À l’occasion de la sortie, le 28 octobre 2015, en DVD de l’intégrale de l’oeuvre de Jane Campion, nous (Marie, Sylvie-Noëlle, Vivien, Paul, Georgeslechameau, Melany et Sarah) nous replongeons dans sa filmographie. Une occasion en or pour découvrir ou redécouvrir ses courts métrages, ses films et sa série.

Nous avons ainsi mis en commun nos avis et analyses des différents films de la cinéaste, dans le but d’extraire une vision la plus exhaustive possible de chaque facette de son oeuvre et de sa personnalité. Nous espérons avoir cerné au mieux, qui est cette réalisatrice passionnante.

 

 

JANE CAMPION :

PORTRAIT de la cinéaste à travers son oeuvre; par notre spécialiste: Marie

Un cinéma sensible,
Un cinéma pour de femmes et d’hommes,
Un cinéma féministe,
Un cinéma sensoriel,
Un cinéma magnifiant la nature,
Un cinéma de l’amour,
Un cinéma du désir,
Un cinéma magnifiant l’art …

Un peu tout ça dans chaque film, et bien plus encore !

CRITIQUES: courts & longs métrages + Top of the Lake

Nous avons, pour chaque film, été plusieurs à le visionné. Nous en avons discuté entre nous pour mieux cerner les différentes facettes de chaque oeuvre.

Vous retrouverez pour chaque oeuvre, une critique “exhaustive” construite à partir de ces échanges, et les différents avis des rédacteurs l’ayant également visionné.

courts métrages

Suite à une demande de Pathé, nous ne pouvons plus vous faire visionner les courts métrages excepté l’excellent After Hours;
sachez tout de même qu’au de là de leurs qualités, ces 4 films sont une introduction idéale – presque nécessaire – à l’univers de la cinéaste.

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Nos avis (★★☆☆)

Un premier court intéressant; PEEL évoque ces “blocages ” dans les relations (ici, familiales). Il utilise pour cela la métaphore visuelle et non le dialogue.
Avec les moyens du bord, Campion joue beaucoup sur les couleurs (de l’orange du fruit à la chevelure rousse des personnages en passant par les sièges rouge intérieur de la voiture), ou sur l’opposition de la voiture à l’arrêt avec les voitures défilant en arrière plan à toute vitesse. Puis, sa scène est très “datée”, ancrée dans une époque particulière; autre caractéristique de son cinéma. Un premier court possédant les germes de son cinéma, mais sans les ambitions formelles. Mais déjà avec une utilisation singulière de gimmicks et dérangeants – cadrages et gros plans notamment

Rétrospectivement, on y voit déjà les obsessions de Jane Campion: défendre la place de la Femme dans un monde d’hommes, et paradoxalement la perte de virilité et de contrôle de l’Homme sur son environnement.

par Marie, Georgeslechameau et Sylvie-Noëlle

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Nos Avis (★★★☆)

Jane Campion nous fait partager des moments de vie quotidienne de voisins, par le double biais d’un procédé narratif et d’images insérées. Une voix off transmet à la fois les pensées et l’imagination de tous les protagonistes, et lie ses histoires qui n’ont à première vue aucune cohérence. Chaque moment anodin devient ainsi l’occasion pour les personnages, soit de prise de conscience, soit de décisions importantes, soit d’une libération de leur imagination.

Un jeu continuel et déroutant entre le son et l’image apporte à la fois une cacophonie à chaque scénette, et une cohésion troublante à l’oeuvre. Le noir et blanc utilisé ici sert les portraits figés mais en mouvement des personnages de Jane Campion. Un court métrage bien plus indéchiffrable que le premier, tout en ayant une identité visuelle forte; mélancolique et passionnant, malgré son manque de passion affiché.

Le film interroge cela dit sans répondre à nos questions et ressemble à une forme d’entrainement pour la réalisatrice.

par Marie, Georgeslechameau et Sylvie-Noëlle


En trois parties:

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Nos Avis (★★★☆)

Trois récits de trois sœurs et leurs points de vue sur l’amour. Singulier, esthétiquement léché, et profond.

