Casino Royale marque le retour inespéré de Bond sur le devant de la scène en 2006. Un nouveau visage, celui de Daniel Craig, et la série se voit relancée avec brio. Le parti pris esthétique a tout de même de quoi surprendre. Il y a en effet le choix du recours à un film d’animation – plutôt réussi dans son genre -, qui propose une approche totalement différente de ce qui avait été vu jusque là. Bien moins réaliste, il montre des corps très rectangulaires qui feront ici référence au casino et au poker, éléments essentiels de l’intrigue de ce 20e . On se doit de noter l’audace et l’originalité d’un tel générique. Dommage que le titre You Know My Name, chanté par Chris Cornell, dans une ambiance pop-rock, n’apporte absolument rien.

Après le grand écart opéré avec Casino Royale, Quantum of Solace (2008) apporte quelque chose de bien plus classique. Autant le film que le générique. En effet, bien qu’étant dans son ensemble décevant, Quantum of Solace propose un vrai épisode de James Bond, n’oubliant pas de respecter la majorité des codes établies avec les premiers films. Chose qui manquera cruellement à Skyfall, certes un bon film d’action, mais qui n’a finalement de Bond que le nom. Le générique, accompagné du titre Another Way to Die, chanté par le duo Alicia Keys et Jack White, se montre bien plus réaliste que son prédécesseur. Il joue ici directement avec le corps de Daniel Craig qui évolue dans un décors de sable. Comme pris dans des sables mouvants, tiré par des corps gigantesques de femmes qui tentent de le faire tomber. Classique mais loin d’être inoubliable. On note tout de même la volonté de remettre au premier plan l’acteur, un peu à la manière de l’époque Roger Moore.

Après avoir subi trois titres dont la musicalité n’avait aucun rapport avec l’univers bondien, Skyfall (2012) remet la barre extrêmement haut. On retrouve dans la voix d’Adele la part dramatique, oubliée depuis The World Is Not Enough. La chanteuse britannique s’inscrit là dans la tradition soul à la Shirley Bassey, Gladys Knight ou Tina Turner. L’orchestration, elle, n’oublie pas d’inclure avec finesse un léger gimmick à la guitare qui évoque les notes du James Bond Theme, superposé aux accords de piano. A l’image, il y a par contre une multitude trop grande de propositions. Débutant par un Bond seul, sous les traits de Craig lui-même, qui tombe dans les abysses. Plusieurs symboles se greffent et se succèdent sans vraiment s’accorder. Jusqu’à voir apparaître un visage féminin, une arme à la main. On retrouve donc enfin un jeu de corps. Également les transitions se font sans coupure mais dans le mouvement, vers l’avant. A noter l’effet particulièrement réussi de symétrie et la multiplication des corps. Ainsi on pourrait apparenter ce générique au film lui-même, finalement assez fouillis. Bond y enchaîne par exemple les destinations sans véritable intérêt scénaristique. Et là où le film décevait, c’est qu’il semblait oublier ses valeurs et ses codes, se contentant de clins d’œil à la saga. Après trois épisodes avec Craig, on pensait avoir enfin un James Bond entièrement construit. Finalement, depuis Casino Royale, c’est toute la mythologie de l’agent secret qui continue de se mettre en place. Plus que des films classiques adaptant les oeuvres de Ian Fleming comme ce fut le cas par le passé, ces derniers épisodes adaptent l’image et l’histoire de Bond dans son ensemble. Ce qui devrait se poursuivre avec le prochain film, Spectre, qui révélera l’organisme terroriste souvent combattue par 007.

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SOMMAIRE :
Introduction
Sous Sean Connery (+ George Lasenby)
Sous Roger Moore
Sous Timothy Dalton
Sous Pierce Brosnan
Sous Daniel Craig