Aujourd’hui, le festival Lumière a offert quelques beaux moments d’échange, comme il en a le secret.
On attaque la dernière ligne droite du rendez-vous cinéphile lyonnais. Au programme, toujours beaucoup de films, des master-class et surtout des réalisateurs par wagons entiers venus présenter leurs films.

Drôle, inspiré, touchant, marqué par des répliques qui font mouche, le film se paye le luxe d’un casting trois étoiles (Bacri, Lindon, Breitman, Baye…) et navigue entre souvenirs de vacances, chronique du quotidien et hommage à l’enfance. Ces petits riens autobiographiques qui font le cinéma de Kurys, puisés au plus profond d’elle même, touchent à l’universel des sentiments.
« Mais qui ça peut bien intéresser ? », avait dit sa mère à Diane Kurys à la lecture de Diabolo menthe
Comme elle l’a expliqué, lorsqu’elle avait fait lire le scénario de Diabolo menthe, qui raconte sa vie parisienne avec sa mère, après le divorce de ses parents, sa maman lui avait dit : « mais qui ça peut bien intéresser ? ». Eh bien tout le monde. Car en se livrant comme elle le fait, Diane Kurys donne à son œuvre un souffle intime, une sincérité communicative. On se sent proche de ses personnages et La Baule-les-Pins, comme les deux autres films, nous vont droit au cœur.
Beaucoup moins intime, Chariots of fire, espèce de film de sport ultime, programmé dans le cadre des « Grandes projections » du festival, parle de dépassement de soi et d’excellence, à travers les histoires parallèles de deux athlètes anglais en course pour les Jeux Olympiques de Paris 1924.

Après une masterclass, visiblement d’anthologie, William Friedkin, auteur de La Chasse et de l’Exorciste, est venu présenter The French Connection. Et c’est une nouvelle conférence improvisée d’une demi-heure qu’a livré l’Américain à une salle comble. Un bonheur pour lui, qui n’a pas manqué de saluer ce festival pas comme les autres, qui permet de revoir sur grand-écran de grands classiques du cinéma. Il ne pouvait pas rêver meilleur hommage pour son film, pourtant multi-oscarisé en son temps. « Le film a eu des Oscars ? Et alors ? », a lancé Friedkin pour qui l’intérêt que peut porter le public à ses films est la plus belle des récompenses.
« Le film a eu des Oscars ? Et alors ? »
Il est ensuite revenu sur le tournage de ce polar nerveux et la façon dont il avait voulu le tourner, manière documentaire, inspiré par Z de Costa-Gavras. « Le caméraman, Enrique Bravo, avait filmé la révolution cubaine, aux côtés de Fidel Castro. Il savait donc filmer dans un style documentaire », a expliqué le réalisateur. Aussi, les prises étaient ultra-limitées, les indications réduites au strict minimum et le caméraman a eu carte blanche pour capter cette enquête hallucinante sur l’une des plus grosses affaires de drogue de l’histoire avec le plus de spontanéité possible. Pour plus de réalisme, William Friedkin a même poussé le vice à tourner la scène de course poursuite dans les rues de Brooklyn sans vraiment d’autorisation. « Les carambolages ont vraiment eu lieu. Les passants et les voitures était des personnes lambda, pas des figurants. On n’a eu recours a aucun effet spécial. Aujourd’hui, je ne pourrais plus travailler comme ça… C’est beaucoup trop dangereux. »

La seule commande que j’ai passé ensuite, c’était une bière à la Plateforme, le village de nuit du festival : une péniche sur les quais du Rhône, transformée en boîte de nuit, où les festivaliers viennent débriefer leur journée en attendant la suivante.
Etienne
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