Jane Campion explore ici l’éveil des sens et la découverte de la sexualité d’une adolescente Pam. Celle-ci, en découvrant les Beatles, les baisers, les caresses, la nudité, entame ce point de rupture avec l’enfance. Les jeux d’enfants les plus inoffensifs se transforment progressivement en jeux sexuels, rendus de plus en plus effrayants par le noir et blanc associé à cette lumière vive et crue. Les personnages enfantins et innocents deviennent des personnages d’un film d’horreur angoissant où le désir devient un “tueur” redoutable.
L’homme, une fois de plus, se résume donc à un objet de désir, à un personnage instinctif et dénué de personnalité.

Le format du court métrage ne permet pas toutefois, d’explorer toutes les pistes proposées, comme par exemple les évènements de l’enfance de Pam revécus en rêves… Dommage.

par Marie, Georgeslechameau et Sylvie-Noëlle

Nos Avis (★★★☆)

Cette fois, Campion adopte un style plus classique, moins expérimental, moins esthétique (quoique), et propose un scénario.
Un intéressant jeu sur le mensonge et la vérité que l’image ne vient jamais clarifier.

Le bon vieux sujet du harcèlement sexuel et du chantage pour garder son job dans l’entreprise des années 80, est ici abordé par Jane Campion sous l’angle du double récit des deux protagonistes, Lorraine, la secrétaire chétive et embarrassée et Mr Philipps, le boss si parfait dévoué à sa gentille famille en complet veston. Le procédé du récit est mis en parallèle avec ce qu’il s’est réellement passé, et c’est cela qui est intéressant. Lui nie évidemment, et est soutenu par son assistante; quant à elle, son entourage ne comprend pas qu’elle n’ait pas refusé ou demandé d’arrêter, puisque chacun est dans la représentation de la société et du contexte de l’époque. Le regard d’aujourd’hui que nous portons sur ces abus rend le film un peu vieillot et l’histoire moins touchante. Sans doute aussi parce la réalisatrice y a mis de la distance via la forme du récit et de la vérité de chacun par l’intermédiaire de l’enquêtrice. Et déjà, l’eau, si présente dans les films de Jane Campion, comme un personnage à part entière et la légèreté du corps qui s’y meut, laissant de côté les problèmes de la vie réelle! Quant à l’histoire des poulets congelés qui pourrissent dans le frigo…elle m’a laissée perplexe!

Dans un décor symétrique, où règne l’ordre et les lignes horizontales et verticales (piscine, bureaux, maisons), Jane Campion évoque avec subtilité la question de la transgression et du délit. Grâce à deux interprètes de talent, la confrontation sur la vérité et le mensonge prend peu à peu de plus en plus d’importance. Ne répondant jamais à la question “qui nous dit la vérité?”, Jane Campion oriente malgré tout notre réponse en jouant sur notre manière de percevoir les protagonistes. Pour mener à bien son propos, le récit est volontairement déconstruit pour nous perdre et nous donner à voir une vérité “plurielle”. Parfaitement rythmé et mis en scène.

Une question intéressante reste la perception qu’à Jane Campion de l’Homme;
Il peut paraître que la cinéaste possède une vision assez arrêtée de celui-ci, se résumant à un instinct (sexe, profit, survie) lorsque la Femme est bien plus indéchiffrable. C’est toutefois enrobé dans suffisamment de mystère et d’interrogations pour ne jamais paraître misandrique… Son cinéma semble s’être donné comme mission d’inverser les perception des genres !

