Joaquin Phoenix dévore la pellicule dans A BEAUTIFUL DAY, un polar hanté à l’amplitude esthétique et émotionnelle hallucinante.
A BEAUTIFUL DAY s’ouvre sur un décompte où deux voix sur superposent, celle d’un enfant et d’un adulte. En parallèle un homme s’étouffe et un autre remplit une mystérieuse mission en faisant couler du sang. Beaucoup d’informations en peu de temps. Lynne Ramsay instaure une multiplicité d’entrée de jeu, floute l’espace-temps (on ne sait pas qui fait quoi, quand et où par rapport au futur récit) et nous perd. La réponse est que tous ces corps, ces voix, sont le fruit d’une seule personne : Joe, un ancien combattant en Irak à l’esprit considérablement malade. Ces premières minutes sont importantes car elles définissent fondamentalement toute la ligne directrice du long-métrage, un polar ultra-violent associé à une exploration mentale d’un cerveau malade. Soit un film marteau dans les deux sens du terme. Habituée à provoquer le malaise, Lynne Ramsay reste sur son créneau et nous embarque dans un condensé d’1h35 de démence absolue.![[CRITIQUE] A BEAUTIFUL DAY 19 a beautiful day](https://www.leblogducinema.com/wp-content/uploads//2017/05/a-beautiful_day.jpg)
Mais Lynne Ramsay a de la chance. Elle a Joaquin Phoenix. Déjà validé comme un des plus grands acteurs de sa génération, il dévore la pellicule, inonde l’image, prend toute la place. La vraie magnifique idée, meilleure que les flahbacks, est de filmer son corps imposant pour retranscrire tout un passif. Le spectateur contemple chaque centimètre de sa peau avec l’impression de pouvoir sonder son âme sans qu’il n’ait besoin de parler. Les épaules larges, le ventre légèrement enrobé, les cicatrices impressionnantes et la barbe massive, c’est un corps-paysage aux reliefs fascinants que Joaquin Phoenix incarne de façon stupéfiante. On sent un vécu, une âme lorsque Ramsay s’applique à le cadrer remarquablement dans des scènes d’une sensualité à la fois virile et dépressive. On sent également tout le flair de la mise en scène, son inventivité, dans sa façon de capter ses déplacements fantomatiques. A base de cut intervenant trop tôt, d’utilisation maline des différentes valeurs de plan, elle créée un décalage entre lui et le reste monde. Avec pour aboutissement de lui conférer une aura à la frontière du surnaturel.
Maxime Bedini
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![[CRITIQUE] A BEAUTIFUL DAY 20 A Beautiful Day](https://www.leblogducinema.com/wp-content/uploads//2017/05/A_Beautiful_Day.jpg)
• Réalisation : Lynne Ramsay
• Scénario : Lynne Ramsay, tiré de Jonathan Amas
• Acteurs principaux : Joaquin Phoenix, Ekaterina Samsonov, Alessandro Nivola
• Date de sortie : 8 novembre 2017
• Durée : 1h35min
![[CRITIQUE] A BEAUTIFUL DAY 17 youwere3](https://www.leblogducinema.com/wp-content/uploads//2017/05/youwere3.jpg)


![[CRITIQUE] IN THE FADE 23 572632.jpg r 1920 1080 f jpg q x xxyxx](https://www.leblogducinema.com/wp-content/uploads//2017/05/572632.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-250x340.jpg)