Quatrième jour sur la Croisette. La pluie est toujours présente pour mettre à l’épreuve les festivaliers. Au programme du jour, on a vu des épisodes de Too old to die Young, et un sublime film chinois.

Alors que le manque de sommeil commence à se ressentir physiquement et psychologiquement sur l’ensemble des festivaliers, la météo cannoise ne nous épargne rien avec des températures moyennes pour un mois de mai et, surtout, une satanée pluie. Des conditions clairement peu optimales lorsqu’on sait se déroule le Festival de Cannes. C’est ainsi que nous avons débuté notre quatrième journée avec Vivarium, petit film de genre en provenance d’Irlande avec Jesse Eisenberg et Imogen Poots. Ils incarnent un jeune couple à la recherche d’un appartement. De passage dans une agence immobilière peu commune, ils se retrouvent à visiter une maison située dans un quartier moderne. Dans l’incapacité d’en ressortir, ils vont devoir résoudre le mystère qui entoure les lieux. Sorte d’épisode de La Quatrième Dimension un peu trop long, Vivarium tourne, comme ses personnages, rapidement en rond. Les deux acteurs principaux sont excellents mais le scénario ne trouve pas de second souffle face à un argument surnaturel compréhensible rapidement. Un petit film de genre dispensable mais pas désagréable.

Le niveau est considérablement monté l’après-midi lors de la projection du Lac aux oies sauvages, film chinois d’une beauté renversante. Le réalisateur Diao Yinan fait le plus gros du boulot uniquement par le biais de sa mise en scène, nous garantissant de passer un moment qui fera du bien aux yeux. Mais son emphase formelle n’est pas là pour frimer, elle participe totalement à notre implication dans la dramaturgie et pour souligner les émotions des deux personnages principaux. Avec de tels arguments, Le Lac aux oies sauvages a de grandes chances de repartir avec un prix. Pour l’anecdote, Quentin Tarantino était présent pour assister à la projection et a semblé avoir apprécié le spectacle. L’accolade avec son homologue chinois à la fin du film, en disait long sur son ressenti. Découvrez notre critique pour un avis plus complet.

Nous pouvons quasiment adresser les mêmes compliments à Nicolas Winding Refn, qui présentait deux épisodes de sa série Too Old to die young. Prévu en juin prochain sur Amazon, le show nous a donné un aperçu plus que séduisant. Fidèle à son style très marqué et à une fascination intacte pour la violence, le danois travaille dans le prolongement de sa filmographie, en se permettant d’encore plus dilater sa narration grâce au format particulier de la série. Bourrés de plans jouissifs, d’explosions de violence sidérantes et portés par une ambiance qui fait la part belle aux néons, les deux épisodes sont une réussite. Pour rappel, la série raconte comment un policier de Los Angeles (Miles Teller, taiseux comme un bon personnage de Refn) devient tueur à gages afin d’éliminer la pire vermine du pays.

Maxime Bedini

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