20 ans après Independence Day, Roland Emmerich revient sur nos écrans avec une suite que l’on n’attendait plus et qui, disons-le, n’était pas nécessaire. Mais voilà une belle occasion de revenir sur le premier du nom, un blockbuster un peu trop long, pas destiné à faire dans la finesse mais duquel se dégage un certain charme. A tel point que l’évoquer, en 2016, ne peut être fait sans une pointe de nostalgie. On n’a pas honte de le dire : on aime ce film. Et malgré ses défauts, on vous donne 10 raisons de le kiffer !

1 – Tous unis contre l’envahisseur, mais God bless America avant tout.

En bon film bien patriotique, Independence Day va vraiment loin dans la symbolique pro-USA. Comme par hasard, le combat tombe le 4 juillet, une date fondatrice pour nos amis américains et Emmerich veut rendre ce jour encore plus important en lui redonnant par dessus une nouvelle symbolique fictionnelle. Il suffit de voir le discours de motivation du Président (Bill Pullman), à la veille de l’assaut, pour mesurer toute la portée patriotique du film. Egalement, c’est bien l’Amérique qui est la fer de lance de la contre-offensive humaine envers l’envahisseur alien. Forcément, c’est grâce aux américains, qui trouverons le moyen de détruire un vaisseau, que le monde sera sauvé. Les autres pays (dont nous, les fameux fromages qui puent) n’auront plus qu’à se baser sur le même modèle, gentiment fournit par les américains. Après ça, obligé, toi aussi t’as envie de monter dans un avion pour défoncer de l’alien.

2 – L’écologie, c’était déjà là

Bien avant de consacrer tout un film aux conséquences probables du réchauffement climatique (Le Jour d’après, 2004) Emmerich donnait déjà dans l’écologie. Tout au long d’Independence Day, en plus de comprendre avant tout le monde l’invasion des aliens, David Levinson (Jeff Goldblum) est aussi là pour nous rappeler qu’il faut prendre soin de la Terre. Pour rappel, Levinson c’est ce gars, l’analyste informaticien qui se déplace en vélo jusqu’au bureau et qui explique à ses collègues de trier leurs ordures dans les poubelles présentent à cet effet, pendant que tout le monde écoute un peu ce qu’il se passe avec ces connards d’aliens au-dessus de leur tête. Le collègue relou par excellence donc mais qui, mine de rien, permet à Emmerich de faire passer son discours avec un poil de finesse.

3 – Une stripteaseuse et un militaire se marient

Parce que oui, ce n’est pas parce que toute la planète brûle à petit feu et que les forces humaines diminuent à chaque instant, qu’on ne peut pas prendre cinq minutes pour réfléchir mariage entre deux personnages du film. Steve, le futur héros de toute la nation, et sa copine une… stripteaseuse (interprétée par Vivica Fox. Comme quoi, dans l’Amérique merveilleusement unie d’Emmerich il n’y a pas de sot métier, et tous, même un ivrogne (ce cher Russell Casse, on y reviendra) peut avoir son importance et nous tirer vers le haut ! C’est beau putain.

4 – Le chien est sauf !

Dans Independence Day les victimes se comptent par million. La maison blanche explose, les villes de Huston et de Los Angeles sont rasées, mais, lorsque la famille de Steve (Will Smith) se réfugie dans un tunnel tandis qu’une vague de flammes, une seule inquiétude : leur chien va-t-il s’en sortir ? La mère et son fils auraient surement pu aider des survivants à s’abriter. Que dalle ! Ils préfèrent encourager l’animal à les rejoindre à temps. Celui-ci évitera de justesse la mort. Ouf ! L’Amérique… heu le chien est sauf !

5 – Independence Day / Mars Attack, même combat

Dans le fond, Independence Day qu’est-ce que c’est ? Une multitude de personnages disséminés dans différentes villes américaines et dont les destins se croisent en raison d’une invasion d’extraterrestres. Il y a les politiques avec le président en première ligne qui devra prendre la bonne décision pour l’avenir de son pays (oui son pays d’abord, parce que le reste du monde on s’en fou pour l’instant !), le scientifique malin que personne n’écoute, le militaire qui sauvera tout le monde, et même une famille hispanique constituée d’un gamin malade et d’un père alcoolique… Très ressemblant du Mars Attack de Tim Burton sorti la même année. Mais si Emmerich se veut plus ou moins sérieux avec ce film catastrophe, Mars Attack est clairement dans l’ironie et la parodie. Par contre, il est possible de rire à peu près autant devant les deux.

