GUNNM1993, le manga (bande dessinée japonaise) de Yukito Kishiro, est un chef d’oeuvre de la SF.

Cette série en 9 tomes (on n’abordera pas Last Order, beaucoup moins réussie) dépeint un univers futuriste post-apocalyptique ou la nanotechnologie et les cyborgs occupent une place prépondérante, l’occasion d’une réflexion pertinente et multi-facettes sur la conscience au cœur de la machine – conscience humaine ou non. Une oeuvre extrêmement riche à tous niveaux: une histoire d’amour, une aventure spectaculaire, diffférentes philosophies, et un monde solide, cohérent et riche. Une oeuvre pilier du manga, mais également de l’inconscient collectif. Inspirée elle même par les classiques du genre (Mad Max, de Blade Runner, Giger, le Rollerball de Jewison,  Metropolis de Fritz Lang…), transcendant ces influences, pour à son tour influencer d’autres œuvres aussi variées qu’Alien (Resurrection notamment), ou encore Elysium et Chappie de Neill Blomkamp.

James Cameron, réalisateur de Aliens, Abyss, Terminator 1&2, Titanic ou Avatar, avait ainsi projeté d’en réaliser une adaptation cinématographique. Cela paraissait et paraît toujours, d’une logique à toute épreuve: sa folie des grandeurs, son attachement pour la représentation de l’imaginaire à travers les avancées technologiques en matières d’effets spéciaux, ainsi que sa propension à accessibiliser des concepts ultra-complexes, auraient pleinement servi le matériau original !
Puis merde : le divertissement made in Cameron, c’est quelque chose. Et GUNNM est rempli de scènes dantesques, qu’on aurait adoré voir mises en images mouvantes (le motorball, le combat contre Zapan, l’évasion du train, Den, Zalem).

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Toutefois, par manque de temps (la production d’Avatar – et de ses SUITES), James Cameron n’a jamais pu réaliser ce projet. Puis simplement, un blockbuster au budget et à la durée que l’on imagine colossaux, construit sur une histoire en laquelle il peut être difficile de s’identifier culturellement, ultra-violente et très philosophique… Cela doit être difficile à financer. Il ne sera que donc que producteur de ALITA : Battle Angel (le titre anglais du manga), diminuant par là les ambitions de cette adaptation ciné, et surtout, reléguant la réalisation du projet à … … … Robert Rodriguez.

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Un passage de relais qui nous laisse dubitatifs. Malgré toute la sympathie qu’on lui voue (il a quand même réalisé les excellents Une Nuit en Enfer, Sin City, Planet Terror ou Machete), on imagine mal le réalisateur hors de sa zone de confort, de ses références pulp habituelles, de son cinéma de la débrouille.
Puis chez Rodriguez, les notions de rythme, de bon goût, de respect de règles d’entertainment, ou de mesure, sont absentes. Si cela lui confère une personnalité qu’on apprécie par ailleurs, ici cela risque de dénaturer l’oeuvre d’origine. Le talent de Robert Rodriguez est dans l’illustration référencée plutôt que la construction d’une mythologie et/ou d’un univers, l’immersion, la technique, la profondeur ou même le défi de grand-spectacle tel qu’imposé par le script de GUNNM.

Le réalisateur est-il capable de mener à bien cette entreprise, sans céder à son penchant pour « le fun à tout prix » ?
A SUIVRE.

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Quant au projet lui même, une nouvelle étape a été franchie ce 26 avril 2016, avec l’annonce du début du casting de l’interprète de Gally.
4 noms circulent : ZendayaRosa Salazar, Bella thorne, et Maika Monroe.

4 relatives inconnues n’ayant à leurs C.Vs que des rôles dans des œuvres du cinéma de genre indé – ou à l’inverse – des productions extrêmement grand public et adolescentes. On espère en tous cas que le rôle échouera à Maika Monroe, premier rôle du fantastique It Follows. L’actrice possède ce charisme étrange et indescriptible qui sierait à merveille à Gally, la guerrière cyborg amnésique à la bouche de poulpe.

It Follows (2)

Georgeslechameau