Un blaze dur à prononcer et une gueule pas dégueulasse, voilà ce qui nous saute aux yeux lorsqu’on voit Finnegan Oldfield monter sur scène lors de la première cannoise de Les Cowboys. Le film n’a pas encore commencé et notre venue est avant tout motivé par la promesse d’un François Damiens à contre-emploi ainsi que des premiers pas comme réalisateur du scénariste Thomas Bidegain. Puis le film commence. Et il y a, effectivement, François Damiens qui vampirise toute la première partie par le désespoir qui l’habite. Il est suivi discrètement par son fils, Kid, dans ses aventures afin de retrouver sa fille disparue mystérieusement. L’adolescent ne fait pas de bruit mais il est là, en retrait, observant, comme dernier soutien pour cette homme qui s’enfonce plus chaque minute dans les abysses de la dépression. Un retournement central vient repositionner Kid dans l’histoire et faire de lui le personnage central de ce film fou, ambitieux et réjouissant. Il s’accapare notre attention et, là, c’est la révélation. Une présence magnétique, une vraie gueule de cinéma. La magie opère. Ça y est, Les Cowboys devient son film, celui qu’il doit assumer de porter sur ses épaules.

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C’est indéniable qu’il est fait pour faire du cinéma, ce qu’il dégage lors de sa présence à l’écran ne trompe pas. Le chemin de son personnage dans le film est assez représentatif de sa carrière. Des apparitions dans des seconds rôles en général puis, enfin, des premiers rôles qui arrivent et vont continuer d’arriver. Observer, être là puis attendre le moment de s’imposer. Cette année, le jeune acteur a été présent dans deux films cannois. Certes, aucun n’était de la prestigieuse Sélection Officielle, mais ça n’a pas empêché Les Cowboys ainsi que Ni le Ciel, Ni la Terre de se faire remarquer dans des compétitions parallèles. Ce dernier, compte d’ailleurs au casting une autre nouvelle étoile montante du cinéma français : Kévin Azaïs, vu dans Les Combattants un an plus tôt.

Si on tenait à vous parler de Finnegan Oldfield, c’est parce qu’il est à l’affiche cette année de deux films français réjouissants mais, aussi, parce que ses futurs projets sont tout aussi excitants. Savoir choisir ses rôles est une qualité majeure du métier d’acteur, comme on a pu le voir avec Matthew Mcconaughey, par exemple, qui avant La Défense Lincoln a enchaîné des projets douteux et est devenu incontournable par la suite grâce à ses choix. Finnegan Oldfield sera d’abord dans Bang Gang que nous avons adoré et qui a fait sensation lors de sa présentation au Festival de Toronto. Ensuite, dans Réparer les vivants, une histoire de mort cérébrale et d’une attente de greffe, un film où il côtoiera Emmanuelle Seigner, Tahar Rahim et Anne Dorval. Puis, le meilleur pour la fin, il est l’un des premiers rôles du nouveau Bertrand Bonello, Nocturama (notre critique), où il endosse les traits d’un terroriste. Avec une telle actualité et de tels choix, on peut vous prédire que Finnegan Oldfield va finir par exploser et devenir un acteur que vous aurez envie de suivre. Et ça sera mérité. Nous, on l’adore déjà.

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