6 – Un seul mot d’ordre : tout faire péter, même la Maison Blanche !

Independence Day c’est avant tout l’occasion de voir l’Amérique tout faire péter. Si aujourd’hui on a l’habitude de voir au cinéma le Kremlin en Russie ou la Tour Eiffel s’écrouler d’un claquement de doigt, à l’époque, faire partir en fumer la Maison Blanche c’était quand même quelque chose. Une image qui aura marqué une génération, parfois réutilisée dans d’autres films (on vous met au défi de la retrouver dans Austin Powers 2) et vrai putain de kiffe !

7 – Un super-président, fort, même dans les moments difficiles

Alors que le président s’est barré la queue entre les jambes à bord de son Air Force One, sa femme n’a malheureusement pas échappée à l’attaque extraterrestre et sera retrouvée dans les décombres de la ville par Jasmine (la stripteaseuse, triste sort…). Le président vit là une période difficile, d’autant qu’il doit désormais s’occuper seul de sa gamine. Mais en dépit de tous ces obstacles, il va remotiver ses troupes il va partir en première ligne, dans un avion de chasse (ba oui, un président ça doit savoir piloter, c’est la base) pour dézinguer des aliens. Un genre de Poutine capitaliste et moins psychopathe…

8 – Will Smith / Jeff Goldblum, duo de choc !

Les deux acteurs forment un duo qui marche du tonnerre grâce à leur alchimie et l’humour. Le final durant lequel ils sont réunis pour entrer dans le vaisseau alien fait basculer le film du côté de buddy-movie pour notre plus grand plaisir. Dans les années 80-90, le génial Jeff Goldblum est au meilleur de sa carrière, il tourne avec Kaufman,  Spielberg, Cronenberg, Altman et… Roland Emmerich ! On peut vraiment dire que ce rôle dans Independence Day et celui dans Jurassic Park ont grandement participé à le rendre cool. Will Smith est pour sa part au début de sa carrière au cinéma (il s’agit ici uniquement de son 5ème rôle sur grand écran) et on remarque qu’il se fait déjà une spécialité des duos. Avant Independence Day, il tourne Bad Boys puis enchaîne avec Men In Black et, malheureusement, le mauvais Wild Wild West. Aujourd’hui en 2016, on peut affirmer que l’association Will Smith/Jeff Goldblum pue la classe et demeure l’une des attractions principale du long-métrage. Puis si vous en doutez, rappelez-vous que Will Smith achève un alien à mains nues puis s’allume un cigare tranquille sur la carcasse du vaisseau. On appelle ça la classe ultime.

9 – Un regard sur le passé, le présent et le futur de l’Amérique

Qui dit destruction massive de l’Amérique par une force étrangère, venue d’une autre planète, fait forcément penser aujourd’hui aux différentes attaques qu’ont connu les Etats-Unis ces dernières années, le 11 septembre 2001 en première ligne. Ici, les plans d’immeubles en feu et les vagues de fumée laissent un arrière-gout étrange désormais. La figure patriotique se retrouve également dans les évocations de la Guerre du Golfe (1990-1991), dans les souvenirs du Vietnam (1963-1975) et l’utilisation d’une bande de hippies à qui Emmerich semble dire qu’ils auraient mieux fait de rester chez eux et laisser les Etats-Unis faire la guerre.

10 – Russell Casse, le sauveur badass

Alors que tout semble perdu, que le vaisseau alien s’apprête à utiliser son arme ultime, l’armée se trouve désemparée. Tous les missiles ont été tiré et le dernier en la possession du président, qui aurait bien aimé être le sauveur, échoue lamentablement. Mais qui surgit ? Russell Casse bien sûr ! Armé d’un dernier missile, il peut porter le coup de grâce et permettre à l’armée d’en finir. Au moment de balancer son projectile dans le mile, ce dernier se retrouve bloqué. Faux espoir pour toute la nation. Sauf que Russell Casse en a dans le pantalon et, devant l’importance de la situation, décide de se sacrifier en pénétrant dans le canon du vaisseau pour exploser. Après une phrase d’adieu à ses enfants, il lâche un gros « fuck you » suivi du culte « Hello boys, i’m back !« . Comment passer en 20 secondes d’une scène émouvante où t’as envie de chialer à une punchline badass. La finesse d’Emmerich à son paroxysme.

Pierre Siclier & Maxime Bedini

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