair à canon, partis pour mourir dans d’atroces souffrances, dans une sorte de Destination Finale a priori bas de gamme. A priori, car la presse et les spectateurs ne sont pas tendres avec le nouveau film de Corin Hardy. S’ajoute un box-office plutôt pauvret, qui peine à rentabiliser son budget, pourtant moyen, de 2 millions de dollars.

Un rip-off de Destination Finale

Le dernier épisode de la saga Destination Finale a engendré près de 318 millions de dollars de recettes l’été dernier. Considérons aussi le succès surprise de Smile en 2022 et la réception élogieuse de It Follows un peu plus tôt en 2014, et nous devinons sans le moindre soupçon l’intention commerciale derrière Le sifflet. En effet, ce scénario, où un groupe d’adolescents appellent inconsciemment leurs propres morts par l’entremise d’un sifflet aztèque, cumule les points communs avec ces films. Course-poursuite infernale avec la mort elle-même, mises à mort graphiques et appuyées : rien de nouveau sous le soleil.

En d’autres termes, Le sifflet peut être considéré comme un rip-off, une contrefaçon, un repompage de Destination finale et des œuvres associées. La chose n’a rien de nouveau. Piège en haute-mer en 1992 n’était, ni plus ni moins, qu’un Die Hard sous la flotte. Les intentions pécuniaires derrière ce type de production n’induisent pas pour autant qu’un rip-off constitue nécessairement un navet. Divertissements sans prétention, ces films se destinent avant tout au marché de la vidéo (ou à la VOD de nos jours) pour attirer le chaland sur un concept connu, qu’il a probablement déjà apprécié par ailleurs.

Un film paresseux mais honnête

Le sifflet semble clairement destiné au public des plateformes, comme son casting le laisse entendre – malgré une apparition de Nick Frost, venu cachetonner sans plus attendre. Certains diront que sa sortie au cinéma constitue une anomalie alors que, dans les faits, nous manquons cruellement de ce type de film d’exploitation sur grand écran. De ces divertissements faciles et mercantiles, qui ne donnent ni à réfléchir ni à s’extasier, mais qui offrent de purs moments pop-corn. Certainement pas grandiose, Le sifflet remplit parfaitement cette fonction, malgré un cruel manque de générosité.

En effet, si elles souffrent malheureusement d’une surcharge numérique, les différentes morts des personnages s’inscrivent dans la tradition grandiloquente des Destination Finale. À ceci près qu’elles ne s’équivalent pas toutes. Si certaines donnent à voir du grand spectacle, d’autres se révèlent plus timides, rushées, voire même confuses. De même que le scénario se fiche pas mal de ses enjeux, et se contente de singer ses référentiels sans plus d’imagination. Certes, Le sifflet accomplit sa mission de rip-off avec paresse. Il n’empêche que, dans les faits… il l’accomplit. N’allons donc pas chercher plus loin.

— Lilyy NELSON

Auteur·rice

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