Photo du film LE REVEIL DE LA MOMIE
Crédits : Warner Bros.

Le réveil de la momie, Lee Cronin réinvente le mythe

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3
SURPRENANT
IMDb6.5/10Letterboxd2.7/5Metacritic48/100Rotten Tomatoes47%

Loin des codes initiés par les Universal Monsters, Le réveil de la momie s’approche davantage du film de possession que du film de momie antique. Un dépoussiérage en règle, pour un projet bien plus ambitieux et réussi que les intentions qu’on lui prête.

De quelle momie parle-t-on vraiment ?

Dans les années 2010, Universal avait tenté, sans succès, de développer un univers cinématographique étendu autour de ses Universal Monsters – à savoir Frankenstein, le loup-garou, l’homme invisible, Dracula et consorts. L’ambition était portée par La Momie d’Alex Kurtzman, une catastrophe industrielle avec Tom Cruise en tête d’affiche. La qualité de ce premier film, sorti en 2017, sonna l’arrêt net et définitif de ce fameux Dark Universe. En subsistent toutefois quelques réminiscences, avec la sortie de projets pensés à la base pour ce Marvel horrifique, tels que Wolf Man de Leigh Whannell ou The Bride! de Maggie Gyllenhaal. Or, tel n’est pas le cas pour Le réveil de la momie.

Le film de Lee Cronin témoigne d’une toute autre ambition. Les mauvaises langues diront qu’il s’agit plutôt, pour les studios Blumhouse et Atomic Monster, de damner le pion à Universal – qui annonce un reboot à venir de la franchise La Momie avec Brendan Fraser. L’affaire ressemble néanmoins à un hasard de calendrier. Lancé en 2024, le Mummy movie de Lee Cronin précède le projet d’Universal, révélé en novembre 2025. Le film a même été renommé plusieurs fois en cours de développement, afin d’éviter toute méprise. Pour autant, doit-on y voir une quelconque bassesse de la part d’Universal ? Pas si sûr.

Une filiation plus trouble qu’il n’y paraît

Quoi qu’il en soit, plutôt que de générer une rivalité, la maison de Jason Blum semble percevoir la chose davantage comme une opportunité. Elle mise, en effet, sur cette confusion pour vendre des tickets de cinéma, mais aussi pour attirer l’attention sur Le réveil de la momie. En témoigne ce tweet, où Blumhouse prévient : « Brendan Fraser n’est pas dans La Momie de Lee Cronin. »

Une approche marketing audacieuse, néanmoins dommageable pour le film, car à l’exception de sa thématique, il n’entretient aucun lien, ni avec La momie de Sommers, portée par Rachel Weisz et Brendan Fraser, ni même avec le classique d’Universal, La momie, sorti en 1932 et « remaké » inlassablement depuis.

Le lien de parenté s’avère effectivement bien plus lointain. Là où Cronin avait lamentablement tenté de faire entrer des thématiques familiales au forceps dans Evil Dead Rise, il parvient davantage à réinventer le mythe de la momie pour s’engager sur ce terrain.

Quand la momie devient possession

En effet, ici, pas de momie pharaonique ni de chasse au trésor, mais une petite fille disparue au Caire, et retrouvée huit ans plus tard, momifiée dans un sarcophage. S’ensuivent les questionnements de sa famille, sa violence une fois réintégrée dans le cocon familial, et une réflexion sur l’amour inconditionnel que l’on peut porter à un enfant.

En réalité, Le réveil de la momie s’approche bien plus du film de possession, avec un référentiel plus ancré dans les années 70, qui évoque volontiers L’exorciste ou La malédiction. Plutôt qu’un démon chrétien, il choisit une entité issue du folklore égyptien. Et à l’exorcisme, il préfère la momification, rite propre à cette culture.

On apprécie d’ailleurs l’effort de réalisme socioculturel, marqué par un choix d’acteurs représentatifs de la population et par des dialogues en langue arabe. Et ce, bien qu’on puisse contester le choix de Verónica Falcón, d’origine mexicaine, en antagoniste principale – néanmoins brillante dans son rôle de sorcière du désert.

Cette marque de respect demeure toutefois louable, là où dès La momie de 1932, le cinéma donnait à l’Égypte et à son folklore des airs de fête foraine, baignés d’occidentalisme. Pour autant, Le réveil de la momie n’oublie pas sa dimension horrifique et nous donne à voir un spectacle assez réjouissant en la matière.

Des lambeaux de peau arrachés, des cadavres souillés et des enfants malmenés : Lee Cronin ne s’interdit rien, sans pour autant verser dans le too much. On lui reprochera cependant un propos niais sur l’amour filial, à la limite du sirupeux. Soit le même reproche que pour Evil Dead Rise… Dommage.

— Lilyy NELSON

Auteur·rice

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