Photo du film LA VENUS ELECTRIQUE
Crédits : Guy Ferrandis

Cannes, J-7 : sur quels films du festival faut-il déjà garder un œil ?

À une semaine du lancement, la Croisette bruisse déjà de rumeurs, d’attentes et de promesses. Derrière la Sélection Officielle 2026, une ligne se dessine : plus européenne, plus audacieuse, peut-être aussi plus politique. Alors, que faut-il vraiment attendre de ce cru cannois ?

Il y a presque un mois maintenant que Thierry Frémaux et Iris Knobloch annonçaient, depuis les fauteuils rouges du Pathé Palace, la prestigieuse Sélection Officielle. Depuis, les informations n’ont cessé de tomber : compléments de sélection, masterclass, Semaine de la Critique, ACID, Quinzaine… De quoi nourrir une attente de plus en plus fébrile à l’approche du lancement, prévu mardi prochain.

Cannes 2026 : un virage européen assumé

Mais qu’attendre exactement de cette 79e édition ? Une chose semble déjà se confirmer : l’absence relative des grands studios américains. Contrairement aux années précédentes, Cannes 2026 ne devrait pas être ponctué de grandes démonstrations spectaculaires liées à Cannes Premières – on pense notamment au passage de la Patrouille de France pour TOP GUN : MAVERICK en 2022.

La Sélection Officielle fait ici la part belle au cinéma européen. En compétition, le line-up affiche une ambition claire : FJORD, SOUDAIN, FATHERLAND, AUTOFICTION… Autant de titres portés par des cinéastes majeurs comme Pawel Pawlikowski, Ryusuke Hamaguchi, Pedro Almodóvar ou Cristian Mungiu.

Côté français, la présence est massive : Hafsia Herzi (La petite dernière), Léa Seydoux, Gilles Lellouche (Chien 51), Virginie Efira, Anaïs Demoustier… Tous apparaissent dans plusieurs films en compétition. Une omniprésence qui relance, en filigrane, les débats sur la surexposition de certaines figures du cinéma français.

Sur les 22 films en compétition, 18 sont des productions ou coproductions françaises. Une domination qui confirme le rôle central de la France dans les dynamiques de coproduction internationale. L’Espagne, l’Allemagne et la Belgique complètent ce paysage très européen, tandis que le Japon et la Corée viennent apporter une ouverture plus internationale avec NAGI NOTES, SHEEP IN THE BOX et le très attendu HOPE de Na Hong-jin.

Sélections parallèles : les outsiders à surveiller

En parallèle de la Sélection Officielle, plusieurs projets promettent de créer la surprise. À la Semaine de la Critique, Marine Atlan signe son premier long-métrage, LA GRADIVA, déjà attendu pour son approche visuelle et sensorielle.

Dans un registre plus poétique, IN WAVES de Phuong Mai Nguyen pourrait marquer les esprits, tout comme CLARISSA, adaptation libre de Mrs Dalloway par les frères Chuko et Arie Esiri.

L’animation s’impose également comme un terrain fort de cette édition. À la Quinzaine, Sébastien Laudenbach revient avec CARMEN, L’OISEAU REBELLE. Côté ACID, BLAISE intrigue par sa direction artistique, tout comme LE VERTIGE de Quentin Dupieux, déjà très attendu.

Enfin, JIM QUEEN promet de faire parler avec un pitch radical : une société frappée par un virus transformant les homosexuels en hétérosexuels.

Moins d’Amérique à l’écran, mais toujours des stars à Cannes

Si les films américains se font plus rares, les figures hollywoodiennes restent omniprésentes. Le jury, présidé par Park Chan-wook, réunit notamment Demi Moore, Chloé Zhao et Stellan Skarsgård.

À leurs côtés : Paul Laverty, Laura Wandel, Ruth Negga, Isaach de Bankolé et Diego Céspedes.

Deux Palmes d’Honneur seront également remises à Barbara Streisand et Peter Jackson, qui donnera une masterclass très attendue. Des rencontres avec Cate Blanchett et Tilda Swinton sont également prévues.

The White Lotus s’invite à Cannes

Enfin, un événement plus officieux attire déjà l’attention : le tournage de la saison 4 de THE WHITE LOTUS sur la Croisette. L’équipe de la série investit le Martinez et le tapis rouge, avec Laura Dern, Vincent Cassel ou encore Kumail Nanjiani.

De quoi brouiller les frontières entre fiction et réalité, dans une édition qui s’annonce déjà riche en images, en récits… et en surprises.

— Marie ARRIGHI

Auteur·rice

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