Le reste de la filmo de l’auteure proposera des éléments de réponse, allant d’abord dans ce sens avant de d’évoluer vers des considérations bien plus diverses et variée (notamment à partir de Portrait de Femme). Nous vous proposons d’observer tout cela dans Sweetie, son premier long-métrage

par Marie, Georgeslechameau et Sylvie-Noëlle

 

 

longs métrages

SWEETIE (1989)

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CRITIQUE

Titre original : Sweetie
Réalisation : Jane Campion
Scénario : Jane Campion, Gérard Lee
Acteurs principaux : Karen Colston, Genevieve Lemon, Tom Lycos
Pays d’origine : Australie
Sortie : 3 janvier 1990
Ressortie : 2 septembre 2015
Durée : 1h37min
Distributeur : Splendor Films
Synopsis : Kay a peur de tout : du présent, de l’avenir, de la vie, de la mort. Tout semble s’arranger lorsqu’elle se met en ménage avec Louis, l’ancien fiancé d’une collègue. Mais ce bonheur apparent ne dure qu’un temps et ses angoisses la reprennent. C’est alors qu’apparaît Sweetie, sa jeune soeur, obèse, débraillée et sympathique, qui laisse dans son sillage un énorme nuage d’entropie…

“SWEETIE garde cet aspect authentique et unique qui en font un objet brut et précieux.”

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UN ANGE À MA TABLE (1990)

affiche un ange à ma table


+ CRITIQUE

Titre original : Un Ange à ma table
Réalisation : Jane Campion
Scénario : Janet Frame, Laura Jones, d’après l’oeuvre de Janet Frame
Acteurs principaux : Kerry Fox, Alexia Keogh, Karen Fergusson
Pays d’origine : Nouvelle- Zélande
Sortie : 1990
Durée : 2h38min
Distributeur : SND Groupe M6
Synopsis :L’évocation de la vie de Janet Frame à travers l’adaptation de ses trois autobiographies To the Is-land, An angel at my tableet The Envoy from Mirror City. Cette femme, issue du milieu ouvrier, fut internée pendant sept ans et dut sa libération à la notoriété que lui apportèrent ses récits.


 

LA LEÇON DE PIANO (1993)

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Titre original : The Piano
Réalisation : Jane Campion
Scénario : Jane Campion
Acteurs principaux : Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neill, Anna Paquin
Pays d’origine : Néo Zélande, Australie, France
Sortie : 19 mai 1993
Durée : 2h1min
Distributeur : –
Synopsis : Au siècle dernier en Nouvelle-Zélande, Ada, mère d’une fillette de neuf ans, s’apprête à suivre son nouveau mari au fin fond du bush. Il accepte de transporter tous ses meubles à l’exception d’un piano qui échoue chez un voisin illettré. Ne pouvant supporter cette perte, Ada accepte le marché que lui propose ce dernier. Regagner son piano touche par touche en se soumettant à ses fantaisies. Palme d’or et prix d’interprétation féminine à Cannes en 1993.

 

PORTRAIT DE FEMME (1996)

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CRITIQUE

Titre original : The Portrait of a Lady
Réalisation : Jane Campion
Scénario : Laura Jones, d’après Henry James
Acteurs principaux : Nicole Kidman, John Malkovich, Shelley Duvall, Barbara Hershey, Christian Bale
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 18 décembre 1996
Durée : 2h23min
Distributeur : –
Synopsis : A la fin des années 1800, Isabel Archer, jeune Américaine en visite chez ses cousins anglais, choque son entourage par son esprit libre et aventureux. Son cousin Ralph, phtisique incurable, l’aime en secret. Elle part à Florence où une amie la jette dans les bras de son amant, Gilbert Osmond. Isabel l’épouse. Quelques années plus tard, elle découvre qu’elle a été manipulée. Elle affronte son mari et retourne aupres de Ralph, qui lui avoue son amour sur son lit de mort.

“En apparence académique et sans personnalité, PORTRAIT DE FEMME doit plutôt être vu comme une évolution du cinéma de Jane Campion.”

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HOLY SMOKE (1998)

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+ CRITIQUE

• Titre original : Holy Smoke
• Réalisation : Jane Campion
• Scénario : Jane Campion, Anna Campion 
• Acteurs principaux : Harvey Keitel, Kate Winslet, Pam Grier, Julie Hamilton, Paul Goddard, Tim Robertson, Sophie Lee, Dan Wyllie
• Pays d’origine : américain, australien
• Sortie : 24 novembre 1999
• Durée : 1h55
• Distributeur : Bac Films
• Synopsis :Au cours d’un voyage en Inde, Ruth, belle et jeune Australienne, est bouleversee par un gourou. Inquiete, sa famille imagine un stratageme pour la faire revenir et demande a l’Americain P.J. Waters, specialiste de la deprogrammation spirituelle, de la ramener a une culture plus occidentale. Pour lui, le cas pourrait etre regle en vingt-quatre heures. Deux jours plus tard, le pouvoir change de camp. P.J. Waters, le professionnel du desenvoutement, doit affronter, desarme, l’emprise de sa passion pour Ruth, son ange vengeur.

