[critique] There Will Be Blood

Lorsque Daniel Plainview entend parler d’une petite ville de Californie où l’on dit qu’un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d’aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l’unique distraction est l’église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire.

Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s’intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l’amour, l’espoir, le sens de la communauté, les croyances, l’ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison… Et le pétrole.

Note de l’Auteur

[rating:10/10]

Date de sortie : 27 février 2008
Réalisé par Paul Thomas Anderson
Film américain
Avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier
Durée : 2h38min
Bande-annonce :

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Le pétrole a son roi en la personne de Daniel Plainview. C’est à Little Boston qu’il établit son règne aux côtés de son « fils et associé », H.W.. Une communauté de bouseux, rien de plus, à laquelle l’homme, beau-parleur, fait miroiter rien de moins que la civilisation. En échange, la mainmise sur leurs quelques hectares de poussière. Pour bâtir son royaume le magnat en devenir est prêt à tout. Et ce n’est pas ce prêtre imberbe fils de propriétaire qui va réussir à lui mettre des bâtons dans les roues. Car au second plan, en parallèle, on assiste aussi à l’ascension d’Eli Sunday, qui compte bien bâtir son empire religieux sur la même base boueuse, quitte à faire à l’autre du chantage spirituel pour lui soutirer son pognon, en brandissant la sainte bannière de la Rédemption. Puisque Plainview, lui, ira jusqu’à renier son fils. Jusqu’à tremper ses mains dans le sang, et cette fois pas celui de la terre.
Lequel, du clocher ou du derrick, va faire de l’ombre à l’autre sous le soleil californien ? Si l’identité du vainqueur ne fait pas de doute, ça risque de lui coûter cher. Le prix à payer est mentionné dans le titre.

Ce film-portrait est de ceux que l’on ressent. Comme on croit ressentir dans la gorge l’odeur du pétrole qui imprègne tout à l’écran. Comme on ressent la musique discordante du guitariste de Radiohead Jonny Greenwood, source de tension un peu malhonnête mais foutrement efficace quand les gars barbotent au fond du puits (au vu des ses précédents films, le surdoué Paul Thomas Anderson kiffe le son et soigne le sien).
Comme on ressent la personnalité de ce personnage dégueulasse et troublant de tendresse contenue dans sa relation avec le gamin. Jusqu’au-boutiste aveuglé par la soif de l’or noir, habité par le phénomène Daniel Day-Lewis. En face, l’ado muet daltonien de Little Miss Sunshine Paul Dano incarne son rival avec brio, gagné par la folie furieuse qui balaie toute morale du brutal There Will Be Blood dans un torrent brunâtre.

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  1. Un peu le même avis que Vassago… Je me suis ennuyé devant ce film. Je suis perplexe de voir que toutes les critiques disent que c’est un chef-d’oeuvre.

  2. Un beau film sur le népotisme et le pouvoir de l’argent ainsi que la manie de certains vieux à proteger leurs fistons sinon à être capable de tuer ou de gravement mentir à ces fins: Parfois maladroit, empli de violence gratuite mais en tout cas actuel, de + l’ensemble se déroule dans le sud des Etats-Unis!

  3. J’exhume ce post car je viens de revoir « THERE WILL BE BLOOD », sur canal. Je l’avais vu lors de sa sortie en salle, mais je n’avais pas mesuré pleinement l’impact émotionnel du film.
    Au delà de la performance de Day Lewis et de Dano, je crois que la qualité principale du film est son découpage et sa bande son. Visiblement, Paul Thomas Anderson (PTA) connait ses classiques ( « Les raisins de la colères », « la nuit du chasseur », « 2001 », etc…) et il les transcende. De plus, on sens que PTA s’est vraiment remis en question dans la façon de poser sa caméra. Fini les plan séquences de folie, les inserts-cut. Le mec filme les grands espaces désertiques du TEXAS, et pourtant, les personnages sont cloisonnés. Vraiment brillant.

  4. Ben je ne sais pas pour vous, mais moi il m’a grave fait chier ce film ^^.
    J’ai dû passer à côté d’un truc, mais j’ai trouvé les enchainements de scène inutilement compliqué, les longueurs se veulent sans doute intellectuelles, bien que j’ai beau chercher je ne vois pas, moi je n’y ai vu que des… longueurs.
    Le sujet en lui même reste bancale, on y traite de psy sur fond de pétrole te on fini par rester en surface sans creuser ni dans l’un, ni dans l’autre. Je vais sans doute faire bondir, mais pour moi on frôle le hors sujet.
    Il n’y a que D D Lewis qui sauve ce film des abysses de mon indifférence par son charisme et son jeu d’acteur. Le prêtre du film s’en sort plutôt pas mal aussi. Un film d’acteur, pour acteur selon moi.