Le s’apprête à fermer ses portes dans les prochaines heures et nous avons pu voir le dernier énorme morceau de la Compétition : Mektoub, my love : Intermezzo.

Avant de passer au problématique film de Kechiche, on s’attardera sur notre début de journée en compagnie d’un garçon moins turbulent, . Habitué du Cannes, il fait le course en Compétition Officielle avec Roubaix, Une Lumière. Un étrange polar tiré d’une histoire vraie qui met en scène dans la peau d’un policier chargé de maintenir l’ordre dans la pauvre (dans tous les sens du terme) ville de Roubaix. Les petits larcins s’accumulent dans le coin mais une affaire plus importante va occuper les forces de l’ordre : le meurtre d’une vieille dame. Ce film policier, quasiment sans cesse plongé dans le noir a le gros défaut de passer après une Sélection Officielle d’un niveau extraordinaire cette année. Un petit objet sans grande prétention, au charme séduisant mais qui est totalement inoffensif. On préférera saluer la troupe d’acteurs, à qui le film doit beaucoup. Un prix à venir ?

Par la suite, la presse a pu découvrir Le Traître, biopic de l’italien Marco Bellocchio sur Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra ayant collaboré avec le juge Falcone pour faire tomber les autres membres de cette organisation. Le film a exactement le même défaut que celui présenté précédemment. Son classicisme ne lui permettra pas de se différencier des autres films. Assez long dans sa première partie, Le Traître gagne en ampleur dans sa seconde avec le procès pour la chute, sous nos yeux, d’un empire du crime. L’acteur principal Pierfrancesco Favino a ses chances pour décrocher un Prix d’interprétation. Il devra se battre pour y arriver, car la concurrence est extrêmement rude cette année de ce côté.

Le Bellocchio était déjà un sacré morceau de quasiment 2H30. Ce qui n’était rien par rapport à la suite. Sélectionné au dernier moment, en même temps que le Quentin Tarantino, Abdellatif Kechiche est venu présenter son Mektoub, My Love : Intermezzo. Second opus qui fait suite à Canto Uno et qui n’a pas manqué de faire parler. Avant, pendant et après la projection. La presse ne s’est d’ailleurs pas précipitée à 22h pour découvrir le film. La durée de 3H30 et la promesse de voir quelque chose de si spécial a pu décourager certains de se rendre dans la salle. On voulait vivre quelque chose d’unique et nous avons été servis ! Une fois la longue première séquence achevée, le film se contente de rester enfermé dans une boîte de nuit pendant à peu près 3 heures. C’est long, éprouvant, parfois problématique sur certains points (quid du regard de Kechiche et de sa représentation de la sexualité ?) mais Mektoub, My Love : Intermezzo restera comme un souvenir inoubliable de cette édition. Une partie de l’audience n’a d’ailleurs pas résisté. Professionnels comme invités n’ont pas manqué de quitter progressivement la salle devant l’extrémisme de la proposition. La scène de cunnilingus (non simulée) de plus de 10 minutes a souvent été la goutte d’eau qui fait déborder la vase. Il y a beaucoup à dire sur le sujet et on vous invite à découvrir notre critique pour avoir un avis plus complet.

Ainsi se termine pour nous ce Cannes qui aura été d’excellente facture. Les prochaines critiques arrivent et on ne manquera pas de faire le bilan puis nos pronostics, avant le palmarès.

Maxime Bedini

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