“Un tête à tête extrême et intense qui joue avec les apparences et les certitudes.”

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Court métrage: THE WATER DIARY (2006)

Ce court- métrage renvoie à tous les thèmes chers à Jane Campion et annonciateurs de l’ambiance de la série Top of The Lake: la vision de la vie d’une enfant au sein de sa famille, les non-dits, la nature sèche néo-zélandaise et l’eau, en l’occurrence ici l’absence de pluie. Ziggy nous fait partager un pan de sa prime adolescence, elle nous lit son journal intime en voix off, narrant sur un même ton des événements aussi anodins que tragiques (comme la disparition de ses chevaux ou de celle de son oncle). L’ode finale à la pluie qui rassemble en musique les familles est très belle.

Suivre @sylvienoelle33

IN THE CUT (2003)

© Pathé Distribution

© Pathé Distribution


Titre original : In the cut
Réalisation :
Jane Campion
Scénario :
Jane Campion et Susanna Moore
Acteurs principaux:
Meg Ryan, Mark Ruffalo, Jennifer Jason Leigh
Pays d’origine : USA, Grande-Bretagne, Australie
Sortie :
17 décembre 2003
Durée :
1h42
Distributeur :
Pathé Distribution
Synopsis :
Professeur de lettres new-yorkaise, Frannie vit seule. Bien qu’étudiant l’argot et les romans policiers, elle s’est toujours tenue loin de l’aspect glauque de la ville. Un soir, dans un bar, elle est le témoin d’une scène intime entre un homme et une femme. Fascinée par l’intensité de leur passion, elle n’a que le temps de remarquer le tatouage de l’homme et la chaleur de son regard. Le lendemain, elle apprend qu’un meurtre a été commis tout près de chez elle. Malloy, le policier chargé de l’enquête, a le sentiment qu’elle est au courant de quelque chose. Frannie se sent attirée par cet homme, mais son attitude l’effraie tout autant que le tatouage sur son poignet. Le doute s’insinue en elle. Impliquée chaque jour un peu plus dans l’enquête et dans une liaison qui libère autant qu’elle lui fait peur, Frannie est tentée de tout quitter…

“Entre réussite formelle et échec thématique, IN THE CUT s’inscrit dans tous les cas harmonieusement dans la filmographie de Jane Campion”

© Pathé Distribution

© Pathé Distribution

Courts métrage: The Lady Bug et Tissues – non chroniqués.

CONCOURS: remportez un coffret intégrale Jane Campion, en DVD

Annulé par Pathé, pour cause de “divergences d’opinion”

LIEN: pré-réservation du coffret

 

http://video.fnac.com/a8932259/Coffret-Jane-Campion-12-films-Edition-speciale-Fnac-DVD-DVD-Zone-2ob_d32b08_3d-boxset-br

Contenu du coffret DVD 

Courts métrages :
– PEEL, 1982
– PASSIONLESS MOMENTS, 1983
– A GIRL’S OWN STORY, 1984
– AFTER HOURS, 1984
– THE WATER DIARY, 2006 (inédit, tous territoires)
– THE LADY BUG, 2007 (inédit, tous territoires)
Tissues (inédit, tous territoires)

Séries
– TOP OF THE LAKE

Longs métrages
– SWEETIE, 1989
 UN ANGE A MA TABLE, 1990
– LA LEÇON DE PIANO, 1993
PORTRAIT DE FEMME, 1996
– HOLY SMOKE, 1998
– IN THE CUT, 2003
– BRIGHT STAR, 2009

 

 

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