LA BELLE ET LA BÊTE (2014), semi-déception – Critique

Lorry-James Rédacteur depuis le 22.09.2013

LA BELLE ET LA BÊTE de Cocteau qui ressort en version remastérisée en septembre 2013, le spectacle éponyme de Broadway qui débarque à Paris le mois suivant et qui triomphe actuellement au Théâtre Mogador, W9 qui diffuse fin décembre la première saison de la série télévisée BEAUTY AND THE BEAST. Vous l’aurez compris, le célèbre conte semble être particulièrement à la mode ces derniers temps, et ce n’est pas la sortie d’une nouvelle version filmée qui viendra contredire cette idée. Signée Christophe Gans, elle permet au réalisateur français de faire son grand retour au cinéma, huit après SILENT HILL, adaptation dénigrée du survival horror édité par Konami.

Film événement de ce mois de février 2014 et doté d’un budget de 35 millions d’euros, LA BELLE ET LA BÊTE ne cesse de subjuguer le spectateur de part sa qualité technique tout bonnement impressionnante. Véritable claque visuelle, le film happe le spectateur au cœur d’un univers féerique et majestueux, rendu possible grâce une avalanche d’effets spéciaux époustouflants et de décors chatoyants qui témoignent d’une formidable direction artistique. Tirant avantage d’une photographie sublime, Christophe Gans fait preuve d’une réalisation des plus soignées offrant de magnifiques plans souvent comparables à des tableaux vivants.

Une pluie d’éloges qui ne concernera malheureusement pas le scénario qui souffre d’un flagrant manque de rythme qui handicape un récit pourtant pas si ennuyeux, mais ne parvenant pas à réellement surprendre, en vue de notre connaissance du conte. L’émotion peine à s’instaurer et les sentiments de Belle pour la Bête se dressent de manière saugrenue, comme si le réalisateur employait un deus ex machina afin de donner au plus vite ce que le spectateur attend du film, le fameux idylle entre ces deux êtres que tout semblait opposer.

Un blockbuster spectaculaire qui manque de mordant.

Tous deux élégants, gracieux et charismatiques, Léa Seydoux et Vincent Cassel sont très bons dans les rôles de la Belle et de la Bête, le design de cette dernière est d’ailleurs très réussi, bien que le personnage nous paraisse plus classe qu’effrayant. Il aurait été intéressant qu’ils délivrent respectivement plus de sensualité et de violence afin d’instaurer au sein de leur relation une certain tension, ce qui aurait rendu le film encore plus audacieux. Autre point dommageable, la direction d’acteurs beaucoup trop théâtrale qui finit par handicaper les seconds rôles, eux qui ont déjà du mal à pleinement s’affirmer et à capter notre attention. Enfin pour un film qui se veut familial, LA BELLE ET LA BÊTE manque sérieusement d’humour, le duo d’actrices Audrey Lamy et Sara Gireaudeau sont présentes pour nous arracher quelques sourires, mais ça s’arrête là.

LA BELLE ET LA BÊTE est donc au final une semi-déception, se complaisant autant dans une esthétique renversante et une mise en scène remarquable que dans un manque de prises de risques, un récit lacunaire et autres idées et partis pris franchement dispensables. En somme un blockbuster à la française spectaculaire qui manque de mordant. La dixième adaptation à venir réalisée par Guillermo del Toro et portée par Emma Watson, saura peut-être nous convaincre.

2.5
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