T HE THING, comme de nombreux films de John Carpenter, est une référence du genre. Rien d’étonnant, donc, à ce que ce nom fasse partie de la programmation de La Nuit de la peur durant le Festival Lumière. Remake d’un (excellent) film de Howard Hawks intitulé La Chose d’Un Autre Monde, et ayant lui-même accouché d’un remake honnête mais inutile en 2011, THE THING est entré dans la culture populaire et est souvent cité parmi les plus grands films d’horreur jamais réalisés. Et on comprend aisément pourquoi, lorsque dès la scène d’introduction, Carpenter nous immerge dans un désert gelé terrifiant et donne une nouvelle définition au mot « paranoïa ».

S’il est une chose à mettre au premier plan lorsque l’on parle de THE THING, c’est son ambiance. En plaçant son action en Antarctique, dans un quasi huis clos, le cinéaste se donne les moyens de son ambition et donne d’emblée une atmosphère anxiogène à son œuvre, pourtant tournée dans les studios d’Universal. Par une mise en scène très sobre, bien loin de la folie chaotique de In The Mouth of Madness, et aidé par un Ennio Morricone en pleine forme, le réalisateur impose au spectateur un immobilisme pesant, partagé par les personnages du récit. Découpant à la perfection son film, le réalisateur pose un rythme assez lent, tout à fait adapté au contexte, et le suspense n’en est que décuplé. Chaque personnage devient suspect et très rapidement l’expérience devient cauchemardesque alors que se succèdent les modifications de point de vue et les séquences horrifiques hallucinantes.

Photo du film THE THING 1983

Les effets spéciaux et le design de « La Chose » ont également une part importante dans le succès du film. Plus de trente ans après la sortie, ils n’ont tout simplement pas pris une ride. Pourtant, John Carpenter filme frontalement sa créature, ne s’embarrasse pas de hors-champ si cela n’apporte rien ; sa réalisation est au service de l’atmosphère et celle-ci est l’indéniable réussite du film. L’idée de destruction, chère au réalisateur, prend ici son sens d’un point de vue social ; du groupe solidaire, qui se bat pour survivre contre un ennemi commun, on passe à une mise en image du proverbe « l’homme est un loup pour l’Homme », et la survie individuelle devient l’objectif premier. Une vision très obscure du genre humain inapte à cohabiter et à se comprendre face à un ennemi, que John Carpenter détaille dans toute sa filmographie et qui ici est poussé à son paroxysme.

« Un passage obligé dans l’histoire du cinéma d’horreur. »

L’immense succès du réalisateur, qui ne fait aucune fausse note dans sa réalisation ou dans ses intentions, risque fort de jeter un froid (pardon) sur la Halle Tony Garnier, et THE THING est un tel passage obligé dans l’histoire du cinéma d’horreur que ne pas le voir figurer parmi les sélectionnés aurait été surprenant. Je ne peux que vous conseiller de sauter sur l’occasion de visionner ce chef-d’œuvre en salle, pour profiter autant du sound-design exceptionnel que de la mise en scène on ne peut plus classieuse du maître de l’horreur.

LES SORTIES DU 2 DÉCEMBRE 2015

LE PONT DES ESPIONS, BABYSITTING 2, MIA MADRE, MARGUERITE ET JULIEN, LE PROPHETE, THE THING (Carpenter, 1982) …

THE THING a été chroniqué dans le cadre de la NUIT DE LA PEUR organisée par le Festival Lumière, à Lyon. Il sera projeté samedi 17 octobre à la Halle Tony Garnier.

Le FESTIVAL LUMIÈRE sur Le Blog du Cinéma
MARTIN SCORSESE: Analyse de ses films

MARTIN SCORSESE: portrait de l’auteur

Ses films présentés au festival Lumière :

Hugo Cabret (2011)
Les Infiltrés (2006)
Casino (1995)
Le Temps de l’innocence (1993)
Les Nerfs à vif (1991)
Les Affranchis (1990)
La dernière tentation du Christ (1988)
La valse des pantins (1982)
Raging Bull (1980)
New York, New York (1977)
Taxi Driver (1975)
Alice n’est plus ici (1974)
Mean Streets (1973)
Boxcar Bertha (1972)
Who’s that knoocking at my door (1968)

Chroniqués par Georgeslechameau

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8 films de JULIEN DUVIVIER

JULIEN DUVIVIER: portrait de l’auteur

David Golder (1931)
La Bandera (1935)
La Belle Équipe (1936)
Pépé le Moko (1937)
Un carnet de bal (1937)
La fin du Jour (1939)
Panique (1946)
– Le Temps des Assassins (1956)

Chroniqués par Louis

DUVIVIER

AKIRA KUROSAWA : les anées Toho

Le Plus dignement (1944)
– Qui marche sur la queue du tigre… (1945$)
– Je ne regrette rien de ma jeunesse (1946)
– Un merveilleux dimanche (1947)
– L’Ange ivre (1948)
– Chien enragé (1949)
– Vivre (1952)
– Vivre dans la peur (1955)
– La Forteresse cachée (1958)
– Les Salauds dorment en paix (1960)
– Yojimbo – Le Garde du corps (1961)
– Sanjuro (1962)
– Entre le ciel et l’enfer (1963)

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la cinéaste russe LARISSA CHEPITKO

Un portrait de la Larissa Chepitko

– Chaleur torride (1963)
– Les Ailes (1966)
– Le Début d’un siècle inconnu – composé de L’Ange d’Andrei Smirnov et de Le Pays de l’électricité de Larissa Chepitko (1967)
– Toi et moi (1971)
L’Ascension (1977)

larissachepitko

LUMIERE 2014 : Pedro Almodovar

Programmation de Lumière 2014

PEDRO ALMODOVAR :

Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier de Pedro Almodóvar (Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón, 1980, 1h18)
Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? de Pedro Almodóvar (¿ Qué he hecho yo para merecer esto !!, 1984, 1h47)
Matador de Pedro Almodóvar (1986, 1h45)
La Loi du désir de Pedro Almodóvar (La ley del deseo, 1987, 1h44)
Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodóvar (Mujeres al borde de un ataque de nervios, 1988, 1h35)
Attache-moi ! de Pedro Almodóvar (Átame !, 1989, 1h41)
Talons aiguilles de Pedro Almodóvar (Tacones lejanos, 1991, 1h53)
La Fleur de mon secret de Pedro Almodóvar (La flor de mi secreto, 1995, 1h42)
En chair et en os de Pedro Almodóvar (Carne trémula, 1997, 1h39)
Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar (Todo sobre mi madre, 1999, 1h40)
Parle avec elle de Pedro Almodóvar (Hable con ella, 2002, 1h52)
Volver de Pedro Almodóvar (2006, 2h02)
La piel que habito de Pedro Almodóvar (2011, 2h01)

SAGA MUSASHI MIYAMOTO : CRITIQUE des 6 films

PARADIS PERDU, d’Abel Gance: CRITIQUE

OPENING NIGHT, de John Cassavettes : CRITIQUE

Une Femme Dangereuse, avec Ida Lupino: CRITIQUE

Chroniqués par Georgeslechameau

La traversée de Paris

Chroniqué par Louis

lumiere2014 (2)

INFORMATIONS

 

Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs principaux : ,
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 3 novembre 1982
Sortie version restaurée : 2 décembre 2015
Durée : 1h49
Distributeur :
Synopsis : En plein cœur de l’Antarctique, une équipe de scientifiques découvre une créature gelée. Ramené à la vie, le monstre prend l’apparence de toutes formes organiques et décime un à un les membres de l’expédition.

BANDE-ANNONCE