Oubliez toute logique et toute cohérence ! Après un premier volet jugé passable mais glorieux au box-office, FIVE NIGHTS AT FREDDY’S 2 ose le grand n’importe quoi et devient enfin ce film commercial mais généreux que l’on attendait pas tant.
Un navet en suite d’un film passable ?
Qu’on aime ou qu’on se bouche le nez à sa simple évocation, le précédent volet de l’adaptation du jeu Five Nights at Freddy’s avait su atteindre sa cible. Fin 2023, les amateurs de productions Blumhouse et de loisirs vidéoludiques s’étaient effectivement pressés en salle pour voir le fameux gardien de nuit lutter contre les animatroniques de la pizzeria Freddy’s. Le premier film avait ainsi dégagé près de 300 millions de dollars de profits à l’échelle mondiale. D’ores et déjà envisagée par la production en cas de succès, la suite a donc été mise en chantier deux mois à peine après la sortie de son prédécesseur.
Néanmoins, si le premier Five Nights at Freddy’s a connu un succès commercial incontestable, sa réception critique a été moins élogieuse. Si l’on s’épargne les remarques de mauvaise foi – qui ont essentiellement visé le public adolescent – le film d’Emma Tammi se révèle assez moyen : jamais assez fou pour nous faire sourire et jamais assez cruel pour nous faire frémir. Il n’empêche que l’ensemble était loin de la catastrophe industrielle annoncée. Tout comme sa suite, par la même réalisatrice, n’est pas tant le navet que certains médias ont déploré. Il vise juste une audience moins concernée par le microcosme de la critique que par sa petite dose de fun régressive.
Nique la logique
On ne sous-entend évidemment pas là que FIVE NIGHTS AT FREDDY’S 2 flirte avec le chef-d’œuvre. En aucune façon. Comme pour le premier volet, l’écriture est accessoire, la réalisation sans grande saveur et la direction artistique, totalement incohérente. Toutefois, cette séquelle corrige un défaut majeur de son aîné : elle ose, quitte à en faire trop et à partir dans absolument TOUS les sens. Il est décédé dans le premier volet ? Mais vous reprendrez bien une petite part de Matthew Lillard… Au fait, vous aimez son copain, Skeet Ulrich ? On vous l’a ramené aussi.
Ce n’est que pour trois minutes de dialogue, mais IL EST LÀ. En chair et en os, pour votre plus grand plaisir. De même, si vous aviez apprécié le potentiel dévastateur des animatroniques du premier film, on vous en donne deux fois plus pour votre argent. Plus grands, plus clinquants, plus modernes, plus autonomes. Ils sortent de la pizzeria pour faire trembler le sol à chacun de leurs pas. Ce qui n’empêchera pas Bonnie, le lapin violet, de surgir discrètement dans le dos d’une mère de famille, armé d’un couteau. Vous trouvez ça stupide ? On s’en fout. Nique la logique.
Généreux et sans complexes
Nique la logique, oui. Car FIVE NIGHTS AT FREDDY’S 2 est exactement ce que son prédécesseur aurait dû être. Un produit commercial, certes sans âme, mais généreux en n’importe quoi, au point de transcender son mauvais goût. Un joyeux tour de manège en quelque sorte, bien qu’on lui reprochera de se perdre un peu trop dans ses sous-intrigues d’un point de vue narratif. Notamment avec de nouveaux personnages à peine survolés, comme Henry Emily (Skeet Ulrich), père d’une enfant assassinée, ou Michael Afton (Freddy Carter), frère de Vanessa, dont l’impact sur le récit se révèle bien trop superficiel.
Pas très finaud donc et sans grands enjeux, FIVE NIGHTS AT FREDDY’S 2 a au moins le mérite de nous offrir ce qu’on y cherche. Quelques meurtres vaguement hors champ, des monstres mécaniques moches mais sympathiques, des fantômes malveillants et un peu de satisfaction dans ses seconds rôles. Car oui, on aura beau lutter… Un Lillard hystérique fait toujours son petit effet. Au point, presque, de voler la vedette à la “Marionnette”, nouvel antagoniste que l’on avait quasiment oublié. Mais, dans le fond, est-ce si important ? Hum… Tant que les gamins continuent de rire et de sursauter… Non. Pas vraiment.
— Lilyy NELSON



